samedi 14 janvier 2017

Avec ou sans primaires. Note complémentaire (4)

Vers le scrutin présidentiel des 23 avril et 7 mai 2017

Le point au 14 janvier 2017

par Jean-Pierre Dacheux


Nous voulons, au cours des mois qui viennent, analyser l'évolution de la situation politique au cours de la campagne électorale qui s'est ouverte. Le présent texte, daté et modifiable, contredit sans doute, parfois, par les événements qui s'écoulent, servira d'outil pour effectuer cette activité politique chronologique.


Note complémentaire du 13 janvier 2017 : Le premier débat de la primaire organisé par le PS aura été de faible impact mais a entr'ouvert l'espace d'une vaste confrontation d'idées.


Le 12 janvier 2017, à 21h. (!), sur TF1, les sept concurrents de la première des trois émissions organisées avant le 22 janvier n'ont pas vraiment confronté leurs politiques. Ils veillaient à ne pas se voir accusés de briser la fragile unité de leur camp et ils sont donc restés sereins tout en avançant, cependant, quelques propositions leur servant, dès à présent, de marqueurs. Ils avaient d'abord besoin de se faire mieux connaître ou re-connaître, mais il leur faudra, dès le 15 janvier prochain, aller plus avant ! 


S'il en était autrement dès le second débat, ils courraient trois risques : ne pas mobiliser (une faible participation serait un fiasco politique), laisser le champ libre aux candidats hors primaires (Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron occupent la gauche et la droite du même champ politique qu'eux), ne pas se distinguer assez nettement les uns des autres (ce qui ne donnerait à aucun d'eux, et surtout au vainqueur, l'autorité susceptible de lui permettre de rechercher l'unité interne au PS - et externe au sein de toute la gauche -).


Qu'avons-nous donc appris que ces candidats ne pourront plus renier ? 

• Que la sortie de la Vème République est voulue par trois des concurrents principaux de Manuel Vals, (B. Hamon, V. Peillon et A. Montebourg) ; 

• que le choix du mode de scrutin proportionnel est devenu une exigence démocratique (rappelée par les mêmes, plus F. De Rugy et J-L Bennahmias) ; 
• que le bilan du quinquennat Hollande n'est assumé, avec précautions que par M. Vals et S. Pinel, et - timidement - par V. Peillon ; 
• qu'aucun n'ose pourtant, critiquer l'action du gouvernement face aux attentats terroristes, en ce qui concerne le renforcement des moyens de l'armée, de la police et des services de renseignements - y compris s'il faut recourir à des assassinats ciblés - (comme l'a révélé François Hollande lui-même !) ; 
• que la politique étrangère et les interventions en Afrique ne sont, du reste, guère contestées et nul ne s'est risqué à annoncer l'abandon par la France de la dissuasion nucléaire ;
• que le recours, au sein du Parlement, à l'article 49-3, largement utilisé par M. Vals (mais qu'il ne soutient plus !), reste soutenu par F. de Rugy, tout en demeurant critiqué par les autres candidats (car ils savent que c'est l'un de principaux points faibles du Premier ministre sortant, leur rival) ;
• qu'assurer la sécurité n'oblige pas à maintenir indéfiniment l'état d'urgence sauf pour M. Vals qui estime que c'est indispensable « tant que ce sera nécessaire »...
Quant à l'évocation de l'avenir politique de l'Europe, rien n'en a été dit encore, si ce n'est sous la forme d'un vif regret exprimé par V. Peillon qui soutient que l'avenir de la France en dépend.

B. Hamon est seul à défendre le revenu universel mais il a ouvert, par là, un large espace de débat économique qui n'est pas près de se refermer car, pour des raisons parfois contraires, l'approbation de cette préconisation est reprise par nombre d'économistes qui estiment que la croissance et le plein emploi ne peuvent plus être obtenus dans les sociétés occidentales. C'est du reste pourquoi l'écologie fait une percée dans les programmes politiques des candidats mais, de façon inattendue, bien plus dans la pensée de B. Hamon, que dans celle de J-L Bennhamias et même de F. de Rugy ! 
En résumé, on constate que la primaire, qui n'est ni celle de la gauche tout entière, ni celle du PS, bien seul, et divisé autant que diminué, ne présente qu'un seul avantage : engager des confrontations d'idées qui demeureront, longtemps après la clôture du temps électoral.

La révélation principale de ce premier débat est, enfin, que la machine à unifier puis à gagner du PS semble brisée, après la succession d'échecs électoraux déjà survenus au cours du quinquennat de François Hollande. En dépit des talents des débatteurs, cet outil politique, "le parti de gauche", pourrait bien, sauf sursaut que rien ne laisse actuellement présager, se trouver rangé pour longtemps, voire pour toujours, au fond du magasin des souvenirs historiques.

 

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux