jeudi 13 décembre 2012

La misère nous déshumanise tous


De la pauvreté à la misère ?

Il en est encore pour déplorer qu'on gâche les crédits de l'État pour améliorer le sort des plus pauvres de nos concitoyens ! Ces monstres froids, qu'on retrouve à l'UMP et au Front National, sont d'un autre monde, ou plutôt, et contradictoirement, il font partie du "monde-bien-réel-qui-se-veut-à-côté-des-réalités" !


La Conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale des 10 et 11 décembre 2012 n'a guère amélioré le sort des plus pauvres (« la crise, la crise, la crise »... limiterait nos possibilités d'agir). Cependant un constat a bien été fait :



« En 2010, le nombre des situations de pauvreté a augmenté et s’est diversifié. La pauvreté a changé de visage : le pauvre est plus souvent une mère élevant seule ses enfants, un couple quinquagénaire sans travail, un étranger qui attend la normalisation de sa situation de résidence, ou un habitant d’une zone urbaine sensible. En 2010, les inégalités se sont creusées, éloignant davantage encore dans l’échelle des revenus disponibles, les 10% des Français les plus modestes, des 10% des Français les plus aisés. Pour la première fois depuis 2004, en effet, le niveau de vie médian a diminué. En 2010, les Français les plus modestes ne recourent pas suffisamment aux dispositifs auxquels ils ont droit. Ce phénomène du non recours se traduit par une intensification des situations d’exclusion. Les personnes pouvant théoriquement être rattrapées par la solidarité sortent du ciblage de dispositifs nationaux trop souvent désincarnés pour assurer une prévention, une prise en charge et un accompagnement vers l’autonomie efficaces ».



« Selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (Insee), la moitié de la population française- dispose d’un niveau de vie inférieur à 19 270 euros annuels (1), soit une diminution en euros constants de 0,5 % par rapport à 2009. Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 964 euros mensuels en 2010. La pauvreté monétaire relative continue d’augmenter en 2010 et retrouve son niveau de 1997. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1 % de la population contre 13,5 % en 2009 ». (2)


Cruelle partout, la pauvreté est relative selon le pays où l'on vit. Tel est riche, ici, avec 500 euros par mois, mais ne paierait même pas son loyer, ailleurs, avec la même somme ! Au moment où, en France, les pouvoirs publics se préoccupent de la lutte contre la pauvreté, il convient de rappeler, peut-être, que la pauvreté n'est pas une tare et encore moins une fatalité. Elle est le produit des inégalités et la conséquence du refus du partage. On sait cela depuis des siècles !


La pauvreté déshumanise quand elle devient misère. "Misérable" a longtemps été une injure adressée à quelqu'un qui se comporte de façon indigne. Hugo n'y voyait que ceux qui subissent la misère. La distance entre la pauvreté (l'insuffisance de moyens) et la misère (l'absence de moyens) a la profondeur d'un abîme. On peut réussir sa vie dans la pauvreté ; c'est impossible dans la misère.



Vivre sobrement est-ce vivre pauvrement ? Oui et non ! La sobriété n'est pas une insuffisance de moyens mais une limitation volontaire des moyens  par souci de mieux vivre. Étonnante affirmation que celle de celui qui choisit la sobriété pour mieux vivre; mais il s'agit d'un mieux vivre individuel et collectif. Vivre de peu, si l'on est nombreux, rend la vie possible à tous. Vivre tous simplement pour que simplement tous les hommes vivent est un choix de société que préconisait Gandhi et qui n'a rien d'impossible sauf si les nantis ont le pouvoir de l'interdire.


(1) À très peu près 1600 euros par mois .
(2) - http://www.onpes.gouv.fr/ (rapport-pauvrete_gouvernement-decembre2012.pdf )


Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux