dimanche 19 février 2017

Présidentielles 2017. Note 17. Tout reste incertain à J-64, mais ça se décante ?


S'engage, jusqu'au 17 mars, un deuxième temps intermédiaire mais décisif.

Le point au 17 février 2017
par Jean-Pierre Dacheux


Nous voulons, au cours des mois qui vont continuer de s'écouler, analyser l'évolution de la situation politique pendant la campagne électorale qui s'est ouverte depuis la fin 2016. Chaque texte, daté, numéroté et modifiable, s'ajoute aux précédents présentés sous le même titre : (« Avec ou sans primaires » puis... « Voici venu le deuxième temps, intermédiaire et décisif »). Il peut être contredit, sans doute, parfois, par les événements. Fin mai 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.

Nul n'est plus assuré de l'emporter. L'inattendu demeure à l'affut.

1 – Fillon fut le premier à croire que l'essentiel était fait. Cruelle désillusion !
Au soir de la primaire de la droite et du centre, et une fois, Sarkozy et Juppé éliminés, un boulevard s'ouvrait devant lui, qu'il soit devant ou derrière Marine le Pen, au soir du 23 avril. Les sondages le placent à présent, en 3ème position nettement sous la barre des 20%. Pire : sa cote d'opinions favorables décroît aussi aidant au recul des sondages. Son électorat potentiel ne se maintient que parce qu'aucun « Plan B » n'existe. On en est à opposer le verdict des urnes face à celui des juges, lesquels n'ont pas renoncé... En bref, après les 99% de chances d'être élu, François Fillon compte sur un miracle pour l'être. Et ce n'est pas fini.

2 – Marine Le Pen caracole en tête des sondages. Elle n'en est pas moins fragilisée !
Jusqu'alors, elle devait craindre un second tour du type de celui de 2002 (Tous contre Le Pen). Mais ne voila-t-il pas qu'elle se « fillonnise » avec des affaires d'emplois fictifs pour ses assistants parlementaires européens ? Elle avait cru pouvoir traiter par le mépris et le silence cette accusation. Erreur ! Il va lui falloir rembourser des sommes mal utilisées ou bien voir lourdement taxée son indemnité. Cette casserole restera accrochée à ses basques jusqu'au jour du scrutin. Ses vociférations n'y changeront rien... La voici, elle aussi plombée. Pas en chute libre mais coupée dans l'élan dont elle a besoin pour s'élever au-dessus de la barre des 30% (en-dessous, elle sera à coup sûr, battue).

3 -Emmanuel Macron profite-t-il des difficultés de ses rivaux principaux ? Ce n'est plus sûr.
Quand on ne dit rien d'autre que des généralités, on ne risque pas de se voir trop visé, mais quand on commence à s'avancer, en même temps sur les terrains de la gauche et de la droite pour donner des gages aux électeurs des deux camps, on doit s'attendre à recevoir des coups multiples. Et c'est ce qui a commencé à se produire. Parler (maladroitement) du colonialisme comme crime contre l'humanité, puis se lancer dans une diatribe contre les délinquants au nom d'un conception répressive de l'ordre public, c'est se mettre à dos les militants les plus opposés. Cela va lui coûter cher. Il lui sera désormais difficile de se mettre à égale distance d'une droite et d'une gauche qui ne se reconnaîtront plus en lui. Et voici la troisième « victime » d'une campagne non maîtrisable...

4 – Alors ? Est-ce une opportunité heureuse pour les candidats Hamon ou Mélenchon ? Non !
Il ne suffit pas de calculer qu'une alliance peut, théoriquement, hisser les sondages au plus haut niveau ! Hamon est prisonnier d'un PS dont il ne peut se couper et qui lui impose des compromis qui vont ruiner sa popularité. Mélenchon, en dépit de son brio, de son courage et de sa clarté est un candidat qui demeure isolé. Quant à Jadot, prêt à se sacrifier sur l'autel d'une unité fondée sur l'écologie, enfin considérée comme essentielle à toutes les politiques, que peut-il face à ses partenaires du moment ? Sa seule chance serait - on peut rêver – soit d'être celui sur lequel les deux inconciliables décideraient, pour ne pas perdre la face, de faire leur porte-parole dans l'attente de la révision constitutionnelle ouvrant sur la VI ème République, soit... d'être tiré au sort ! Qui va oser rompre et briser les ultimes espérances de ce qui reste d'authentique dans une gauche à la dérive ? Cruelle situation...

5 – Qui pourrait encore surgir et profiter des incertitudes violentes du moment ? Bayrou ?
Un seul nom apparaît, en effet, celui de François Bayrou. Une quatrième candidature peut-elle être cette fois la bonne ? On voit mal le maire de Pau déclencher un enthousiasme qui le juche au-dessus de ses rivaux déconfits. Le comble est que ce n'est même pas impensable. Il lui faudrait créer un espace, en peu de temps, qui ne se situe pas au centre, « entre » la gauche et la droite, mais « au-dessus » de la droite et de la gauche telles que les Français les connaissent. C'est un peu la quadrature du cercle pour un homme politique dont la carrière aura été celle d'un homme cultivé et modéré mais encore marqué au...centre droit.

En conclusion, le paysage politique est aussi bouché qu'ouvert. Il est, de surcroît, mouvant ! On n'a jamais connu une élection présidentielle se présentant de façon aussi incertaine. Parmi les clefs explicatives, on peut, avec prudence, avancer qu'est venu le temps de changer de République, que le personnel politique, usé et déconsidéré, est à remplacer, que les idées écologiques, qui ont fait leur chemin, longtemps repoussées, sont devenues incontournables mais cela n'ouvre pas toutes les portes.


Le pire et le meilleur sont encore au seuil de notre démocratie.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux