dimanche 20 mars 2011

Nucléaire : pousser l'argumentation jusqu'au bout !



Nous publions, ici, un avis que nous ne partageons pas entièrement. Il a le mérite de baliser les questions auxquelles nous ne pourrons plus refuser de répondre. Nous estimons non seulement que le risque est inévitable, que les centrales coûtent si cher que le prix réel de l'électricité n'est pas ce qu'on nous dit, que des écologistes craignent plus le CO2 que l'atome, que l'indépendance énergétique ne dépend pas du nucléaire et que le terrorisme n'est pas le seul risque majeur encore à craindre ! Nous estimons que le nucléaire, militaire autant que civil, liés, sans retour, en cas de dispersion de la radioactivité, doit, année après année, être abandonné, en commençant dès à présent.

Explosions, radiations, évacuations. La catastrophe de la centrale de Fukushima a relancé, dans le monde, le débat sur l'énergie d'origine nucléaire : son utilité, ses risques, son avenir. Comme toujours, dans des débats passionnés, l'irrationnel domine chez les adversaires et partisans du nucléaire et, face à des peurs latentes, dans l'inconscient collectif dès que les mots d'atome, de radiation etde réaction nucléaire sont prononcés.

Dans le Washington Post, Michael Levi, directeur du programme sur la sécurité énergétique et le changement climatique du Conseil des relations internationales (Council on Foreign Relations), redresse les 5 mythes qui, selon lui, entourent l'énergie nucléaire.



1. Le principal problème avec l'énergie nucléaire est la sécurité
La sécurité est certainement une question critique du nucléaire, mais depuis de nombreuses années la principale question autour de cette source d'énergie est son coût. Pas seulement le coût de production de l'électricité, une fois la centrale construite, mais - en France on l'oublie souvent - le coût de l'investissement pour construire la centrale, l’entretenir, la protéger, recycler les déchets et la démanteler un jour.
«Aujourd'huil'électricité nucléaire est plus coûteuse que celle provenant du charbon et du gaz, principalement parce que les centrales sont extrêmement chères à fabriquer. Une étude du MIT de 2009 chiffrait à au moins 30% de plus le coût del'énergie nucléaire», explique Michael Levi.

2. Les centrales nucléaires sont des cibles faciles pour les terroristes
Il est facile de se faire peur avec un scénario d'attaque terroriste contre une centrale nucléaire. Après le 11 septembre, les hypothèses les plus invraisemblables ont été avancées. Le risque existe. L'expert nucléaire Matthew Bunn, de l'Université de Harvard, a montré comment une attaque bien organisée pourrait créer une situation comparable à celle de Fukushima avec de multiples défaillances des systèmes de sécurité. Mais il est, en fait, très difficile de s'attaquer à une centrale. On ne brise pas facilement des enceintes de confinement même avec des explosifs et on ne pénètre pas comme cela dans un centre de contrôle qui lui même possède de nombreuses sécurités automatiques.
Les plus vulnérables sont sans doute les piscines où sont entreposées les barres de combustible usagées.

3. La droite est pour le nucléaire et la gauche contre
La droite est clairement (en France comme aux Etats-Unis) favorable à l'énergie nucléaire,gage d'indépendance énergétique. Mais à gauche, c'est plus compliqué. Les écologistes, qui se sont construits, dans les années 1970, dans l'opposition au nucléaire sont confrontés à des positions très différentes, même parmi les défenseurs del'environnement. Avant Fukushima, certains d'entre eux estimaient que le nucléaire était peut-être la seule solution pour réduire ou mieux contrôler les émissions de gaz à effet de serre.

4. Le nucléaire est la clé de l'indépendance énergétique
Quand les gens parlent d'indépendance énergétique, ils évoquent notamment le pétrole que nous importons. Quand ils parlent de nucléaire, ils parlent d'électricité. Plus de nucléaire ne signifie pas forcément et en l'occurrence quasiment pas, moins de pétrole importé.
Tant que les automobiles, les camions et les avions ne fonctionneront pas à l'énergie électrique, et ce n'est certainement pas dans un futur proche, nucléaire ne peut pas rimer avec indépendance énergétique.

5. Les progrès technologiques peuvent rendre le nucléaire sans risque
La technologie peut augmenter et augmente la sécurité. Les réacteurs de Fukushima sont d'une technologie assez ancienne. Les réacteurs de nouvelles générations seront refroidis de façon passive ce qui signifie que, même en cas de panne de leursystème de refroidissement, une fusion du cœur sera impossible.
Pour autant, des vulnérabilités liées à une succession d'événements imprévus ou mal contrôlés existeront toujours. Toutes les formes d'énergie comportent des risques pour les hommes et pour l'environnement: les barrages se brisent, les plateformes pétrolières explosent, les mines s'effondrent…


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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux