mardi 25 avril 2017

Le piège s'est refermé : Le Pen ou Macron ?


Vers le deuxième tour des présidentielles

Le point au 25 avril 2017. Note 47.
par Jean-Pierre Dacheux

Nous continuerons d'analyser l'évolution de la situation politique. Aux notes antérieures, datées, numérotées et modifiables, s'ajouteront les suivantes jusqu'au 6 mai et sans doute au-delà car la lecture des présidentielles ne s'effectuera qu'après les législatives. Fin juin 2017, nous regrouperons, en un seul et même document, toutes ces notes, que nous voudrions utiles pour effectuer cette activité politique chronologique.


1 - D'abord : hommage à la révolution non-violente ( dite Révolution des Oeillets), qui mit fin, le 25 avril 1974, au Portugal, à la dictature salazariste, née en 1933. Écoutons, en ce jour anniversaire, son chant historique, Grandola, qui déclencha des manifestations géantes. Aurons-nous bientôt besoin, en France, d'un tel chant puissant et fraternel pour nous dresser contre la dictature du néo-fascisme ou celle de l'argent-roi ?


2 – Le piège s'est refermé. Comment en sortir ?
Nous le savions : le mode de scrutin français peut nous donner à choisir entre le mauvais et le pire. En 2002, pour n'avoir pas Le Pen (père), la France a choisi Chirac et le quinquennat calamiteux qui s'ensuivit. Sommes nous revenus quinze ans en arrière ? Oui et non. Oui, parce que c'est à nouveau un impossible choix qui nous est imposé. Non, parce que les rapports de force ne sont pas les mêmes et parce que le risque d'instauration durable d'un régime libéral sont considérables.
Entre le néo-fascisme nationaliste et le capitalisme relooké, nous voici coincés. Pour le 7 mai, la messe est dite : Macron sera président de la République, mais, cette fois, tout ne sera pas joué au terme de cette élection présidentielle. Un président sans majorité stable peut difficilement gouverner et nul ne sait ce qui sortira des législatives : la droite n'aura pas le temps de se refaire ; le PS n'aura pas fini de se déchirer ; les frontistes chercheront leur revanche ; la gauche nouvelle, au pied du mur va ou bien apparaître en force, ou bien... disparaître. En clair, un conflit idéologique gigantesque va se déclencher. Nous avons connu bien des surprises, durant la campagne des présidentielles et bien avant qu'elle soit devenue officielle. Nous allons en connaître d'autres tout aussi surprenantes.
En clair, Fillon est out. Le Pen, même vaincue ne s'effondrera pas. Le melting-pot macronien va bouillir et les intoxiqués du pouvoir dont ils se croient si près, vont s'affronter. Le PS de Hollande, Valls et autres macroniens va tenter -vaste projet!- de trouver une bonne place au Parlement. Quant aux battus de la gauche réelle, ils ont une responsabilité historique : ce qu'ils n'ont su ou pu faire pour les présidentielles, il faut qu'ils le réussissent à présent.
Il n'est qu'une alternative au projet en marche vers... l'organisation du pouvoir des plus riches, de ce clan ultra composite de Macron, (ce rassemblement des partisans ardents ou résignés du capitalisme moderne). Cette alternative, c'est l'émergence d'une autre expression de ce que furent la gauche et le socialisme, (à partir d'une analyse écologique de la réalité de nos sociétés telle que Hamon et Mélenchon l'ont annoncée, prédit et acceptée). Il n'y a plus de compromis possible et les plus jeunes de nos compatriotes l'ont déjà, en majorité, compris.


3 – Alors, que voter et faut-il voter ?
Il faudra-t-il voter par peur ou en conscience ?
Par peur : parce que le danger représenté par le FN qui surfe sur le désespoir des oubliés, est réel et peut, comme aux USA, prendre de l'ampleur, ( notamment si l'on provoque le dégoût en faisant la fête avant même d'avoir gagné, comme on l'a vu et entendu le 23 avril à la porte de Versailles puis dans les rues de Paris et à La Rotonde).
En conscience : parce que il faut, plus que jamais, agir comme on pense. Si l'on ne peut se motiver pour voter Macron, alors il ne faut pas le faire. Cela revient à s'abstenir politiquement ou à voter blanc, ce qui n'a rien de satisfaisant, mais cela reste digne. La conséquence immédiate en est de s'impliquer personnellement et fortement dans les législatives à venir, car là, il ne s'agira plus de choix binaire impossible et on pourra tenter d'empêcher les droites, toutes les droites, empêtrées dans leurs contradictions, de dominer l'Assemblée nationale.
Je dis « toutes les droites », de la plus extrême à la plus roublarde en passant par la cynique et l'affairiste.

Ce que ce scrutin révèle, c'est que l'argent est une arme de destruction massive capable de s'en prendre à la pensée elle-même. Nous découvrons aussi un « communisme de classe » qui soude les dominants. Y résister est difficile parce que nous avons, parmi ceux qui sont solidaires des dominés, un ou deux « métros de retard ». Puissions-nous, à la rude école, en accéléré, de cette épreuve électorale, nous rendre compte que l'efficace et brutale recomposition des droites nous a surpris et va continuer. Macron a été placé pour cela. Les forces de résistance et de création, non négligeables à en juger par les résultats de la France Insoumise, ont elles aussi, besoin d'une restructuration. Ce sera notre grande préoccupation dans les notes à venir.



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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux