lundi 27 septembre 2010

Du terrorisme

Terrorisme. Le mot agace. Il est utilisé à tous propos. Jadis, c'était le communisme. On a changé de diable. Comme pendant la guerre 1939-1945, au cours de laquelle tout ennemi des nazis était un "terroriste", aujourd'hui tout ennemi de l'occident (comprendre : occident capitaliste, donc "démocratique"...) est un terroriste.

Il y a terrorisme quand on fait vivre autrui systématiquement sous la terreur. Car c'est un système : la politique de ceux qui veulent dominer par la violence ceux qui, sinon, ne se soumettraient pas. C'est dire si le terrorisme est une vieille histoire et s'il est encore la chose du monde la "mieux" partagée !

Il y a, en effet, des terrorismes et pas le terrorisme. Quand Charles Pasqua voulait "terroriser les terroristes" il instituait un terrorisme d'État (licite), face à un terrorisme, bien sûr venu de l'étranger (illicite). La France vit, depuis des années, sous le régime du "plan vigie pirate" et s'il en est que rassure la présence de militaires visiblement bien armés, dans nos gares, on peut aussi y voir la preuve d'un formidable échec : la menace terroriste, vague mais réelle, accompagne toute notre vie quotidienne. Autrement dit, la paix civile que connaissent nombre de pays d'Europe n'est plus qu'un espoir toujours reporté à plus tard, chez nous, en France.


Protégées ?

Mais sortons de l'hexagone (loin, entre parenthèses, d'être partout sous la menace d'Al Qaïda !). Où sont les terrorismes ? Ils sont partout, multiformes, là où la terreur est une politique. I

Quand Handicap international rappelle, à l'occasion de sa 16e campagne, que la présence encore innombrable de mines antipersonnels constitue une guerre permanente, cela signifie que nous continuons de vivre dans une terreur qu'ont voulu les États qui ont fait la guerre au Vietnam, au Cambodge, au Yémen ou ailleurs. Et tous les pays où l'on fabrique encore ces armes perverses, indétectables, mortelles, abritent le terrorisme.

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Le crime est de laisser accroire que le terrorisme, c'est les autres. George Bush avait osé prétendre que nous étions "les bons" face aux terroristes, les méchants. Cette coupure entre les anges et les diables appartient non à la réalité mais à l'idéologie qu'on nous distille mot à mot, jour après jour. En France, c'est devenu un chapitre de la doxa gouvernementale.

L'exploitation des hommes est un terrorisme qui engendre le terrorisme. Les enlèvements de personnel d'Areva au Niger sont des actes terroristes faits pour inspirer la peur en France, mais n'oublions jamais que l'exploitation de l'uranium au Niger par la France, pour la fabrication de ses armes nucléaires, est doublement terroriste parce qu'elle maintient en Afrique une présence industrielle française de type colonial avec des risques environnementaux effroyables, et parce que les bombes sont faites -c'est la doctrine même de la dissuasion !- pour terroriser, d'avance, nos ennemis potentiels.

Le terrorisme est la loi du plus fort ou de celui qui veut le devenir. Et cela jusqu'à la contradiction suprême car les fanatiques qui font de la religion leur arme totale (que ce soit, comme on le voit, en Afghanistan, en Israël ou aux USA) bénéficient des services de ces marchands d'armes qui leur offrent tous les moyens de se dresser contre les sociétés où se développent leurs propres entreprises criminelles.

Cessons donc de croire que nous ne serions pas nous-mêmes complices du terrorisme. Notre culte de la violence et, pire, notre volonté de domination ainsi que notre industrie militaire géante fabriquent du terrorisme chez nous et contre nous. Nous avons trop longtemps fermé les yeux sur le contenu de nos productions tant que nos entreprises procuraient du travail ! Le capitalisme aussi est un terrorisme, le pire peut-être à long terme.

http://www.interet-general.info/IMG/Bombe-a-Sous-Munitions-1.jpg
Bombe à sous- munitions : telle une gousse de fruits funestes...

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux