samedi 26 février 2011

Sommes-nous politiquement décérébrés ?

Le monde a plus changé, en ce début d'année 2011, que depuis 20 ans.

Nous n'avons rien vu venir. Nous n'avons rien dit de positif pouvant éclairer la compréhension des événements historiques qui surviennent. "Nous", c'est-à-dire ceux qui sont censés parler pour nous : les dirigeants de notre pays et leur chambre d'écho, les médias !

Et si nous essayions, tel Hercule Poirot, de faire fonctionner "nos petites cellules grises". Car nous avons un cerveau, et analyser la situation, même sans disposer de toutes les informations, nous est possible ! Les manifestants des places publiques, en Afrique du Nord, n'en savent pas plus que nous, mais leurs agoras, où l'on ne-fait-pas-de-politique, font la politique bien au-delà de leurs propres pays.

Afficher l'image en taille réelleRegardons, ce jour du 26 février, ce que nous ne pouvons ignorer et qui nous est distillé, goutte à goutte. Regardons, non pour satisfaire notre curiosité, mais pour comprendre afin d'agir, car il va bien falloir agir, écarter ce rideau de ce qui nous conditionne !

Les Français se sont fait laver le cerveau. Réagissons.

Dans l'ordre où tombent les nouvelles - et qui n'est pas le plus judicieux -, nous apprenons, d'abord, que le sort de Michèle Alliot-Marie est scellé : elle va quitter le gouvernement. Il a fallu non seulement que la coupe soit pleine de gaffes, de bourdes et d'erreurs tunisiennes, il a fallu, surtout, que Nicolas Sarkozy se voit entravé dans ses possibilités de jouer son rôle international, à la tête du G20. Résultat : le clan UMP est encore un peu plus affaibli ; la capacité de nuisance de MAM est énorme ; elle est humiliée... Au fait, pourquoi la presse annonce-t-elle son départ comme certain ? Qui a "fuité" ? Serait-ce l'une des dernières trouvailles de M. Guéant avant qu'Alain Juppé ne le fasse virer (car, s'il arrive au Quai d'Orsay, il ne se laissera pas dominer par un "conseiller" de l'Élysée). Première conclusion : la France a été et reste sans politique étrangère. Elle est aveugle, et salie par la solidarité "réaliste" de ses porte-parole avec les pires potentats qui tombent, l'un après l'autre, et dont on savait, par le détail, jusqu'où allaient leurs monstruosités.

Ensuite, le premier bulletin matinal annonce que cette débandade arabe nous fait bien du tort ! Le prix du baril de pétrole repasse au-dessus des 110 dollars, ce que l'on s'empresse de "répercuter" sans tarder, sur les consommateurs ! Le pétrole lybien va manquer et le désordre économique qui peut s'ensuivre va faire mal à l'occident! De là à penser qu'il ne faudrait pas que ces révolutions aillent trop loin, il n'y a qu'un pas. Chasser les tyrans, d'accord, mais à condition que cela ne nuise pas à nos "intérêts vitaux", sinon... Heureusement, l'Arabie saoudite augmente sa production. Mais, au fait, nous qui craignons tant l'intégrisme religieux, l'islamisme, les frères musulmans, les "barbus" et autres fanatiques qui fomentent le terrorisme, pourquoi ne nous en prenons-nous pas à l'État qui paie, encourage, diffuse dans le monde entier, construit, tout ce qui transforme l'Islam en en une religion violente et impitoyable : l'Arabie saoudite ! Seconde conclusion : on s'est trompé d'ennemi ! La source de l'islamisme dont on voulait se prémunir, n'était pas où l'on a cru, et les Arabes sont en train de le prouver, partout. Elle est toujours au sein du royaume d'Arabie saoudite, qui nous approvisionne en pétrole, depuis 1938, et qui est aussi éloignée de la démocratie que nous le sommes du soleil...

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La troisième nouvelle qui nous intéresse, aujourd'hui, c'est la libération, au Niger (et pas au Mali) de l'épouse d'un ingénieur d'AREVA, Françoise Larribe, 62 ans, atteinte d'un cancer et qui est retrouvée "en bonne santé", nous dit-on... Les kidnappeurs, membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique ou AQMI, sans doute contre rançon, n'ont pas voulu s'encombrer davantage d'une femme âgée et malade, dont ils ne pouvaient et savaient s'occuper. Troisième conclusion : l'exploitation de l'uranium, au Niger, dans des conditions infernales pour les populations locales, constitue, aux yeux du gouvernement français, un enjeu économique qui attire les violences politiques, ce qui nous est assez largement caché. La fin d'Al-Qaïda, là comme ailleurs, est fonction de trois facteurs : la démocratisation véritable des États africains, la rupture des liens incestueux avec l'Arabie saoudite, et l'abandon des politiques qui dressent les peuples contre l'occident : de l'Irak à la Lybie, de la péninsule arabique jusqu'à l'Afrique noire de la Françafrique... Mais sommes-nous capables de cette rupture ? Sans l'aide des peuples arabes, sans doute pas !

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Et pour finir, car chaque jour fournit, actuellement, des monceaux d'informations importantes, et nous ne pouvons en retenir que quelques unes, on doit observer le nouveau faux pas que va effectuer Nicolas Sarkozy, en ouvrant un débat sur l’Islam en France, pour ressouder une droite déboussolée. Prévu le 5 avril prochain, ce débat, annoncé par le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, fait suite à l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, au cours de laquelle il avait stigmatisé le multiculturalisme et indiqué que seuls sont bienvenus en France ceux qui acceptent de se fondre dans la communauté nationale. "Cela pose la question de l’islam et de nos compatriotes musulmans", avait-il dit... Ultime conclusion : c'est tout à fait le moment, en effet, de donner des leçons aux Musulmans de France, alors que sous les yeux de tous les peuples de la planète, des Musulmans se font tuer pour conquérir des libertés démocratiques !

Si l'on fait tout pour nous décérébrer et nous empêcher de comprendre ce qui surgit,
depuis quelques semaines, dans l'histoire de l'humanité, n'oublions pas que l'équipe finissante qui préside encore aux destinées de notre pays, est, elle-même, constituée de "drôles de citoyens" déjà partiellement décérébrés, dont un lobe du cerveau ignore l'autre, et qui semblent devenus incapables de penser autrement qu'avec des concepts obsolètes qui, l'un après l'autre, cessent d'être opérants. Nous assistons à la fin d'une époque où se seront illustrés des personnages qui ne laisseront guère de trace dans notre histoire nationale...


Il vaut mieux, en effet, écouter les Français que de leur mentir.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux