samedi 21 janvier 2017

Avec ou sans primaires ? Note complémentaire (7)




Vers  le scrutin présidentiel des 23 avril et 7 mai 2017


Le point au 21 janvier 2017

par Jean-Pierre Dacheux

Nous voulons, au cours des mois qui viennent, analyser l'évolution de la situation politique au cours de la campagne électorale qui s'est ouverte. Chaque texte complémentaire, daté, numéroté et modifiable, s'ajoute aux précédents présentés sous le même titre ("Avec ou sans primaires"). Il est contredit, sans doute, parfois, par les événements qui s'écoulent. Fin mai 2017, nous regrouperons ces notes utiles pour effectuer cette activité politique chronologique, en un seul et même document.

Le troisième et dernier débat qui a eu lieu, le 19 janvier, à 21 heures, sur Antenne 2, n'a pas tenu toutes ses promesses. Dimanche, ceux qui iront participer à la désignation des deux « finalistes » de cette primaire « citoyenne » n'ont pas pu recueillir beaucoup plus d'informations pouvant orienter leur choix qu'au terme du précédent débat...

Des confirmations utiles, cependant, doivent être notées. On peut, en effet, observer que :
• François de Rugy a gagné en précision et... en prudence. Il s'est démarqué du PS. Il a maintenu fortement son opposition au nucléaire civil. Il n'a pas renouvelé sa diatribe anti-Mélenchon.
• Manuel Valls a adopté un ton et une attitude plus détendus qui n'ont en rien modifié son positionnement autoritaire, comme s'il était sûr d'être présent la semaine prochaine et en oubliant que, de Vincent Peillon à Benoît Hamon, il est nettement écarté par ses concurrents.
• Sylvie Pinel, unique candidate femme, n'a pas su profiter du thème de l'égalité hommes/femmes pour redresser sa position. Son radicalisme n'est guère radical. Elle n'a rien amené de nouveau.
• Jean-Luc Bennahmias a, lui aussi gagné en autonomie par rapport au PS et son rappel final de toutes ses options, le rapproche plus de Benoît Hamon que des autres socialistes en course ! Son originalité tient à sa volonté d'ouverture de Mélenchon jusqu'à... Bayrou (s'il se présente). Il ne parle plus de NKM, (il est vrai inféodée à Fillon après son intronisation dans la circonscription que convoitait Rachida Dati !).
• Arnaud Montebourg et Vincent Peillon se sont exprimés avec plus d'assurance. Leur aurait-il manqué du temps pour s'affirmer davantage ? Il n'est pas impensable que l'un d'eux bouche le passage à Manuel Valls en lui enlevant la seconde place. Tout dépendra de la participation : un nombre élevé de votants (au-dessus de deux millions) ne devrait pas être favorable à l'ex Premier ministre qui doit « assumer » le mandat calamiteux du Président sortant.
• Quant à Benoît Hamon, ses chances sont grandes d'être présent au second tour, voire de passer en tête. Sa proposition de revenu universel (déjà mis en œuvre ailleurs), lui vaut soutiens et critiques, tout à la fois. Cela pèsera sur le résultat, dimanche 22 janvier.

Les questions (non innocentes), relatives aux rapports avec Emmanuel Macron ont amené les candidats à se démarquer prudemment de ce personnage politique nouveau venu. Bien sûr les plus critiques ont été Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Il ne pouvait en être autrement, car les uns savent que Macron n'est pas à gauche et d'autres font semblant de s'interroger sur la compatibilité de son programme (quel programme ?) avec le projet de celui qui sortira vainqueur de la primaire. Ce qui se cache sous les mots, c'est, au-delà de la personne de Macron, le désaccord entre les socio-libéraux et les écolos-socialistes.

Jamais les confrontations d'idées ne sont vaines si les débatteurs sont compétents. Ce sera l'acquis de cette primaire. Maintenant nul ne sait comment va se dérouler la seconde phase, la semaine prochaine. Espérons que le dépouillement des votes sera loyal car, (on l'a déjà vu, au PS, de Gaston Deferre à Martine Aubry...) quand l'enjeu est trop grand, il arrive qu'on triche !

L'élan sera brisé ou dynamisé au vu des résultats. Ce qui se joue, c'est non seulement l'avenir d'un parti politique séculaire, c'est la motivation de tous ceux qui se réclament d'une gauche en miettes (et qui doit se reconstituer, se renommer pour se ré-identifier, si elle veut encore jouer un rôle sans rien renier du meilleur de son passé).

Enfin, reconnaissons que cette primaire ambigüe n'aura été que l'un des épisodes, peut-être éclairants (au sein d'une longue séquence politique qui ne prendra même pas fin le 7 mai 2017 - avec l'élection d'un Président -, ni le 18 juin 2017 - avec l'élection des députés -). Comme aux USA dont le Président-milliardaire, impopulaire, inculte et trop âgé entre en fonction, ce 20 janvier, nous allons au devant de l'inconnu, du danger et d'une nouveauté politique dont le monde entier, et pas seulement quelques États, va ressortir changé, transformé, non sans difficultés voire avec de grandes souffrances.

C'est, dans cet état d'esprit que nous observerons, très attentivement, des évolutions majeures auxquelles nous serons amenés à participer, en tant que citoyens acteurs et non spectateurs. Paul Valéry, en 1931, écrivait « le temps du monde fini commence ». On n'en avait pas compris le plein sens. Le monde fini n'est pas la mondialisation, c'est le monde planétaire total. Le temps du monde fini... recommence. Mais c'est avec le monde clos des nationalistes en tous genres que nous en avons fini. Telle est la clef de lecture des événements, si modestes soient-ils, auxquels nous voilà mêlés.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux