mercredi 31 août 2016

De la présidence et des présidents.


La présidence, en France, est la responsabilité portée par celui (plus rarement celle...) élu(e) dans l'une de nos multiples institutions.

Le titre II de l'actuelle Constitution de 1958 (24 fois modifiée entre 1960 et 2008), ne compte pas moins de 15 articles concernant le seul Président de la République. Aucun des 16 autres titres ne compte autant d'articles. Par cette observation, on constate déjà que l'actuel régime politique français est principalement présidentiel et accessoirement parlementaire.

Ce caractère présidentiel de nos institutions se retrouve partout à commencer dans « les corps constitués », autrement dit les corps établis par la Constitution, au niveau national (Assemblée nationale, Sénat, Conseil d'État, Cour des Comptes, Conseil Constitutionnel, Conseil économique, social et environnemental, Banque centrale...) dont les Présidents ont un rôle majeur précisé parfois dans des lois organiques.

Il est bien d'autres présidences au niveau des collectivités territoriales : Conseils régionaux, Conseils départementaux, Conseils municipaux1, Conseils de Métropole ou d'agglomération, sans oublier les collectivités d'Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, Nouvelle Calédonie, Terres Australes et Antarctiques Françaises, Polynésie Française, Mayotte…).

La loi de 1901 concernant les associations (culturelles, sportives, familiales, de consommateurs, de protection de l'environnement, de locataires, de parents d'élèves, etc) prévoit que soient élus des exécutifs dotés d'un président.

Il en est de même pour les partis politiques, les syndicats, les dotations (universitaire, hospitalière, de coopération scientifique...) qui peuvent être également présidés.

Cette surabondance de présidents ou autres substituts (du type secrétaire général) présente des avantages et des inconvénients. Des avantages, grâce au maillage du pays administré de façon organisée et décentralisée. Des désavantages, à cause de la possibilité d'une centralisation des pouvoirs entre les mains d'hommes seuls, même s'ils sont entourés de collaborateurs compétents et dévoués mais trop rarement co-décideurs.

La présidentialisation politique de la France aura eu des effets sur les pratiques locales de moins en moins collaboratives et de plus en plus centralisatrices, voire autoritaires. L'esprit coopératif ou mutualiste n'y a rien gagné, tout au contraire.

Les questions posées par cette perversion de la vie associative sont les suivantes :
Ces mauvaises habitudes sont-elles réversibles et le partage réel des tâches et des décisions peut-il inciter des collaborateurs nouveaux, et d'une autre génération, à s'engager dans la vie associative ?
L'organisation des pouvoirs publics français, qui, jusqu'ici, a déteint sur toute la vie citoyenne, pourrait-elle, une fois modifiée par une révision constitutionnelle démocratique et radicale, être un facteur suffisant pour transformer de façon collaborative l'en-commun de nos vies locales ?
L'avenir politique ne pouvant continuer à être délégué à des représentants de plus en plus soumis à des intérêts particuliers, est-ce que la relance de l'initiative peut ou non s'effectuer dans un climat de déprésidentialistion qui n'est rien d'autre que la marche en avant vers une démocratie véritable ?

JPDacheux  -  31.08.16


1  Les maires sont les présidents de leur Conseil et plus encore : chacun d'eux est un exécutif à lui tout seul.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux