dimanche 19 février 2017

Présidentielles 2017. Note 18. À J-63, rupture définitive à gauche ?


S'engage, jusqu'au 17 mars, un deuxième temps intermédiaire mais décisif.

Le point au 19 février 2017
par Jean-Pierre Dacheux

Nous voulons, au cours des mois qui vont continuer de s'écouler, analyser l'évolution de la situation politique pendant la campagne électorale qui s'est ouverte depuis la fin 2016. Chaque texte, daté, numéroté et modifiable, s'ajoute aux précédents présentés sous le même titre : (« Avec ou sans primaires » puis... « Voici venu le deuxième temps, intermédiaire et décisif »). Il peut être contredit, sans doute, parfois, par les événements. Fin mai 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.

Mélenchon et Hamon rompent les ponts.

La passerelle Jadot n'a pas tenu longtemps : l'écologie est, certes, dans la politique de Hamon, et tout autant dans celle de Mélenchon, mais elle ne peut (elle est apparue trop tard !) constituer le lien et le liant qui unifieraient ces politiques, car elle n'est pas encore la politique contenant l'exigence prioritaire devant laquelle chaque candidat constaterait qu'il est grand temps de s'incliner.

Mélenchon et Hamon pouvaient s'entendre pour refuser toute alliance avec Macron, mais ils ne pouvaient se mettre d'accord pour évincer les caciques d'un PS moribond, mais pas encore dans le « corbillard »... (comme dit le leader de la France insoumise).

La déception sera grande à gauche parce qu'un calcul à courte vue, consistant à additionner les intentions de vote faisait espérer que la gauche, complexe mais reconstituée, pouvait être présente au second tour de l'élection présidentielle. Mais était-ce souhaitable tant que les différends principaux ne sont pas surmontés ? La peur du pire seule pourrait encore, peut-être, in fine, peu avant le scrutin, rapprocher des candidats trop engagés pour pouvoir, actuellement, quitter la voie où ils se sont avancés !

Mieux vaut construire lentement que de faire monter des illusions ! La campagne présidentielle peut faire progresser encore la prise de conscience citoyenne, face aux risques planétaires qu'on ne peut plus dissimuler et auxquels on ne peut se résigner. Un échec électoral serait moins grave qu'une déconvenue totale portant sur l'avenir d'une politique en cours de constitution. On ne mange pas le fruit avant qu'il soit mûr...

Reste à interdire le succès des pires ennemis de cette politique à venir. Le second tour y peut suffire sauf si le choix final était à faire entre Le Pen et Fillon. L'une est la championne du nationalisme, du repli et de la violence sociale. L'autre est le porte-parole des puissances d'argent, du conservatisme et des élites de la droite bonapartiste. On ne peut s'opposer à l'une en adoubant l'autre : entre l'extrême-droite historique et la droite extrême, entre le crypto-fascisme et la domination absolue des riches, l'écart n'est pas suffisamment significatif pour qu'on puisse voter pour « le moindre mal ». On a déjà « donné », en 2002, et le quinquennat impuissant de Jacques Chirac n'a pas bénéficié du soutien de la gauche ayant permis d'écraser la candidature de Le Pen père.

Les électeurs vont trancher, non pour le succès mais, pour orienter les législatives à venir, entre Hamon (qui n'a pu se dégager de l'emprise d'un PS honni) et Mélenchon (qui réalise une campagne originale et forte mais qui n'est pas certain de stabiliser certains de ses soutiens, en particulier le PCF prêt à dévorer le plat de lentilles du PS « hamonnisé »...).

Les écologistes aussi ont à faire le tri dans leurs préférences : ainsi, leur opposition au nucléaire civil et militaire résistera-t-elle à l'appel de Benoît Hamon qui a tout à gagner s'il récupère quelques points, dans les sondages, amenés par les ex-Verts ! Le danger constant que constitue le PS pour la famille des écologistes se représente, sous un nouveau visage. On ne lâche pas la proie pour l'ombre, en politique. Si l'on revient à la case départ, l'avancée des idées écologistes va se trouver, une fois de plus, réduite à peu de chose, en France !

Il ne manquerait plus que le fantôme Hollande ne ressurgisse en profitant de la déconfiture de Fillon, de l'échec de Vals à la primaire, de la fragilité de la victoire de Hamon au sein d'un PS divisé et des maladresses de Macron dont les entrechats (un pas à gauche/ deux pas à droite) commencent à se multiplier... L'hypothèse, heureusement fragile, reste évoquée par certains socio-libéraux


Ce dimanche 19 février 2017 est sombre et le printemps politique tarde à réchauffer les attentes du nombre (croissant!) des victimes de politiques brutales subies depuis trop longtemps. Attendre, encore attendre, toujours attendre : attention, l'impatience peut déboucher sur des violences. La fluidité et l'imprévisibilité de l'électorat ne peut que continuer à nous réserver des surprises, bonnes ou... mauvaises !

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux