mercredi 8 mars 2017

Présidentielles, quel foutoir !



Je vous l'accorde, le mot n'est pas très correct, mais trouvez en un autre … il sera encore plus trivial.

J'ai cherché quelques mots plus corrects : désordre, bric-à-brac, pagaille, bastringue, bazar, chaos, fouillis mais aucun ne s'applique vraiment à la situation politique dans laquelle se trouve notre pauvre pays.

La crise gravissime que traverse la droite française - mais aussi le socialisme - est le révélateur du déficit démocratique de notre système politique.

Une situation lamentable, inimaginable, que l'on croyait réservée aux républiques bananières. Le monde nous montre du doigt, se demandant, comme nous d'ailleurs, si nous pouvons descendre encore plus bas et comment nous allons en sortir.

Bien sûr, que les hommes y sont pour quelque chose, avec leur ego surdimensionné, leur narcissisme congénital, et leur goût immodéré du fric.

Mais, à bien y réfléchir, le système, lui-aussi, n'est pas étranger à cette situation.

Depuis 1962, quelques uns, qui ont eu par la suite les moyens de modifier le système, tout en en profitant honteusement, nous avaient mis en garde contre la présidentialisation du régime et les dérives possibles de confier le destin de la nation à un seul homme. Au contraire, des retouches constitutionnelles ont été décidées - quinquennat, modification du planning électoral - qui ont accentué la maladie chronique de la 5ème République et la déliquescence du pouvoir politique.

Pourtant, l’élection présidentielle française au suffrage universel direct est généralement défendue en raison de son caractère prétendument démocratique. Rien n'est plus faux.

La rencontre entre un homme et le peuple, nous vend-on ! C'est une duperie absolue car le locataire de l'Elysée est particulièrement éloigné du peuple. Dans la réalité, le Président est chef de TOUT : de l'État, du gouvernement, du parti majoritaire. C'est un monarque qui régit les moindres détails de la vie gouvernementale, parlementaire et partisane.

Aujourd’hui, élire le Président au suffrage universel direct n'a plus de sens - si cela en a eu un - mais cette question, rarement évoquée dans les médias, semble taboue.

Je suis convaincu que c'est cette élection qui pose problème …

Le résultat de ce système politique est le bipartisme permanent dont on ne peut pas sortir. Chacun des partis dits « de gouvernement » se partagent le pouvoir - à toi, à moi - pour faire, depuis 50 ans, à quelques détails près, la même politique.

Comme dans le sport, l'électeur se trouve face à des écuries présidentielles dans laquelle il a « droit » de choisir un champion lors d'une primaire qui semble jouée d'avance ; une sorte de télé réalité : « l'amour est dans l'élection ! » complètement artificielle. On lance des candidats, rodés à la « communication » comme on lance un produit de lessive avec la complicité de nombreux journalistes serviles et du système médiatique aux mains de la grande finance.

N'oublions surtout pas que, dans notre pays, neuf milliardaires possèdent la quasi-totalité des organes de presse,

Les électeurs, dépolitisés, ne votent plus pour un projet de société ou pour un programme mais pour un homme ; ils votent plutôt, d'ailleurs, par défaut, c'est à dire contre un autre homme : « tout, mais pas celui-là ! »

D'élections en élections, on note un désintéressement notable pour la chose publique et une augmentation de l'abstention. Elle devient un choix délibéré toutes catégories sociales confondues : pauvres, riches mais aussi diplômés et politisés. L’abstention devient un choix politique et une façon d'exprimer son avis.

De nombreux pays connaissent une désaffection pour la politique, mais la France détient le ruban bleu. La 5ème République creuset de la pratique du pouvoir personnel et d'une politique trop souvent immorale et corrompue a provoqué une fracture profonde entre le personnel politique et les Français.

Il est URGENT de rendre le pouvoir au citoyen pour redonner du sens à notre démocratie.

Le Président doit être désigné par un nouveau collège électoral. Le mode de scrutin des élections législatives doit être revu pour permettre de prendre en compte la diversité d’opinions, d’idées et d’aspirations de nos concitoyens et (re)donner le pouvoir législatif à l'Assemblée Nationale qui lui a été confisqué depuis un demi siècle.


Il faut rapidement sortir du carcan de la 5ème République.

Jean-Claude VITRAN et Jean-Pierre DACHEUX

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux