samedi 27 mai 2017

N'oublions pas le « nerf de la guerre » électorale !


Les législatives, inséparables des présidentielles

Le point au 26 mai 2017. Note 71 à J-15 et J-22.
par Jean-Pierre Dacheux

Nous continuons d'analyser l'évolution de la situation politique. Aux notes antérieures, datées, numérotées et modifiables, s'ajouteront les suivantes jusqu'au 18 juin. La lecture complète du résultat des présidentielles ne s'effectuera qu'après les législatives. Fin juin 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.


Elle est bien discrète cette campagne des législatives, en tout cas sur les grands médias pour qui « la messe est dite »... Et si nous allions fouiller dans les troncs de l'édifice électoral pour voir ce qui s'y trouve ?


1 – Perdre les élections, pour les grands partis traditionnels qui « tenaient » ou « détenaient » le pouvoir (et les sous... !), c'est courir à la ruine.
Au-delà du recul des idées dont ils s'étaient fait, hier, les défenseurs, et dont ils ne se pré-occupent plus, le PS et les « Républicains » se débattent dans une contradiction : comment régresser, puisque c'est inévitable, sans trop y perdre ? Y perdre quoi ? Des ressources d'abord. Dans l'écurie politique « macronienne », il n'y a pas d'avoine pour tous les chevaux (jeunes étalons et chevaux de retour). Cela s'est passé en quelques semaines, en ce début 2017 mais avait été préparé depuis longtemps, depuis des mois et de mois : il n'y a pas de place pour tous les caïmans mâles dans le même marigot. Les libéraux de toutes obédiences devront s'entendre sur les clefs de financement : beaucoup pour les vainqueurs, un peu pour les vaincus, fusent-ils des ralliés d'aujourd'hui ou de demain.

2 - Depuis 1988, un financement public des partis et groupements politiques est prévu, en fonction des résultats aux élections législatives et du nombre de parlementaires. C'est dire l'importance pratique de la prochaine élection des 11 et 18 juin.
Une information détaillée, avec un tableau comparatif très révélateur, est fournie par Wikipedia.  :
Les citoyens ne connaissent pas, le plus souvent, les règles du financement public des partis et groupements politiques ainsi que leurs effets sur la vie politique et donc sur la campagne électorale. Nous croyons devoir en rappeler l'essentiel :
Le montant des crédits inscrits dans le projet de loi de finances de l’année pour être affecté au financement des partis et groupements politiques est divisé en deux fractions égales.
  • une première fraction est destinée au financement des partis et groupements en fonction de leurs résultats aux seules élections législatives (pour les candidats ayant obtenu chacun au moins 1 % des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions).
  • une seconde fraction est spécifiquement destinée au financement des partis et groupements représentés au Parlement, ( proportionnellement au nombre de membres du Parlement qui ont déclaré au bureau de leur assemblée, auquel ils sont inscrits ou rattachés.
Principaux partis au Parlement, entre 2012 et 2017, le Parti socialiste et « Les Républicains » (LR) étaient les destinataires les plus importants des aides d’Etat. « Ainsi, en 2013, le montant global versé aux partis et formations politiques de métropole et d’outre-mer s’est élevé à 70 083 332,15 € dont notamment : 28 480 742,50 € pour le PS ; 19 870 309,79 € pour l’UMP devenue « Les républicains » ; 5 543 646,41 € pour le FN ; 3 521 792,11 € pour Europe Écologie-Les Verts ; 3 222 320,99 € pour le PCF (décret n°2013-430 du 27 mai 2013).
Voir l' utile complément d'informations, actualisées, consultable sur le site du quotidien Le Monde :

3 - Les législatives servent-elles de pompe à finances !
Une voix aux élections législatives peut entraîner un financement pendant cinq ans d'à peu près 1,40 euro par an. On a compté, selon la Commission nationale des Comptes de campagne, jusqu'à 451 partis politiques, ramenés à 338 depuis 2015. La plupart ne servent, s'ils remplissent les conditions, qu'à récupérer un financement public au prorata du nombre de suffrages obtenus ! Ainsi un « Parti de défense de la culture du poireau », par exemple, s'il est dûment déclaré, s'est doté d'un mandataire financier et tient à jour ses comptes, s'il obtient ne fut-ce que 1000 voix, pourrait toucher, théoriquement, au terme de la législature :1,40€ X 1000 X5 = 7000€ ! En 2012, 53 partis avaient ainsi réussi à décrocher le jackpot.

Le député René Dosière, qui suit ce dossier depuis des années, propose, pour obtenir le statut de parti politique, de relever la barre à 100 candidats et 2,5% des voix politique. Dans le projet du gouvernement préparé par François Bayrou, et relatif à la moralisation de le vie publique, il n’en est, pour l’instant, pas question.

4 – Il y a pire que les « magouilles » des micro-partis trop facilement désignés comme partis : les « grands partis », jusqu'ici riches, maîtrisaient tous les processus électifs par leur seule domination financière. Qu'est-ce qui va changer ?
Voici encore une manipulation de l'opinion à laquelle les médias apportent leur concours ! Il ne suffit pas de changer de dominants pour changer de domination ! L'effondrement (probable) du PS et le recul (sensible) des Républicains, changera la forme du pouvoir libéral mais pas son fond. Dépossédés mais impuissants, les partis traditionnels constatent qu'est sorti, de l'œuf de coucou qu'ils ont couvé, un « drôle d'oiseau, plus gros qu'eux qui a entrepris de les jeter hors du nid. Il n'auront plus qu'à implorer la clémence du Jupiter préidentiel et devront même boire le calice jusqu'à la lie, puisqu'il leur faudra exprimer leur soutien à celui qui les ruine politiquement et financièrement.
Résumons, sans détailler : fini, en 2017, pour le PS, les quelques 28,5 millions d'€ d'aide publique, ou pour « les Républicains ( ex-UMP), les presque 20 millions d'€ d'aide publique. Pour les autres formations, il n'y aura pas le choix : elles aussi menacées de recul, elles devront se compter pour tenter de sauver ce qui peut l'être ; les ententes électorales qui ne sont pas organisées pour assurer la survie des plus menacés ne pouvaient se conclure. Il en est du reste de même pour les mouvements, comme La République en Marche et La France insoumise, qui doivent présenter le plus de candidats possible puisqu'ils aspirent à passer de rien à une forte représentation au Parlement. Le gâteau électoral ne pouvant ni se réduire ni augmenter, il faut bien en priver certains convives et voilà bien pourquoi la question politique est devenu une question d'argent. Ne cherchons pas ailleurs la source de conflits médiatisés. Ceux qui vont perdre une grande partie de leurs ressources, donc leurs moyens d'agir, ne peuvent que se durcir et nous en ferons le constat avant la fin juin.



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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux