mercredi 15 septembre 2010

La démocratie malade de la xénophobie anti-Roms

Les membres de la Ligue des Droits de l’Homme ne sont pas bien-pensants non plus que milliardaires de gauche, mais ils savent que, quand l’incompétence et l’échec sont patents, le pouvoir a besoin de bouc émissaire pour maquiller ses défaillances.


Il faut reprendre le constat de Patrick Chamoiseau : « de vieilles ombres sont de retour et nous regardent sans trembler ». Ces ombres nous rappellent les années 1934 - 1935.



C’est ce que nous sommes en train de revivre dans notre pays, car l’idée de démanteler les campements de Rroms n’est pas une tocade présidentielle qui daterait du discours de Grenoble. Non, déjà une circulaire du ministère de l’intérieur du 24 juin ordonnait aux préfets de procéder aux évacuations. Il s’agit donc bien d’une politique délibérée qui vise une population déterminée.


Aujourd’hui, par cette politique, le pouvoir instille dans la tête des citoyens mal informés, culturellement plus fragiles, l’idée que les maux dont souffrent la société – le chômage, les violences, les angoisses face aux crises qui se superposent- sont de la faute des Tsiganes. Désigner un bouc émissaire est tellement plus pratique que de chercher des remèdes et de se remettre en question.


Et ne vous y trompez pas, de cette démarche le racisme n’est jamais absent ! On stigmatise les plus précaires, ensuite ce sera l’Arabe, le Juif, l’homosexuel, le handicapé, l’intellectuel et l’opposant politique.

La grande force du racisme est, comme le disait Hannah Arendt, sa banalité.


Le raciste n’est généralement pas un monstre, c’est un respectable père de famille qui, plein de compassion et de bonnes intentions, désire rééduquer les brebis égarées qui sont sales, méchantes, menteuses, voleuses ou bien, plus fort encore, qui sont sales, méchants, menteurs et voleurs de naissance, de père en fils, depuis des générations, irrécupérables, et qu’il faut éliminer.


Criminel est celui qui est d’une certaine ethnie, d’une certaine religion, d’une certaine philosophie.


Depuis l’été 2010, on drague dans les marécages du racisme et de la xénophobie. Les discours que nous entendons sont tous de cette veine : ils sont nauséabonds car nourris du populisme le plus bas, celui qui semble volontaire mais qui privilégie l’action à la réflexion, et qui véhicule le mépris pour la culture et la pensée.


Comment est-il possible qu’en 2010 nos dirigeants ait un tel trou de mémoire ? Comment leur rappeler que près de 700 000 tziganes furent anéantis à Auschwitz et ailleurs ?


Et qu’ils ne nous disent pas que cela n’a aucun rapport, que notre propos est exagéré, le début du chemin est le même : les gendarmes, dans la plaine de Pierrelaye ne font-ils pas, actuellement, des photos anthropométriques de Rroms comme cela se pratiquait jadis ?


C’est justement le début du chemin et c’est lui qui compte.


Même la Commission Européenne par la bouche de Mme Reding s’inquiète et dit : « Je pensais que l’Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la seconde guerre mondiale ».


Pour terminer, une triste réalité de l’inégalité de cette démocratie malade :

Quand un rom viole la loi, c’est mal, mais quand l’Etat viole la loi, c’est la France qui la viole ! Je pense au non-respect de la loi Besson, (Louis, le socialiste), je pense aussi au non-respect des lois sur la présomption d’innocence ou sur la violation du secret des sources journalistiques dont on parle actuellement. Et bien d’autres, puisque les lois doivent être respectées seulement par les faibles, quand les forts s’en affranchissent.


Nous affirmons que le pouvoir devra admettre que parmi les soi-disant bien-pensants se trouvent aussi des mal-pensants comme le sont les membres de la Ligue des Droits de l’Homme.


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Marianne a toujours été une mal-pensante


Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux