samedi 22 avril 2017

Osons Mélenchon


Le troisième et dernier temps d'une campagne à surprises 

Le point au 21 avril 2017. Note 44 à J-2
par Jean-Pierre Dacheux

Nous continuerons d'analyser jusqu'au 6 mai l'évolution de la situation politique pendant la campagne électorale ouverte depuis la fin 2016. Chaque texte, daté, numéroté et modifiable, s'ajoute aux précédents et présentés, depuis le 20 mars, sous le titre : « Le troisième et dernier temps d'une campagne à surprises » Chacun de ces textes peut être contredit, sans doute, parfois, par les événements. Fin mai 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.


Oui, il faut oser Mélenchon. Ce n'est certes pas un homme providentiel. Il n'en est, il n'y en eut, d'ailleurs, jamais aucun. Je ne souligne ici que ce que la froide logique m'impose :
• Chaque élection est particulière. Cette fois encore il faut voter. Pourquoi ? Pour éliminer les candidats indignes, d'abord : Fillon et Le Pen. Qu'ils aient pu être candidats n'est pas le signe de notre bonne santé politique. En plusieurs autres pays, cela n'aurait été ni pensable ni possible...
Il faut voter comme nous sommes : si les idéaux de la gauche réelle sont encore vivants en nous, alors, puisqu'il n'est plus qu'un candidat de cette gauche réelle, et bien votons pour lui.
Il est temps de passer à l'écologie dans la pratique, sinon la vie sur Terre s'éteindra pour les humains. Alors, puisqu'il n'est plus qu'un candidat « qualifiable » qui défende un projet où l'écologie est prioritaire, et bien votons pour lui.
Ceci n'implique nullement que nous nous fassions les disciples de Jean- Luc Mélenchon ! Seulement si rien n'est sûr, le pire serait la stagnation. C'est pourquoi je développe, ci-dessous, les motivations de ce choix qui n'est pas seulement une évidence. Oser voter Mélenchon c'est aussi oser affronter des épreuves indispensables.


1 – Je vote pour un candidat qui serait le dernier président de la Vème République.
Depuis 1958, il en est - j'en suis - qui attendent qu'on en finisse avec la monarchie républicaine. Depuis 1962, il en est - j'en suis - qui savent que l'élection présidentielle constitue un piège.
Depuis 1965, il en est - j'en suis - qui ont refusé le pouvoir personnel incarné par De Gaulle.
Depuis 1968, il en est - j'en suis - qui pensent qu'en démocratie le peuple seul fait l'histoire.
Depuis 1969, il en est - j'en suis - qui ont vu dans le départ de De Gaulle la fin de la Ve République.
Depuis lors, il en est - j'en suis - qui ont pensé que De Gaulle, démissionnaire, avait été cohérent.
Depuis lors, l'invention de la cohabitation a permis qu'un Chef de l'État, désavoué, reste au pouvoir.
Depuis lors, le régime des partis, fustigé par de Gaulle, s'est emparé de la République.
Depuis lors, l'alternance a permis que deux familles politiques se partagent les pouvoirs en France.

Il fallait qu'un jour, l'usure et la perversité de cette complicité de fait deviennent insupportables.
Sortir d'institutions obsolètes est une urgence pour la France et le temps est venu de les abroger.
Mélenchon le propose même s'il doit, pour cela, quitter l'Élysée quand la Constituante en aura fini.
Je salue ce désintéressement et ce courage car le risque de l'échec n'est pas éliminable.

Je voterai donc pour qui veut en finir avec la fausse démocratie « républicaine »

2 – Je vote pour un candidat qui est le seul à pouvoir être élu sur un projet de la gauche réelle.
En 1981, il en est - j'en étais - qui pensaient que la gauche de gauche s'incarnait en Mitterrand.
En 1983, il en est - j'en étais - qui ont constaté que « les puissances d'argent » lui imposaient leur loi.
En 1997, il en est - j'en étais - qui ont pensé qu'il fallait redonner sa chance au le PS, avec Jospin.
En 2002, il en est - j'en étais - que le surgissement de l'extrême droite a désespéré.

La gauche fut l'espace politique des petits , des oubliés, des exploités, des pauvres, des « sans ».
La gauche fut, dès l'avant dernier siècle, la représentation du travail face au capital.
La gauche fut le lieu où se retrouvaient les divers partisans de l'égalité et du partage.
La gauche fut le camp de la paix, de l'internationalisme, de l'ouverture aux autres peuples.
Tout cela a été, de fait, abandonné par ceux qui n'étaient plus (formellement) que « la non droite ».

On ne remerciera jamais assez Mélenchon d'avoir redonné du contenu à une gauche en perdition.
Hamon a été abandonné par les siens car il cherchait à retrouver le chemin d'une gauche réelle.
Mélenchon reste seul pour tenter de continuer la tâche que le PS n'est plus capable d'exécuter.

Je voterai pour celui ( il n'est pas d'autre choix ), qui réinvente une gauche efficace et dynamique.

3 – Je vote pour un candidat qui lie les luttes contre les inégalités sociales et pour l'écologie.
Benoît Hamon a remporté la primaire socialiste en déclarant inséparables le social et l'écologique.
Son parti ne le lui a pas pardonné et le voici seul. Les électeurs voient qu'il a été trahi par les siens.
Dés lors, il ne bénéficie plus de la dynamique de la victoire et tous les sondages l'indiquent.
Mélenchon défend un projet social - écologique cohérent que toute la gauche rénovée peut accepter.

Je voterai donc pour celui, le seul, qui peut reprendre le flambeau tombé des mains de Hamon

4 – Je vote pour un candidat qui parle comme il pense avec un talent qui n'aura pas eu d'égal.
Il en est pour ricaner en laissant entendre que Mélenchon n'est qu'un tribun !
On ne s'exprime pas avec force, aisance et clarté sans une capacité intellectuelle hors du commun.
On peut s'opposer à lui, mais il n'est pas qu'un tribun ; c'est un homme de haute culture.
Qui l'écoute avec attention se rend compte vite que cet homme a quelque chose à dire.
On peut, certes, le contredire mais pas réduire ses propositions à je ne sais quel irréalisme !

Je voterai donc pour celui, le seul, qui a le niveau pour représenter la France et la faire évoluer.

5 – Je vote pour un candidat qui rassemble contre lui tous ceux qui veulent que rien ne change
Dès qu'il est apparu que Mélenchon était en position favorable, il a été critiqué vivement.
On croyait morte ce qui fut la gauche ; la voici qui renaît, hors parti et osant se dire insoumise !
Le monde de l'argent, celui des traditionalistes, celui des professionnels de la politique, s'insurgent.
Pour eux, changer la surface des choses ? Soit. En changer le fond, par la pratique ? Ah non !
Ce qui est visé, c'est moins Mélenchon que ce qu'il propose avec tant de conviction et d'arguments.

Je voterai donc pour celui, le seul, qui préconise les changements que refusent les nantis.

6 – Je vote pour un candidat qui connaît ses limites et sait ce que veut dire le mot « peuple ».
Mélenchon ne cache pas qu'à 65 ans, il va jeter ses forces dans une action des plus difficiles.
Seul, il échouerait. Quand il prononce le mot peuple, il reste dans la tradition française !
Il sait que ses soutiens sont dans tous un pays qui fourmille de compétences et d'énergies.
Taxer de populiste qui ose parler du peuple, c'est ne rien avoir compris à la démocratie elle-même.
La Constitution en appelle au « gouvernement du peuple par le peuple, pour le peuple ».
Faut-il supprimer cette maxime de la mère des lois ou faut-il, lui donner vie et sens ?

Je voterai donc pour celui, qui ne veut pas gouverner seul mais en s'appuyant sur le peuple.

Quel que soit le résultat, demain soir, nous serons engagés dans des temps nouveaux


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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux