samedi 14 août 2010

Au delà des mots, l’engagement total !


En France, change-t-on de République ou plutôt la République ? L’Europe, fort heureusement, ne se limite pas à la France, toutefois, la France influence l’Europe et des milliers de "Rroms non européens" ( !) sont, par exemple, refoulés vers le Kosovo, qu’ils ont fui, et où ils ne seront pas les bienvenus ! Ce qui se passe, actuellement, en France, donc, intéresse l’Europe tout entière !

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Nous n’avons que les mots comme outils pour l’action, mais nous voici pourtant bien au-delà des mots !

Nous découvrons notre impuissance face à une politique romaphobe dont l’ampleur et la rudesse nous a surpris. On compte par dizaines les expulsions de campements de Rroms partout en France, sans oublier les Français, dits « gens du voyage », qu’on pourchasse aussi s’ils ne stationnent pas exactement là où il est prévu qu’ils s’arrêtent.

La violence des interventions policières commandées par l’État, la brutalité des discours ministériels étonnent et révoltent l’opinion internationale, au sein des organisations officielles, tant au niveau européen qu’au niveau de l’ONU.

Notre stupéfaction n’a d’égale que notre profonde tristesse. Nous sommes également traversés par une vague de colère qui nous meurtris, mais point tant que les « Roms et gens du voyage », qui sont, eux, traités comme des choses ou des délinquants a priori !

Qu’un État, le nôtre, ose jeter des familles à la rue sans aucune considération pour ce qu’elles vont devenir, ne peut qu’avoir une explication : susciter ou réveiller la haine à l’encontre des « nomades » comme l’on disait jadis, pour tenter de déclencher des réflexes sécuritaires pouvant permettre de regagner une confiance perdue, après l’effondrement des sondages de popularité.

En faisant un contre-feu médiatique, on joue avec ce feu ! On risque, comme on l’a vu en Italie, de réanimer le nationalisme le plus fou et et d’aller vers des pogroms meurtriers.

Il est sidérant que les fonctionnaires de police et les administrations préfectorales obéissent, sans la moindre hésitation, à des ordres racistes. Car racisme il y a ! Quand une catégorie de population est désignée à l’opprobre et à la vindicte populaires, que ce soit la nature ou la culture des intéressés qu’on évoque, on sombre, alors, dans le racisme !

La France dont parle Nicolas Sarkozy et ses partisans aux ordres a cessé d’être la France, celle qu’on aime. Les élus qui s’inclinent devant cette discrimination brutale, bien volontiers à l’UMP, ou sournoisement, comme nombre d’élus dits de gauche, qui laissent hurler les loups, ont rompu avec la France des Droits de l’homme.

Les Rroms seraient-ils tous en situation irrégulière, les « gens du voyage » seraient-ils tous répréhensibles, -ce qui n’est bien évidemment pas le cas !-, que la France devrait assumer ses responsabilités vis à vis d’une population mise à part, et ne pouvant y compris pas bénéficier des lois et réglements la concernant, qu’il s’agisse de la loi Besson ou des recommandations nombreuses et claires de l’Union européenne.

La Justice passe après la force. Les premiers à subir les mesures les plus rigoureuses, voire les plus brutales, sont au nombre des plus pauvres des humains, et ceux qui leur manifestent de la solidarité sont, à leur tour, considérés comme des délinquants ! Cela ne saurait durer sans que de vifs conflits se développent !

La mauvaise foi et la malveillance nourrissent, à l’évidence, une politique pernicieuse qui aggrave une situation qui n’était déjà pas positive.

Que faire ? Désobéir, bien sûr ! Ne pas respecter des directives inhumaines. Se rapprocher des familles. Leur dire notre solidarité. Rencontrer nos compatriotes français pour leur exprimer notre reconnaissance du droit à vivre, s’ils le veulent, en habitat mobile. Se porter aux côtés des étrangers, roumains ou bulgares, pour leur réaffirmer que nous acceptons leur présence en France, terre d’Europe.

Nous ne sommes ni laxistes ni naïfs. Nous savons que toute population contient des éléments criminels mais nous savons aussi que les généralisations, au lieu de faire reculer la criminalité, l’exacerbe. La répression, seule, conduit toujours à l’échec.

Une longue lutte pour la dignité s’engage. Le gouvernement actuel en sortira vaincu ou conduira notre pays vers une zone trouble qui est de celles dans lesquelles s’engouffrent et périssent les démocraties. En nous solidarisant étroitement avec les Rroms, nous savons qu’une fois encore ce sont les parias qui nous ouvrent les yeux. Nous resterons lucides et inflexibles. Les Rroms et autres Manouches, quel que soit le nom qu’on leur donne, qu’ils soient Français ou étrangers, sont nos compatriotes européens. Les menacer, c’est nous menacer. Nous ne laisserons pas faire ceux qui salissent la France sans résister.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux