dimanche 12 décembre 2010

L’épisode de la neige francillienne ou l’échec de la politique sécuritaire.



Jeudi 9 décembre 2010, le premier ministre a nié toute défaillance des services de l'Etat dans la pagaille qui a suivi l'épisode neigeux en Ile-de-France, en voulant faire endosser la responsabilité du chaos par les météorologues de météo France.

En effet pour lui, gouverner, ce n'est plus prévoir, mais chercher des boucs émissaires : en l'occurrence les prévisionnistes.


Dans le même temps, le ministre de l’Intérieur revenait sur ses déclarations de la veille : "Je me suis exprimé à 16 h 30 et j'ai dit 'à ce stade, il n'y a pas de pagaille', ce qui était le cas. Après, la situation météorologique s'est dégradée de manière rapide." Effectivement, la veille, au plus fort de la tempête, il avait nié "la pagaille" qui commençait à régner et reproché à ceux qui voyait une pagaille d'oublier de dire, comme on le fait en général, qu'elle était "indescriptible" ajoutant, avec ce brillant humour qui le caractérise, que ce qui est indescriptible n’existe pas et que seulement quelques problèmes se concentraient "sur les routes lorsqu’elles sont inclinées".


C’était puissamment observé.


Bien entendu, Météo France qui avait placé, dès la veille, l’Ile-de-France en vigilance orange, s’est empressée de démentir et les syndicats ont évoqué la baisse des effectifs et le démantèlement des services de l'Etat comme premiers responsables de la crise.


Pour ajouter à la discordance de la communication gouvernementale le ministre des transports contredisait, vendredi 10 décembre, le premier ministre : "Il y a eu un bon travail fait par Météo France", assure le secrétaire d'Etat, pour qui "les services ont fait le maximum", et même "un travail remarquable ».


Comme pour la pseudo grippe H1N1, pour la tempête Xynthia au printemps ou pour les pénuries d'essence durant les grèves de novembre, la communication du gouvernement laisse pour le moins à désirer.


Cette volonté de relativiser, de faire croire qu’il a prise sur tous les événements, toutes ces erreurs de jugements sont révélatrices de la volonté de ce gouvernement d’affirmer qu’il est a même d’assurer en permanence la sécurité des citoyens et de leur promettre le risque zéro.


Ces hommes et femmes politiques, voulant montrer à quel point ils sont irréprochables, à quel point ils maîtrisent les risques, point d’orgue de la politique sécuritaire, trop prétentieux et arrogants, ne peuvent avoir l’humilité d’admettre qu’ils sont faillibles comme chacun d’entre nous, et ils remettent, alors, leur responsabilité, si quelque chose cloche, sur le dos des autres !

Comment faire confiance à ces responsables politiques, qui pour quelques flocons de neige sont capables de maquiller la réalité et de mentir comme des collégiens pris en faute.


Ils seraient tellement plus grands s’ils restaient simples et normaux.


http://maesterbd.files.wordpress.com/2010/12/hortefeux-neige.jpg?w=350&h=478

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux