samedi 25 février 2017

Présidentielles 2017. Note 21 à J-58. Craintes et espérances se confondent !


Un deuxième temps intermédiaire et décisif .

Le point au 24 février 2017.
par Jean-Pierre Dacheux


Nous voulons, au cours des mois qui vont continuer de s'écouler, analyser l'évolution de la situation politique pendant la campagne électorale qui s'est ouverte depuis la fin 2016. Chaque texte, daté, numéroté et modifiable, s'ajoute aux précédents présentés sous le même titre : « Avec ou sans primaires », puis, à présent, « un deuxième temps, intermédiaire et décisif » (qui durera jusqu'au 17 mars, date de clôture des candidatures). Il peut être contredit, sans doute, parfois, par les événements. Fin mai 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.


Les commentateurs politiques examinent, avec gravité, l'évolution de la campagne.
L'émission quotidienne « C dans l'air » sur « France 5 », d'inégal intérêt, a pris, le 23 au soir, un caractère différent : les journalistes ont cherché, très sérieusement, à tirer les enseignements de « l'alliance » qui s'est réalisée entre François Bayrou et Emmanuel Macron. J'en ai conservé certains qui donnent à penser :
1 – Le duel de second tour peut être autre que celui qui avait été pronostiqué depuis de nombreuses semaines : Le Pen / Fillon. Actuellement Fillon n'est plus assuré de la seconde place.
2 – Qu'on apprécie ou non la politique préconisée par Emmanuel Macron, il faut reconnaître que la bipolarisation PS / « Républicains » s'en trouve fort menacée. Est-ce le début d'un chambardement inimaginable encore il y a trois mois ?
3 – Le recours annoncé à la proportionnelle (comme en nombre de pays d'Europe), et qui est jugé nécessaire par plusieurs candidats, ne peut que bouleverser la représentation parlementaire. Reste à savoir quand et comment le Parlement, qui sera élu en juin 2017, serait dissous et réélu...
4 – Les sondages ne peuvent être fiables du fait d'une volatilité de l'électorat jusqu'ici jamais connue et renforcée par un désir populaire de « sortir les sortants » (ce qui favorise les nouveaux venus et les « hors système », à droite comme à gauche).
5 – Les partis traditionnels sont en difficulté. Les mouvements (En marche ou La France insoumise sont valorisés. Les évolutions des citoyens, au sein, en marge ou en opposition à ces mouvements ne sont pas achevées. Nul ne se risque à dire jusqu'où cette effervescence va nous conduire !
6 – Ce « jamais vu » annonce probablement des recompositions politiques inédites mais encore peu lisibles. La réflexion sur ce qui reste des concepts de gauche et de droite est engagée.
7 – La Vème République ne peut sortir indemne de cette accélération politique historique.
8 – Le Front national, largement en-tête dans les intentions de vote, pourrait, à son tour, connaître un fort recul s'il cesse d'être considéré comme le recours des déçus et des maltraités. Les 340 000 euros réclamés par le Parlement européen à Marine le Pen, pour paiement indu d'assistants parlementaires, la placent au niveau de François Fillon : celui de l'usurpation de fonds publics pour rétribuer des tâches non effectuées ou autres que celles prévues ! Va-t-elle, à son tour être plombée et se voir tirée vers de plus bas sondages ? Elle n'est pas à l'abri des jugements définitifs de ceux qui estiment que les élus sont « tous pourris » !
9 - Les évolutions inachevées se situent « à gauche » : Benoît Hamon porte la plus lourde charge car il ne peut maintenir la ligne qui a fait son succès aux primaires sans se démarquer de la direction du PS associée aux échecs du quinquennat Hollande qu'il avait dénoncés.
10 – L'influence des sensibilités écologiques rend le divorce entre Hamon et Mélenchon intenable. Ou bien il ne fallait pas aller si loin dans cette direction, ou bien il faut y aller jusqu'au bout car, séparés, les deux «  néo-écolos » courent à l'échec et Jadot avec eux. Et ils le paieraient cher !
11- Le dégout, la rage et l'espoir se côtoient. Ils alimentent ou bien l'éloignement de la politique, ou bien le vote FN comme instrument de la colère politique, ou bien la recherche d'un dépassement politique (mais où ni la droite traditionnelle ni la gauche formelle n'ont plus de rôle à jouer!). C'est dire les risques encourus : l'abandon électoral ou la montée en force du nationalisme ou l'émergence d'un « printemps français » inattendu et fragile.

12 – « La politique est trop importante pour la confier à des politiciens ». Soit. Mais la politique n'est pas non plus un spectacle ou un match ! Alors ne nous contentons pas d'applaudir ou de huer. Il est temps pour les spectateurs que nous sommes de passer sur scène, en acteurs.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux