lundi 17 mars 2008

L'eau, source de vie ou source de guerres!

Le 20 mars prochain, ce sera la Journée mondiale de l'eau.
L'eau est à tous, pourtant l'eau potable est confisquée, conditionnée et revendue!
L'eau est-elle donc une marchandise?
Comme il existe l'or noir et l'or jaune, l'eau tend à devenir un or bleu!
On assiste ainsi à la "pétrolisation" de l'eau!
Dès lors, les changements climatiques risquent de nous entrainer vers des guerres de l'eau.
L'eau source de vie peut-elle donc devenir source de guerre?
Oui, la marchandisation de l'eau (le marché de l'eau, c'est 800 milliards de dollars!) peut tuer.
En fait, elle tue déjà : 1,6 millard d'humains n'ont pas accès à une eau consommable.
Chaque minute, 15 personnes meurent d'avoir été privées d'eau potable.
C'est le plus fort qui mange et boit sur cette Terre. Et d'aucuns appellent cela la civilisation!
Notre culture économique est fondée sur la compétitivité, pour ne pas dire sur la violence.
Il faut payer pour avoir droit à la vie. La vie coûte... Que l'impécunieux crève.
"Ceux qui ne sont pas les meilleurs n'ont pas le droit au futur!" constate Riccardo Petrella (1).
Cet économiste et politologue, spécialiste de la gestion de l'eau, rappelle que chacun de nous a besoin de 50 litres d'eau par jour, dont le prix serait aisément intégrable dans la fiscalité générale.
Il démontre que 4 jours de dépenses militaires suffiraient largement à couvrir la totalité des frais d'installation de simples latrines publiques (pas de WC privés) dont 2,6 milliards d'êtres humains sont privés. Or cette question de santé est vitale.
La France, "grande puissance hydrique", compte, quant à elle, 4 entreprises parmi les 10 plus grandes traitant les eaux, sur la planète. On observe que 9 d'entre elles sont européennes et que la 1ère, la seconde et la quatrième, par ordre d'importance, sont françaises.
La Lyonnaise des eaux passée chez Suez, Véolia, ex Vivendi, ex Générale des eaux, dominent ce marché de l'eau de la tête et des épaules. Or, l'école française de l'eau, c'est la privatisation, généralisée!
Dans ce monde sans amour et sans amitié, où l'économie est dans la mains de financiers froids, cyniques, impitoyables, la doctrine qui triomphe, renchérit Pétrella, c'est la TUC (Théologie Universelle Capitaliste). La trinité devant laquelle s'inclinent les zélateurs du système, ce n'est pas le Père, le Fils et l'Esprit Saint mais le Capital, l'Entreprise et le Marché. Quiconque ne croit pas en ce nouveau dogme est menacé du bûcher ou considéré comme un innocent... tout juste bon à enfermer dans un asile.
La gestion capitaliste de l'eau est exemplaire de cette dérive mortifère, parce qu'elle met en évidence très exactement ce qu'il faut refuser : faire de ce qui est indispensable à chacun un objet marchand. Bref mettre la vie à la Bourse.
Les maires, (réélus la semaine passée, ou bientôt réélus par leur Conseil municipal, cette semaine), qui laisseraient, sans rien faire, la gestion de l'eau échapper à leur commune, commettront plus qu'une erreur, une faute, dont les citoyens subiront longtemps les effets.
Alors que les Conseils régionaux et maintenant les Conseil généraux et la majorité des grandes villes sont gérés par des élus se réclamant de la gauche, il est plus que temps de rendre aux citoyens ce qui leur appartient : l'eau qui coule sur leur territoire!
Jean-Pierre Dacheux
(1) Riccardo Petrella, Pour une nouvelle narration du Monde, éditions éco-société, Montréal, Janvier 2008

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux