mercredi 24 mai 2017

De la radicalisation et de ses causes.


Dans sa note du 23 mai, Jean Pierre Dacheux s'interroge dans ces termes : « Après ce qui s'est passé, hier soir, au terme d'un concert, à Manchester, il ne suffit plus de condamner les terroristes et leur opposer la force des armes ! Comprendre le terrorisme, si l'on veut l'éradiquer, est devenu une priorité prioritaire ».

C'est effectivement à cette réflexion capitale « comprendre le terrorisme » que nos édiles devraient consacrer leur rencontre au lieu de répondre par toujours plus de sécuritaire inutile : le risque zéro n'existant pas !

C'est beaucoup leur demander, tant ils sont convaincus que leurs choix de société sont les meilleurs et qu'ils ne génèrent pas de ressentiment, d'animosité, voir de haine.

Enfermés dans le syndrome TINA - il n'y a pas d'alternative - complices des lobbies industrio-financiers mondiaux, ils continuent aveuglement leurs politiques destructrices et suicidaires.

Pourtant, comme pour ceux des fomentateurs des drames de Charly Hebdo et du Bataclan, la personnalité et le parcours du « kamikaze » de Manchester devraient poser question. Dans l'état actuel des investigations, le jeune homme de 22 ans né en Grande Bretagne de parents d'origine libyenne avait commencé, puis abandonné des études de management à l'université, et semblait bien tranquille selon ses voisins.

Il s'est pourtant radicalisé !

Pourquoi ce changement ? il n'a pas eu lieu sans raison !

L'oligarchie de pouvoir, adoratrice de son veau d'or « l'argent », ne veut, surtout, pas imaginer que la société inégalitaire et injuste qu'elle produit puisse être en partie responsable de ces radicalisations. Partant du principe, gravé dans le marbre, que chacun est maître de la conduite de son existence, les néolibéraux au pouvoir affirment que ces « terroristes » sont seuls responsables de leurs actes sanglants : pas le gouffre des inégalités, pas les injustices, pas le chômage, pas les ghettos des banlieues, etc …

Il faut lire un petit livre1, par la taille, pas par son contenu, qui résume très bien la dérive mortifère de notre civilisation. La guerre que les riches mènent contre les peuples conduit vers le totalitarisme et la barbarie. Les profits escomptés sur le réchauffement climatique, l'élection de Donald Trump, la marchandisation du corps humain … sont disséqués par deux sociologues parfaits connaisseurs de notre société.

Même si Frank Fenner et Stephen Hawking considèrent qu'il est trop tard et que l'humanité court à sa perte, essayons tout de même de contraindre nos gouvernants à réagir avant qu'il ne soit réellement trop tard.

Il nous reste, prochainement, une échéance électorale pour tenter d'infléchir les choses.



1    Les prédateurs au pouvoir - main basse sur notre avenir – Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – Editions Textuel

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

N'hésitez pas à formuler un commentaire.
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux