mercredi 24 août 2016

L'écologie englobe, désormais, toute politique.

• Avec l'écologie écosophique, changer totalement de regard sur la politique.
• En finir avec les partis qui font obstacle à la prise de conscience politique.
• S'écarter des élections tant qu'elles ne sont qu'un choix entre des élites préfabriquées.

L'écologie est une science, une science humaine autant qu'une science de la nature.
Elle concerne la totalité des relations de l'espèce humaine avec l'ensemble de son environnement.
L'homme s'y inscrit dans le règne global et total de l'animal, du végétal, et du minéral.

L'écologie ne saurait être partielle ou partiale et, de ce fait, ne peut faire... « partie d'un parti ».
Depuis Simone Weil, nous savions qu'au sein d'un parti on perd le pouvoir de penser1.
Avec Félix Guattari, évoquant « les trois registres de l'écologie », nous abordons l'écosophie2

Eco, pour le philosophe, « doit être entendu dans son acception grecque originaire : oïkos. »3
C'est-à-dire maison, bien domestique, habitat, milieu naturel, bref le tout de ce qui nous entoure.
On ne saurait manquer de faire le rapprochement avec « la maison commune4 » du pape François !

Nous vivons, écrit Edgar Morin5, dans une époque de désert de la pensée, où les partis n’ont aucune vraie vision de l’ampleur et de la complexité du problème de ce temps, où ils perdent de vue l’intérêt de ce que le pape François, dans une formule reprise de Mikhaïl Gorbatchev, appelle « la maison commune »6.

La « Maison commune européenne » de Mikhaïl Gorbatchev était trop petite.
La maison commune ne peut qu'être planétaire ; c'est la maison de tous les humains.
Penser politique va au-delà des préoccupations partidaires et même nationales.

La Terre Mère, Gaïa, qui souffre, se vengera-t-elle de notre développement dévastateur ?
Jean Malaurie le craint mais ne le croit pas, puisqu'il en appelle à notre conscience écologique7.
La conversion (« le retour au plus profond de son être ») conduit, dit-il, à vivre une révolution.

Écologie et politique, sous cet éclairage, ne sont plus que l'envers et l'endroit d'une même médaille.
Écologie et économie sont aussi les deux faces d’un même objet politique.
Notre en-commun social, l’économie, n’a point d’existence apolitique. L’écologie non plus.

Attention cependant, l’écologie, même sans parti, n’appartient pas aux seuls écologistes.
Elle déborde les appartenances, mais il est faux de dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche.
C’est un paradigme, un repère essentiel à partir duquel toute politique désormais se pause.

L’écologie n’est plus une dimension de la politique ; c’est la politique elle-même.
La gestion de la maison commune est incompatible avec le capitalisme. Et ne peut être à droite.
Alors, est-elle à gauche, pour peu que la gauche soit anticapitaliste ? Et bien non !

Cela n’a plus grand-chose à voir avec les Verts ou les Rouges. Qu'ils s’en saisissent, tant mieux. Qu’ils puissent l’accaparer, sûrement pas. L’économie démocratique, c'est-à-dire l’activité productive qui échappe aux oligarchies fait partie de cette écosophie qui naît et va s'offrir à tous.

Le rejet du productivisme, l’acceptation d’une décroissance sélective sont devenues indispensables. Et, comme le démontrait André Gorz, l’économie écologique est coopérative autant que distributive. 
Mais on en est loin encore !

Une rupture politique accompagne l’engagement écologique : elle est plus qu’un choix d’idées. C'est un choix de vie où tout passe (consommation, communication, habitat, énergies, transports,...) C'est cette révolution comportementale, autant que philosophique, que Félix Guattari appelait l'écosophie.

René Dumont8 donnait à choisir entre l’utopie (l'écologie) ou la mort (la fin de l'espèce humaine)9.
Ce n'est plus l'Afrique noire qui est mal partie, c'est la planète tout entière...
L’utopie n'est pas une alternative ; elle devient vitale ; elle a donc cessé d’être utopique.

JPDacheux - 24.08.16


1 Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, Berg international, 2013, 45 p., 6 €.
2 Félix Guattari, Les trois écologies, édition Galilée, 1989, 73 pages.
3 Félix Guattari, op. cit., p.49 (note de bas de page).
4 Pape François, Lettre encyclique Laudato Si’, sur la sauvegarde de la Maison commune, 24 mai 2015.
7 Jean Malaurie, Terre Mère, CNRS éditions, 2008, 62 p., 4€.
9 René Dumont, L'utopie ou la mort, éditions du Seuil, 1974.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux