mardi 27 septembre 2016

Vers une croissance raisonnée et raisonnable


Notre lot commun c'est de partir tous les matins pour faire la guerre économique.
Dès la sortie de l’école, diplôme en poche, l'Homme est esclave, martyr du marché de l’emploi, à la recherche d’une entreprise pour mener la bataille des parts de marché et du profit pour autrui.
Pourquoi partons-nous si gaiement à la guerre capitaliste ?
Parce qu’elle est la norme et la culture commune. C'est une réalité qui est la promesse d'un avenir radieux, à la condition de se jeter corps et âme dans la bataille..
Promesse d’une belle maison, d’une belle voiture, qui bien souvent ne seront jamais à lui, mais à la banque. promesse d’avoir toujours à manger, promesse d’un avenir encore meilleur pour ses enfants.
Peu importe si la promesse est bidon, c'est une croyance quasi religieuse, un dogme.
Mais avant de s’en prendre à lui, le capitalisme s’en prend à la nature. Par sa collaboration à la guerre économique, il détruit la Terre en parlant d’écologie. Elle ne pourra supporter encore bien longtemps la guerre qu'il lui fait et, après des milliers d’années d’évolution, l’humanité s’apprête à quitter l’histoire en quelques décennies.
L'absurde existe, c’est le capitalisme technologique et ses représentants, cette oligarchie surpuissante et démesurément riche, symbole diabolique et hypertrophié du capitalisme.
Seule certitude, comble du ridicule de cette élite, elle est mortelle, respire la même eau, le même air et vit sur la même Terre qu’elle s’évertue à détruire pour augmenter son pouvoir, ses richesses et son contrôle sur le niveau d’aliénation collective.
Depuis toujours, des hommes rêvent de se faire Dieu en concentrant les pouvoirs, l’argent, la technologie et cette folie les conduit à l'abîme et l'humanité avec eux.
Nous devons réagir avant qu'il ne soit définitivement trop tard.
Il ne s'agit pas de revenir au moyen âge, de s'éclairer à la bougie, cela sont les allégations fallacieuses des tenants du capitalisme contemporain.
Utilisons notre droit au boycott, notre capacité de refus. Arrêtons de consommer à outrance et créons les moyens d'une vie simplifiée et sobre, d'une croissance raisonnée et raisonnable.

JCVitran - 27.09.16

samedi 17 septembre 2016

Nicolas Sarkozy est climatosceptique !


Nicolas Sarkozy ne croit pas que l’homme soit la cause unique du réchauffement climatique. Il vient de se déclarer climatosceptique.

Voici ses propos : « On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat  change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement. »

Stratégie minable pour refuser de s'attaquer à notre mal-développement, pourtant, elle ne peut pas nous étonner car reconnaître que l’humanité est pour quelque chose dans le réchauffement climatique reviendrait à remettre en cause le mode de production capitaliste et à rompre avec lui.

Il ne va tout de même pas se fâcher avec ses amis du MEDEF alors qu'Emmanuel MACRON flirte déjà avec eux. Il a tellement besoin de leur financement pour sa campagne que cela vaut bien un renoncement aux engagements écologiques qui gênent les industriels et leur soif de profits.

Et puis enfin, les intérêts des Français peuvent bien passer après ses intérêts personnels.

JCVitran  -  17.09.16

jeudi 8 septembre 2016

Le coup du père François !


Comme le François de Rome, le François de Paris est touché par la grâce.

C'est commun, cela lui arrive tous les 5 ans.

Son discours de ce matin est dans la veine de celui du Bourget du 22 janvier 2012.

Un beau discours - état de droit, laïcité, cumul des mandats, … - tout y est, de belles paroles bien ciselées que nous écouterions avec enthousiasme si elles ne sonnaient pas complètement creux tellement elles ruissellent de démagogie.

Comme son compère président avant lui, comment peuvent-ils encore croire qu'ils vont remporter la mise ?

Spécialistes de la manipulation, ils n'ont aucun amour propre, aucune dignité et manient le mensonge, le double langage avec une telle habileté qu'on se laisserait presque encore prendre.

Ils assurent – les yeux au fond des yeux - qu'ils aiment passionnément la France qui a beaucoup de chance tant les soupirants sont nombreux. Seulement, aussitôt en couple avec elle, il ne cherche qu'à la cocufier et les Français avec.

En ce qui nous concerne, cela ne marchera plus, cela fait plusieurs fois que l'on nous prend pour des crétins.

Pas cette fois-ci !

Par ailleurs, le chant de la sirène du Front National, championne es-démagogie, ne nous charmera pas plus. Les insuffisances et les petitesses des deux autres ne nous entraîneront pas dans son sillage.

En cas d'échec, le François de Paris pourra se présenter dans la grande distribution, elle recrute de bons camelots.

JCVitran et JPDacheux - 08.09.16

samedi 3 septembre 2016

Le langage est politique : il permet la lecture du monde et de ses conflits.


« Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde ».(Albert Camus)
« Les mots font mal les mots, font les malheurs les mots... ». (Guy Béart)
« Et par le pouvoir des mots, je recommence ma vie ! ». (Paul Éluard)
« Le monde est mon langage1 ». (Alain Mabanckou)
 
Le philosophe Brice Parain (1897-1971) écrivait, lui : « les mots sont des pistolets chargés »
Réfugiés, migrants, exilés : ces mots ne sont pas synonymes et ne sont point neutres.
Le réfugié fuit. Le migrant quitte son pays pour un temps ou pour toujours.
L'exilé est un proscrit, un banni, un relégué, un abandonné, un mis à part devenu apatride.

Le vocable migrant est fort ambigu. Il appartient à la vaste famille du verbe migrer.
Migrant, migration, immigration, immigré, émigré... Les confusions sont difficiles à éviter.
Cependant ces confusions sont trop lourdes de conséquences et il faut donc les dissiper.
Car les racistes poursuivent de leur haine et de leur mépris tous les cosmopolites, citoyens du monde.

Le réfugié migre mais il n'est pas un migrant. Il n'a pas voulu partir. Il y est contraint.
Il voudrait vivre en son pays mais ne le peut plus.
Seule l'oblige à fuir la menace de mort due à la guerre ou à la misère. Ce qui revient au même.
La distinction entre réfugiés politiques et réfugiés économiques est donc vaine.

Aujourd'hui, un habitant de la planète sur sept est un migrant climatique2.
Cela signifie que les migrations environnementales sont déjà les migrations les plus nombreuses.
L'Europe ne connaît pas encore ces arrivées de populations en exode, mais c'est inévitable.
Ne pas s'y préparer engendrerait des conflits nouveaux, non maîtrisables, et planétaires.

L'épouvantable guerre de Syrie est cause de l'une des migrations massives.
C'est un déplacement collectif non voulu mais irrépressible. Il y en a et il y en aura d'autres.
Les arrivants ne sont ni des migrants ni des immigrés, car ils n'ont pas choisi de changer de pays.
Entre une mort certaine et un mort possible leur choix a vite été fait ; il fallait tout tenter.

Le cimetière méditerranéen où s'abîment des familles entières révèle l'incurie des États d'Europe.
Hormis l'Allemagne qui tente l'accueil mais aussi la Grèce et l'Italie qui reçoivent, trop peu est fait.
Nous paierons, tôt ou tard, le prix de ce repli sur nos égoïsmes nationalistes.
La Terre est trop petite pour que puissions vivre dans des cadres autarciques..

Les réfugiés ou arrivants (ce mot neutre est plus juste) sont des exilés, des déportés, des sans asile.
Vivre loin des lieux où l'on a ses racines généalogiques et culturelles est une douleur ineffaçable.
Au XXIe siècle tout se sait et les foules qui s'enfuient de l'enfer sont victimes d'erreurs anciennes. 
L'histoire, depuis les accords secrets Sykes-Picot, signés en 1916, garde la trace de vrais crimes.

Le Moyen-Orient est plongé dans des contradictions, des intérêts, générant la violence en continu.
La complexité de la situation, l'orgueil des États, les logiques guerrières interdisent la paix !
Il n'est plus temps de s'interroger sur « les bons et les mauvais réfugiés ». Prime le droit à vivre.
Les politiques migratoires sont à reconsidérer en fonction d'un monde devenu cosmopolite.

Les réfugiés paient cher cette possibilité de nous ouvrir les yeux sur l'évolution du monde !
Nos actes nous suivent et longtemps : notre passé colonial nous a blessés autant que nos victimes.
Multiplier les exils, le nombre des « Sans-terre », rend vaines nos prétentions civilisatrices.
Mais « par le pouvoir des mots », bien plus puissants que les canons, nous voici en capacité d'agir.


JPDacheux  -  03.09.16

1  - Alain Mabanckou, Le monde est mon langage, Grasset, 2016
2 - François Gemenne, Dina Ionesco et Daria Mokhnacheva, Atlas des migrations environnementalesaux Presses de SciencePo, mars 2016, 151 pages, 24 €.

jeudi 1 septembre 2016

Emmanuel Macron ne sait où aller, mais il y va.



Emmanuel Macron n'est pas Brutus, ni François Hollande, César.
On peut, en politique, tuer son père sans l'assassiner.
Le « crime » de Macron aura été de vouloir tuer, à la fois, et le président et le candidat Hollande.
Son retrait signifie : le quinquennat est fini ; sans moi, Hollande n'est rien. Je veux la place.
Est-il équipé pour entrer dans un tel conflit politique ?
L'animal à sang froid qui veut mordre un éléphant à la jambe risque de se faire écraser la tête.

Il est dommage d'avoir à reconnaître que Robert Ménard voyait juste en osant énoncer :
« Emmanuel Macron quitte le Titanic alors que l'iceberg est en vue » !
Incisive formule : le Titanic, c'est le gouvernement qui prend l'eau, l'iceberg l'életion de 2017.
Tant pis s'il faut citer aussi Florian Philippot, leader du FN, mais c'est également instructif :
« Quand Macron aura démissionné, se présentera-t-il à la primaire de gauche ou à la primaire de droite ? »
Car la question est bien là : que veut dire ce « ni droite ni gauche » selon Macron ?

On ne met pas deux caïmans mâles, deux Manuel, dans le même marigot. L'un mangera l'autre.
Emmanuel Macron , « non socialiste », incarnait la drauche (la droite de gauche).
Manuel Vals, socialiste encarté, incarne la guoite (la gauche de droite).
Ni gauche ni droite a plusieurs sens : ou c'est la droite libérale économiquement et libérale dans les mœurs.
Ou c'est la droite sociale-libérale de type centriste (d'où les appels de l'UDI à Macron).
Ou c'est la fin de la politique des partis (mais, De Gaulle qui le voulait, a fait le contraire avec le RPF).

Macron a trompé et trompe tout le monde : lui aussi cherche à fonder un parti, (En marche), mais vers où ?
Cet intellectuel, philosophe, banquier, musicien, n'a émis, jusqu'ici, que des généralités.
Il sait qu'on est entré dans une fin de règne, peut-être une fin de régime. Il cherche, à tâtons, la bonne place.
Cet aventurier peut nous entrainer là où il ne sait pas lui-même aller, mais ce sera à droite sans aucun doute.
S'écarter de ce trublion ne suffit pas. Il faut sortir de la Ve République d'urgence mais sans lui.
Demain peut-être, il ne sera plus rien ou davantage, mais il représente un danger à ne pas sous estimer.

JPDacheux  -  01.09.16

mercredi 31 août 2016

De la présidence et des présidents.


La présidence, en France, est la responsabilité portée par celui (plus rarement celle...) élu(e) dans l'une de nos multiples institutions.

Le titre II de l'actuelle Constitution de 1958 (24 fois modifiée entre 1960 et 2008), ne compte pas moins de 15 articles concernant le seul Président de la République. Aucun des 16 autres titres ne compte autant d'articles. Par cette observation, on constate déjà que l'actuel régime politique français est principalement présidentiel et accessoirement parlementaire.

Ce caractère présidentiel de nos institutions se retrouve partout à commencer dans « les corps constitués », autrement dit les corps établis par la Constitution, au niveau national (Assemblée nationale, Sénat, Conseil d'État, Cour des Comptes, Conseil Constitutionnel, Conseil économique, social et environnemental, Banque centrale...) dont les Présidents ont un rôle majeur précisé parfois dans des lois organiques.

Il est bien d'autres présidences au niveau des collectivités territoriales : Conseils régionaux, Conseils départementaux, Conseils municipaux1, Conseils de Métropole ou d'agglomération, sans oublier les collectivités d'Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, Nouvelle Calédonie, Terres Australes et Antarctiques Françaises, Polynésie Française, Mayotte…).

La loi de 1901 concernant les associations (culturelles, sportives, familiales, de consommateurs, de protection de l'environnement, de locataires, de parents d'élèves, etc) prévoit que soient élus des exécutifs dotés d'un président.

Il en est de même pour les partis politiques, les syndicats, les dotations (universitaire, hospitalière, de coopération scientifique...) qui peuvent être également présidés.

Cette surabondance de présidents ou autres substituts (du type secrétaire général) présente des avantages et des inconvénients. Des avantages, grâce au maillage du pays administré de façon organisée et décentralisée. Des désavantages, à cause de la possibilité d'une centralisation des pouvoirs entre les mains d'hommes seuls, même s'ils sont entourés de collaborateurs compétents et dévoués mais trop rarement co-décideurs.

La présidentialisation politique de la France aura eu des effets sur les pratiques locales de moins en moins collaboratives et de plus en plus centralisatrices, voire autoritaires. L'esprit coopératif ou mutualiste n'y a rien gagné, tout au contraire.

Les questions posées par cette perversion de la vie associative sont les suivantes :
Ces mauvaises habitudes sont-elles réversibles et le partage réel des tâches et des décisions peut-il inciter des collaborateurs nouveaux, et d'une autre génération, à s'engager dans la vie associative ?
L'organisation des pouvoirs publics français, qui, jusqu'ici, a déteint sur toute la vie citoyenne, pourrait-elle, une fois modifiée par une révision constitutionnelle démocratique et radicale, être un facteur suffisant pour transformer de façon collaborative l'en-commun de nos vies locales ?
L'avenir politique ne pouvant continuer à être délégué à des représentants de plus en plus soumis à des intérêts particuliers, est-ce que la relance de l'initiative peut ou non s'effectuer dans un climat de déprésidentialistion qui n'est rien d'autre que la marche en avant vers une démocratie véritable ?

JPDacheux  -  31.08.16


1  Les maires sont les présidents de leur Conseil et plus encore : chacun d'eux est un exécutif à lui tout seul.

mardi 30 août 2016

« On a la classe politique que l'on mérite ! »



Souvent, nous entendons dire que l'on a les hommes politiques que l'on mérite !
On pourrait aussi ajouter à cette affirmation qu'on a aussi les médias que l'on mérite, tant la proximité, la connivence, est importante entre la classe politique et les journalistes.

Enfin ne tombons pas dans l'idiote sentence "tous pourris", car même si le genre "intègre" diminue dangereusement, il se trouve encore des femmes et des hommes politiques de valeur et aussi quelques journalistes d’investigation qui font un bon travail.

Néanmoins, cette République nous gratifie d'une belle brochette de politicards, dont les préoccupations principales sont de cacher la réalité de leurs personnalités, de surfer sur le mensonge, et de penser, avant tout, à leurs intérêts personnels.

Notre société est celle du paraître plutôt que de l'être, et la forme prend le dessus sur le fond.

Serge Gainsbourg avait l'habitude de dire que " Les salauds vivent du travail, de la maladie et de la misère des imbéciles et se servent d’eux pour neutraliser ceux qui s’en rendent compte ".

Il avait parfaitement raison, et ces travers ne font que croître depuis sa disparition, mais, même si la manipulation atteint des sommets, il semble, pourtant, qu'une fraction de plus en plus importante des citoyens prend conscience du fait que la classe politique ne tient pas compte de ses opinions, pire qu'elle s'en moque et les considère comme des incultes.

Il reste un point, celui de prendre pour évident que l'ensemble de la population partage les valeurs démocratiques. C'est loin d'être sûr et dire que la majorité du peuple veut de la démocratie ne va pas de soi. Cela reste un combat de tous les jours à mener !

C'est vrai que la servitude, qu'Etienne de La Boétie a défini comme volontaire il y a près de 500 ans, est dans l'esprit humain ; une importante partie de la population se met au service des puissants par cupidité et désir d'honneurs mais aussi par goût de la soumission, de l’idéologie ou des superstitions ...

Pourtant, avant l'élection présidentielle de 2017, la période que traverse notre pays est périlleuse, c'est celle de l’instrumentalisation pour cacher les bilans calamiteux, pour ne pas traiter du vrai problème de la "question sociale".

Pour satisfaire leur ambition personnelle démesurée, pour servir le capitalisme et mener à bien leurs projets de braquage financier et idéologique sur notre pays, ces hommes, toutes couleurs politiques confondues, sont prêts à tout promettre, même à mettre le pays à feu et à sang en risquant la mort de la République.

Parce que leur seul idéal est leur intérêt personnel, pas celui de la France et des Français.

Tout est possible quand, dans la lamentable gestion de l'" affaire du burkini" le premier ministre en vient à ne pas tenir compte de la décision du Conseil d’État, se mettant en quelque sorte hors la loi de la République.

Le véritable trouble à l'ordre public, ce sont eux … les gouvernants actuels !

JCVitran - 30.08.16