mercredi 21 juin 2017

Et maintenant ?


Après les présidentielles et les législatives, indissociables hélas, ...

tirer, sans tarder, tous les enseignements

Le point au 20 juin 2017. 
Note I .
par Jean-Pierre Dacheux


Les résultats sont tombés mais les lire, comprendre et interpréter ne peut s'effectuer d'un jour sur l'autre. Il nous faudra encore quelques notes pour les analyser et en tirer des enseignements.

Et maintenant ?


Quelles questions majeures sont posées au lendemain du second tour ? Si l'on cherche à ordonner les résultats définitifs qui ont été communiqués par les médias dès hier soir, il apparaît aussitôt que les priorités s'établissent ainsi :

1 - Le record absolu des abstentions au cours du second tour des législatives, atteignant les 57% et les dépassant en maintes régions, fait considérer l'ensemble de l'épisode électoral de façon nouvelle.
À cet éloignement des urnes, inconnu depuis le début de la Ve République, sont venus s'ajouter, de nouveau, comme au second tour des présidentielles, les votes blancs et nuls d'électeurs ne voulant pas choisir.
Selon les calculs du ministère de l'intérieur 1 990 655 votants ont déposé un bulletin déclaré non valide (!) dans l’urne, dimanche 18 juin, (1 397 496 pour le vote blanc, 593 159 pour le vote nul). C’est quatre fois plus qu’au premier tour. L’ensemble concerne 9,87% des votants. Abstentions (57,36%), plus bulletins blancs (2,95%), plus bulletins nuls (1,25%) pèsent ensemble : 61,56%. Les suffrages exprimés par les votants ne représentent que 38,44% des inscrits ! Cela n'émeut guère les gagnants qui « déplorent » mais se contentent de ce trop peu... Pas nous ! Nous y reviendrons donc pour une bien plus longue réflexion.

2 - La seconde caractéristique de ces élections rapprochées et hors normes est constituée par le remplacement-renouvellement du personnel politique. On aura, à ce propos, évoqué le « dégagisme », mais ce fut, en fait, une élimination.
Pareil bouleversement ne s'improvise pas. Nul besoin d'être « complotiste » pour former l'hypothèse qu'un pareil coup de force a été préparé avec soin et méthode. Les informations manquent au simple citoyen pour comprendre qui était derrière ce véritable coup d'État légal. Bien des élus, souvent très informés, n'ont pas davantage vu venir, pour eux-mêmes, ce qui les attendait. Ce qui s'est conclu le 18 au soir et dont nous avons aussitôt été informés n'a pas tout révélé. Il faut se donner, là encore, un peu de recul pour saisir comment cette opération politique fut possible et pourquoi l'effet de surprise a joué. Nous y consacrerons une note entière, le moment venu.

3 – La rupture au sein du PS, les ralliements à Macron, les trahisons, représentent, d'un quinquennat à l'autre, le passage d'un parti de la gauche à la droite et expliquent sa mort en tant que « socialiste ».
Très vite, les ralliés, ( de Collomb à Le Foll, de Valls à Cambadélis ) vont tenter de récupérer l'outil pour le mettre au service de leur nouveau chef. Cet affrontement nous concerne tous. La bascule de l'anticapitalisme à la Jaurès au néo-libéralisme à la Hollande n'intéresse pas que les membres ou anciens membres de ce parti historique en capilotade. La résistance de Benoît Hamon et autres « frondeurs », de Delphine Batho et autres socialistes déçus... peut peser lourd. Sans les approuver en tout, il importe de ne pas les abandonner. Voilà de quoi encore rédiger une note, dès que ce sera possible, pour examiner ce qui reste de « la gauche de gauche » et pourquoi, et comment, elle peut renaître.

4 – Le mode de scrutin sera réformé, mais à la marge ( avec « une dose de proportionnelle »). Cela n'est pas à la hauteur de la défiance surgie hors des urnes et au sein des urnes.
La lutte politique pour faire reculer le scrutin majoritaire à deux tours ne fait que commencer. La reconnaissance du vote blanc fait partie de la même lutte. Il nous faut nourrir les argumentaires de tous ceux qui veulent une véritable réforme constitutionnelle et un mode de scrutin respectueux de tous les citoyens. Il faudra

5 – Les Insoumis entrent à l'Assemblée nationale et seront assez nombreux pour constituer un groupe parlementaire.
C'est une bonne nouvelle mais c'est une « petite nouvelle ». 19 députés dont quelques brillants orateurs, c'est beaucoup mieux que rien et, surtout passer de zéro députés à une vingtaine de députés, dans le contexte actuel, c'est franchement positif. Cependant il faut examiner aussi l'ampleur de la déception, alors que Jean-Luc Mélenchon avait obtenu plus de 7 millions de voix et que le porte-parole de la France Insoumise pouvait faire monter plus haut encore le niveau de la gauche véritable. On lui a beaucoup reproché ses exigences par rapport au PS et au PCF. Les résultats du second tour des législatives ont bien montré où était l'élan ! Il sera nécessaire de déterminer, sans aigreur, où sont les responsabilités.

Voici donc au moins cinq questions à examiner car il importe de mener nos analyses jusqu'à leur terme.


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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux