jeudi 27 mars 2008

La faim et les Droits de l’Homme

Depuis des siècles, les peuples d’Afrique sont exploités par leurs frères humains. À partir du 7ème siècle par les arabes puis, à partir du 16ème siècle, par les occidentaux. Des millions d’Africains furent réduits en esclavage. Au milieu du 19ème siècle, l’esclavage fût progressivement aboli en Europe et en Amérique, mais l’Afrique devint, alors, le champ clos des états colonialistes qui pratiquèrent une nouvelle forme d’esclavage : la servitude et le travail forcé.

Notre dette est immense à l’égard de ces populations car l’exploitation, sans scrupules, des Africains et des ressources de leur continent a contribué essentiellement au développement de l’occident riche et opulent que nous connaissons.

Jean Ziegler, le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation au Conseil des Droits de l’Homme de l’O.N.U., tire la sonnette d’alarme en rappelant la disparition de millions d’Africains par la faim, il exhorte à réaliser « une distribution plus équitable des biens pour satisfaire les besoins vitaux des gens et les protéger contre la faim ».

Ce drame quotidien s’effectue dans une normalité glacée, sans arrière pensée ni remord de la part des populations occidentales. Pourtant se nourrir est un besoin fondamental avant d’être un droit. Ne pas reconnaître cet axiome nous rend complices d’assassinats, car quiconque meurt de faim est assassiné. Comme dans d’autres périodes récentes, nous avons les paupières cousues; l’indifférence et l’égoïsme dominent.

Le monde occidental doit sortir de cet individualisme forcené où la société marchande le conduit et prendre conscience des inégalités et des injustices qui l’entourent. Jean Ziegler rappelle que le Droit à l’alimentation est le premier des Droits de l’Homme. Mais les Droits de l’Homme font peur à la société marchande, car en redistribuant équitablement les biens et en satisfaisant les besoins ils mettent en péril son système social, économique et financier.

Je souscris complètement aux propos tenus par Jean Ziegler le 18 mars : « Dans leur achèvement, les Droits de l’Homme incarnent donc un monde totalement autre, solidaire, libéré du mépris, plus favorable au bonheur » Et quand il ajoute : « Les Droits de l’Homme – politiques et civils, économiques, sociaux et culturels, individuels et collectifs – sont universels et indivisibles, ils sont aujourd’hui l’horizon de notre combat»

Ils sont aussi mon combat.

Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux