jeudi 25 août 2016

Loi sur le boycott.


Dans notre pays, du 14 juin 1791 au 25 mai 1864, une Loi dite « Loi Chapelier » instaure la liberté d'entreprendre mais interdit les coalitions notamment ouvrières et le droit de faire grève. Ces interdictions sont confirmées par la Loi du 27 novembre 1849 bafouant le concept de démocratie puisqu'une partie majoritaire du peuple n'avait pas droit de se faire entendre.

Il est à noter d'ailleurs que cette Loi qui enlevait tout droit aux ouvriers de défendre leurs intérêts et les livrait à l'exploitation des entrepreneurs avait été votée par la constituante issue de la Révolution de 1789. La question ne se pose donc plus de savoir si les mouvements révolutionnaires français sont d'origine bourgeoise ou populaire.

Dans la France contemporaine, par ses interdictions une Loi, entre autres Lois, enlève « au peuple » le droit à se défendre, il s'agit de la Loi sur le Boycott.

En effet, La légalité du boycott est particulièrement ambiguë.

Ainsi, si on peut inciter au boycott, cela ne doit pas constituer une discrimination prévue aux articles 225-1 et 225-2 du code pénal (voir ci-dessous). Le boycott paraît licite tant qu'il s'agit, individuellement ou sous l'appel d'une organisation légalement constituée, de ne pas consommer les produits provenant d'une certaine marque affiliée à un groupe industriel, si n'est pas en cause une des discriminations visées par le code pénal.
Pourtant, l’appel au boycott est passible de poursuites mais par contre personne ne peut interdire à un citoyen de dénoncer un scandale et d’en tirer toutes les conséquences.

Lorsque cela l'arrange, avec la complicité des gouvernants, toutes couleurs politiques confondues, le système économique confisque une partie des droits à la population.

La démocratie a encore beaucoup de chemin à parcourir pour être réellement établie.

JCVitran - 25.08.16


Article 225-1 du Code pénal :
« Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.
Constitue également une discrimination toute distinction opérée entre les personnes morales à raison de l'origine, du sexe, de la situation de famille, de l'apparence physique, du patronyme, de l'état de santé, du handicap, des caractéristiques génétiques, des mœurs, de l'orientation sexuelle, de l'âge, des opinions politiques, des activités syndicales, de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée des membres ou de certains membres de ces personnes morales ».

Article 225-2 du Code pénal :
« La discrimination définie à l'article 225-1, commise à l'égard d'une personne physique ou morale, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 Euros d'amende lorsqu'elle consiste :
1° A refuser la fourniture d'un bien ou d'un service ;
A entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque ;
3° A refuser d'embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne ;
4° A subordonner la fourniture d'un bien ou d'un service à une condition fondée sur l'un des éléments visés à l'article 225-1 ;
5° A subordonner une offre d'emploi, une demande de stage ou une période de formation en entreprise à une condition fondée sur l'un des éléments visés à l'article 225-1 ;
6° A refuser d'accepter une personne à l'un des stages visés par le 2° de l'article L. 412-8 du Code de la sécurité sociale.

Lorsque le refus discriminatoire prévu au 1° est commis dans un lieu accueillant du public ou aux fins d'en interdire l'accès, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 Euros d'amende. » 

mercredi 24 août 2016

L'écologie englobe, désormais, toute politique.

Avec l'écologie écosophique, changer totalement de regard sur la politique.
En finir avec les partis qui font obstacle à la prise de conscience politique.
S'écarter des élections tant qu'elles ne sont qu'un choix entre des élites préfabriquées.

L'écologie est une science, une science humaine autant qu'une science de la nature.
Elle concerne la totalité des relations de l'espèce humaine avec l'ensemble de son environnement.
L'homme s'y inscrit dans le règne global et total de l'animal, du végétal, et du minéral.

L'écologie ne saurait être partielle ou partiale et, de ce fait, ne peut faire... « partie d'un parti ».
Depuis Simone Weil, nous savions qu'au sein d'un parti on perd le pouvoir de penser1.
Avec Félix Guattari, évoquant « les trois registres de l'écologie », nous abordons l'écosophie2

Eco, pour le philosophe, « doit être entendu dans son acception grecque originaire : oïkos. »3
C'est-à-dire maison, bien domestique, habitat, milieu naturel, bref le tout de ce qui nous entoure.
On ne saurait manquer de faire le rapprochement avec « la maison commune4 » du pape François !

Nous vivons, écrit Edgar Morin5, dans une époque de désert de la pensée, où les partis n’ont aucune vraie vision de l’ampleur et de la complexité du problème, où ils perdent de vue l’intérêt de ce que le pape François, dans une formule reprise de Mikhaïl Gorbatchev, appelle « la maison commune »6.

La « Maison commune européenne » de Mikhaïl Gorbatchev était trop petite.
La maison commune ne peut qu'être planétaire ; c'est la maison de tous les humains.
Penser politique va au-delà des préoccupations partidaires et même nationales.
La Terre Mère, Gaïa, qui souffre se vengera-t-elle de notre développement dévastateur ?
Jean Malaurie le craint mais ne le croit pas, puisqu'il en appelle à notre conscience écologique7.
La conversion (« le retour au plus profond de son être ») conduit, dit-il, à vivre une révolution.

Écologie et politique, sous cet éclairage, ne sont plus que l'envers et l'endroit d'une même médaille.
Ecologie et économie sont aussi les deux faces d’un même objet politique.
Notre en-commun social, l’économie, n’a point d’existence apolitique. L’écologie non plus.

Attention cependant, l’écologie, même sans parti, n’appartient pas aux seuls écologistes.
Elle déborde les appartenances, mais il est faux de dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche.
C’est un paradigme, un repère essentiel à partir duquel toute politique désormais se pause.

L’écologie n’est plus une dimension de la politique ; c’est la politique elle-même.
La gestion de la maison commune est incompatible avec le capitalisme. Et ne peut être à droite.
Alors, est-elle à gauche, pour peu que la gauche soit anticapitaliste ? Et bien non !

Cela n’a plus grand-chose à voir avec les Verts ou les Rouges. Qu'ils s’en saisissent, tant mieux. Qu’ils puissent l’accaparer, sûrement pas. L’économie démocratique, c'est-à-dire l’activité productive qui échappe aux oligarchies fait partie de cette écosophie qui naît et va s'offrir à tous.

Le rejet du productivisme, l’acceptation d’une décroissance sélective sont devenues indispensables. Et, comme le démontrait André Gorz, l’économie écologique est coopérative autant que distributive.

Mais on en est loin encore !

Une rupture politique accompagne l’engagement écologique : elle est plus qu’un choix d’idées. C'est un choix de vie où tout passe (consommation, communication, habitat, énergies, transports,...) C'est cette révolution comportementale, autant que philosophique, que Félix Guattari appelait l'écosophie.

René Dumont8 donnait à choisir entre l’utopie (l'écologie) ou la mort (la fin de l'espèce humaine)9.
Ce n'est plus l'Afrique noire qui est mal partie, c'est la planète tout entière...
L’utopie n'est pas une alternative ; elle devient vitale ; elle a donc cessé d’être utopique.

JPDacheux - 24.08.16


1 Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, Berg international, janvier 2013, 45 p., 6 €.
2 Félix Guattari, Les trois écologies, édition Galilée, 1989, 73 pages.
3 Félix Guattari, op. cit., p.49 (note de bas de page).
4 Pape François, Lettre encyclique Laudato Si’, sur la sauvegarde de la Maison commune, 24 mai 2015
7 Jean Malaurie, Terre Mère, CNRS éditions, 2008, 62 p., 4€.
9 René Dumont, L'utopie ou la mort, éditions du Seuil, 1974.

dimanche 21 août 2016

Histoire de nénuphar ... histoire du monde.


Vous creusez un étang.
Vous y plantez un nénuphar qui possède 1 feuille.
Chaque jour le nombre de feuilles doublent.
Si vous savez que l'étang sera complètement recouvert en trente jours, quand sera-t-il recouvert seulement à moitié1 ?

Ce petit problème résume l'histoire de notre monde.

Les scientifiques appellent « point de bascule2 » le jour où l'étang ne sera recouvert qu'à moitié.

Aujourd'hui, malgré toutes les promesses le système économique mondialisé ne prend pas en compte ces bouleversements alors que les mutations s'accélèrent : changement climatique, évolution de la population, perte et transformation des écosystèmes, extinctions des espèces, pollution, épuisement des énergies fossiles … et que le point de bascule est peut-être pour demain.

Nous devrions être tous effrayés par cette pensée.


JCVitran - 21.08.16
1Le 29ème jour.
2Voir le film "Demain" et le livre tiré du film  "Demain, un monde nouveau en marche" de Cyril Dion – Editions Actes Sud

vendredi 19 août 2016

La France privée de démocratie


La France, aujourd'hui possède le système politique le plus sclérosé de toute l'Europe occidentale.
Le conditionnement des électeurs y est aussi efficace que dans les Républiques bananières.
L'élection du Président de la République au suffrage universel a permis la ruine de la démocratie.
Ce qui risque d'arriver aux Français, en 2017, en fournit la démonstration.
Nous voici figés dans un impossible choix, celui qu'impose déjà le second tour de l'élection à venir.
Il est trop tard pour modifier les modalités du vote dont la pire est l'élimination des candidats sauf 2.
Qui peut dire qu'en 2002 Lionel Jospin, arrivé, de peu, en troisième position, n'aurait pas été élu ?
Pourquoi faut-il que le monarque soit absolu, c'est-à-dire élu avec une majorité elle-même absolue ?
Pourquoi élire nos députés après qu'ait été élu le Président lequel tient alors en main le Parlement ?
Pourquoi le non-vote politique, l'abstention volontaire n'est-elle pas prise en compte ?
Pourquoi deux Chambres parlementaires, en 2016, ce que la plupart des démocraties évitent ?
Pourquoi aucune proportionnalité, au XXI
e siècle, dans le choix de nos représentants nationaux ?
Pourquoi cette bipolarité qui ne peut refléter les nuances de la pensée de nos concitoyens ?
Pourquoi aucune étude n'est-elle faite pour appliquer la démocratie définie par notre Constitution ?
On n'en finirait pas de dresser la liste des contradictions politiques de la France avec elle-même !
L'insécurité majeure est au cœur d'une démocratie partielle dont les citoyens ne sont pas les acteurs.


JPDacheux - 19.08.16

mercredi 17 août 2016

Sur le découplage entre élections et démocratie.

Il fut un temps où les élections libres constituaient la trace et la preuve de la présence démocratique.
Des hommes et des femmes sont morts pour que ce droit à l'expression démocratique soit respecté.
Le spectacle du monde nous apprend, aujourd'hui, que le vote ne garantit plus du tout la démocratie.
Qu'on vote sous la contrainte ou par l'effet du conditionnement de l'opinion, le résultat est le même.
Les élus peuvent être des tyrans, des dictateurs ou des menteurs sans que cela trouble les opinions.
En Turquie, Erdogan, qui fut réélu en novembre 2015, après le putsch manqué, installe sa dictature.
En Égypte, le parlement, élu fin 2015, est tout acquis au président brutal Abdel Fattah al-Sissi.  
Aux Philippines, Rodrigo Duterte, élu le 7 mai 2016, est un président-dictateur ultra-violent.
En Thaïlande, la junte militaire a obtenu, le 7 août 2016, par referendum, sa mainmise sur le Sénat.
Hier, le communiste Staline, le nazi Hitler, le fasciste Mussolini n'ont pas supprimé les élections.
Pouvoir voter, même librement, ne suffit pas à juger du caractère démocratique d'une élection.
JP Dacheux - 17.08.16

lundi 15 août 2016

Magnificat : les paroles oubliées ou l'annonce jamais citée.

Le Magnificat serait le cantique chanté par Marie, après l'Annonciation (l'annonce qui lui est faite de sa maternité) lors de la visite qu'elle rend à sa cousine Élisabeth, âgée, et elle-même enceinte, (épisode appelé aussi la Visitation).

Il s'agit de la rencontre de deux femmes d'Israël, qui portent chacune un enfant et qui espèrent, pour eux, non point la richesse et la puissance, mais un monde où régneraient les humbles et les pauvres.

Marie n'appartient pas aux seuls chrétiens quand, rapporte l'Évangile de Luc (1,46-56), elle s'écrie :

  • Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.
    Son nom est saint,
  • et sa miséricorde s’étend d’âge en âge
    sur ceux qui le craignent.
  • Il a déployé la force de son bras ;il a dispersé les superbes.
  • Il a renversé les puissants de leurs trônes,
    et il a élevé les humbles.
  • Il a rassasié de biens les affamés,
    et il a renvoyé les riches les mains vides.
  • Il a secouru Israël, son serviteur,
    et il s’est souvenu de sa miséricorde,

Les deux femmes, l'une très jeune, l'autre âgée, ne s'en remettent pas seulement, pour cela, selon leur culture et leur foi, au seul Tout-Puissant. On peut lire, en cet appel à la justice et à la miséricorde, une invitation à agir pour que cesse la domination de ceux, les « superbes », qui s'arrogent le pouvoir même de Dieu, avec un orgueil insupportable et qui sera, nécessairement, tôt ou tard, « dispersé ».
Alors que les foules catholiques, à Lourdes et ailleurs, se rassemblent, ce 15 août, pour honorer Marie, la mère de Jésus, pourquoi, au cours de ces pèlerinages, ne médite-t-on pas cette parole, ce poème religieux, que croyants et incroyants pourraient, ensemble, prendre en charge, afin d'œuvrer à la venue d'un monde de fraternité ?

JPDacheux - 15.08.16

samedi 13 août 2016

Plus vite, plus haut, plus fort, plus dopés et dupés.


L'hypocrisie règne sur les J.O dominés particulièrement par le culte du plus.
Les athlètes sont grands ou sveltes, mais toujours bien « modelés » pour leur discipline sportive.
Leur corps a été façonné pour le triomphe dans un sport donné, seulement le triomphe.
C'est à peine si l'on entend parler de celui qui n'a pas gagné une médaille d'or.
Qui n'obtient qu'une médaille d'argent ou de bronze sera donc déçu, à peine cité.
Le quatrième sera totalement oublié : il n'est qu'« au pied du podium» et c'est « la pire des places ».
Les médias en rajoutent, (ou en retirent) selon cette seule logique : celle de l'exploit ou du record.
Teddy Riner est le modèle parfait : mais, après toutes ses victoires, il lui faudrait... ne plus vieillir.
Pauvre Laurent Manaudou, l'autre géant français, qui n'est que second sur 50 mètres nage libre !
Des milliards de téléspectateurs admirent et s'enflamment, en sachant pourtant bien qu'ils sont trompés.
Le spectacle commande et fait tout accepter.
Car, le plus souvent, ils sont dupés ces téléspectateurs comme sont dopés les athlètes.
« Du pain et des Jeux » ? Ce n'est même plus si sûr ! À Rio, il y a aussi les Jeux sans le pain.
Le profit s'accumule, mais les Brésiliens des favelas n'en retireront pas grand chose.
La mondialisation et la médiatisation du sport l'ont transformé en une industrie gigantesque.
Nous ne résistons pas à cette entreprise d'exacerbation des nationalismes dont nous gobons les publicités !
Les Jeux 2016 auront bien été le reflet immense du système économique auquel nous nous soumettons.

JPDacheux - 14.08.16