jeudi 1 septembre 2016

Emmanuel Macron ne sait où aller, mais il y va.



Emmanuel Macron n'est pas Brutus, ni François Hollande, César.
On peut, en politique, tuer son père sans l'assassiner.
Le « crime » de Macron aura été de vouloir tuer, à la fois, et le président et le candidat Hollande.
Son retrait signifie : le quinquennat est fini ; sans moi, Hollande n'est rien. Je veux la place.
Est-il équipé pour entrer dans un tel conflit politique ?
L'animal à sang froid qui veut mordre un éléphant à la jambe risque de se faire écraser la tête.

Il est dommage d'avoir à reconnaître que Robert Ménard voyait juste en osant énoncer :
« Emmanuel Macron quitte le Titanic alors que l'iceberg est en vue » !
Incisive formule : le Titanic, c'est le gouvernement qui prend l'eau, l'iceberg l'életion de 2017.
Tant pis s'il faut citer aussi Florian Philippot, leader du FN, mais c'est également instructif :
« Quand Macron aura démissionné, se présentera-t-il à la primaire de gauche ou à la primaire de droite ? »
Car la question est bien là : que veut dire ce « ni droite ni gauche » selon Macron ?

On ne met pas deux caïmans mâles, deux Manuel, dans le même marigot. L'un mangera l'autre.
Emmanuel Macron , « non socialiste », incarnait la drauche (la droite de gauche).
Manuel Vals, socialiste encarté, incarne la guoite (la gauche de droite).
Ni gauche ni droite a plusieurs sens : ou c'est la droite libérale économiquement et libérale dans les mœurs.
Ou c'est la droite sociale-libérale de type centriste (d'où les appels de l'UDI à Macron).
Ou c'est la fin de la politique des partis (mais, De Gaulle qui le voulait, a fait le contraire avec le RPF).

Macron a trompé et trompe tout le monde : lui aussi cherche à fonder un parti, (En marche), mais vers où ?
Cet intellectuel, philosophe, banquier, musicien, n'a émis, jusqu'ici, que des généralités.
Il sait qu'on est entré dans une fin de règne, peut-être une fin de régime. Il cherche, à tâtons, la bonne place.
Cet aventurier peut nous entrainer là où il ne sait pas lui-même aller, mais ce sera à droite sans aucun doute.
S'écarter de ce trublion ne suffit pas. Il faut sortir de la Ve République d'urgence mais sans lui.
Demain peut-être, il ne sera plus rien ou davantage, mais il représente un danger à ne pas sous estimer.

JPDacheux  -  01.09.16

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux