jeudi 13 avril 2017

Le dernier coup fourré de François Hollande


Le troisième et dernier temps d'une campagne à surprises 

Le point au 13 avril 2017. Note 37 à J-9
par Jean-Pierre Dacheux

Nous voulons continuer d'analyser l'évolution de la situation politique pendant la campagne électorale ouverte, en réalité, depuis la fin 2016. Chaque texte, daté, numéroté et modifiable, s'ajoute aux précédents présentés et, depuis le 20 mars, sous le titre : « Le troisième et dernier temps d'une campagne à surprises » Chacun de ces textes peut être contredit, sans doute, parfois, par les événements. Fin mai 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.


« Il préoccupe les marchés financiers ». Pierre Gattaz président du MEDEF, met en garde contre « les apprentis sorciers de l'économie » (dont, selon lui, fait partie Jean-Luc Mélenchon, tout comme Marine Le Pen !). Selon le Figaro, qui se déchaîne, Mélenchon « se rapproche de Chavez au Venezuela » et son projet serait « délirant » ! Et voilà que François Hollande s'en vient donner le coup de pied de l'âne en lançant une mise en garde sur le « péril » consistant à regarder « le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte ».
Mélenchon n'en caracole pas moins , en tête du tableau de bord mensuel sur la popularité des hommes politiques (68% d'opinions favorables, + 22 points en un mois). Un autre sondage le décrit comme « celui qui incarne le mieux les valeurs de la gauche ». Voir l'analyse de la Libre Belgique (http://www.lalibre.be/actu/france/melenchon-grimpe-dans-les-sondages-sa-radicalite-inquiete-les-marches-s-agitent-hollande-evoque-un-peril-58ee17c8cd70e80512cd26b8).
Si « la radicalité de Mélenchon inquiète », que dire, alors de celle, fausse, de Hollande qui, il n'y a que cinq ans, au Bourget, prétendait que son ennemi était la finance ! Il est, à présent, deux fois disqualifié pour nous mettre en garde : parce que, pour gagner, il n'a pas hésité à dénoncer ceux qu'il allait conforter et parce que, au terme de son quinquennat raté, il n'a aucune leçon à donner à personne.
Il apparaît, à présent, qu'il soutient Emmanuel Macron et que dans son projet, longtemps caché, machiavélique, il y avait une opération de sauvetage de sa politique que ni Hamon, ni Mélenchon ne pouvait incarner. L'habile homme ! Il nous aura au moins rendu le service de nous faire comprendre son attachement au « socialo » centrisme libéral (qu'à la vérité il n'a jamais cessé de promouvoir avec son complice Valls). Voter Macron c'est voter Hollande, et c'est bien le seul argument recevable de la part de Fillon. C'est promouvoir le capitalisme apparemment soft quand le capitalisme hard est à la peine. Macron sait que cela le démasque et ce ralliement présidentiel ne le ravit pas.
Quand il annonce qu'il fera connaître son choix avant le deuxième tour, Hollande ment puisqu'il l'a déjà donné en critiquant, indirectement mais clairement, les trois adversaires actuels de Macron. Mais tout repose sur sa prédiction d'un second tour Le Pen /Macron ou Fillon/Macron, ce qui n'a rien de certain. Alors, il « monte au créneau » ce qui, pour lui serait le pire : la survenue de Mélenchon au deuxième tour.
Comme on le voit, les « marchés financiers » et François Hollande craignent la même chose : la victoire d'une gauche de gauche. Lui reste un espoir : que l'abstention et le vote blanc des écœurés brouillent jusqu'au bout les cartes en promouvant, bien involontairement, les candidats qu'il veut voir arriver en phase finale : Le Pen et Macron, car alors la messe serait dite ! Mais n'est pas Machiavel qui veut. Nous n'en avons pas encore fini avec les surprises. Le peuple n'est pas sot !

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux