mardi 29 novembre 2016

Où va aller la France, à présent ? Elle ira là où nous la conduirons !


« La messe est dite » : 66,5% pour Fillon, 33,5% pour Juppé. (2/3 / 1/3) !
Si rien ne bougeait, d'ici mai, nous aurions donc le choix entre la droite extrême et l'extrême droite !
C'est impossible : la France tout entière, en sa complexité, ne peut être enfermée dans pareille alternative.
Tous les citoyens sont, à présent, au pied du mur : ou subir ou réagir, ou se soumettre ou s'engager.
Car il ne s'agit pas seulement de s'opposer, le moment est venu de proposer.
Une opposition formelle est stérile mais pas la proposition citoyenne d'où peuvent naître de justes conflits.
Dire « non », c'est prendre le risque de se voir condamné comme ennemi de la démocratie. Osons quand même !

Nous avons connu des présidents de droite après De Gaulle, le fondateur monarchiste de la 5ème République.
Pompidou, Giscard d'Estaing, Chirac et même Sarkozy ont représenté la droite classique.
Mais François Fillon est porté par d'autres forces qui sont traditionalistes et réactionnaires, sans complexes.
Pire : suivent ce nouveau gourou des revanchards, des nationalistes, des cyniques et des négationnistes.
Comment, en effet, qualifier autrement ceux qui, les yeux fermés, ne veulent ni partage, ni cosmopolitisme ?
Comment ne pas se dresser contre ceux qui restent obscurs quand il s'agit de l'essentiel : l'écologie ou l'Europe ?
Comment ne pas repousser ces politiques de nantis qui en veulent « toujours plus », et d'abord pour eux-mêmes ?

Les électeurs de la droite (moins ceux du centre), en appellent à un ordre de fer auquel nul ne pourrait résister.
Ils entendent mater la glèbe, ce peuple (au sens politique du terme) qui n'a cessé de faire l'histoire.
Si nous ne résistions pas aux idéologues médiatisés, nous serions vite considérés comme des utopistes dangereux.
Comme en Turquie, où celui qui n'approuve pas le pouvoir en place devient suspect et passe pour terroriste.
Comme en Russie, aux USA, en Hongrie, en Pologne..., les nationalistes nous injurierons et nous menacerons.
Quant à François Fillon, il deviendra, s'il l'emporte en 2017, ce qu'il a voulu devenir : un chef d'État implacable.
Il n'a pas fait mystère, si on l'écoutait bien, qu'il serait dur aux pauvres et bon serviteur de sa classe.

Oui, tout est à craindre, non du seul fait de la pensée d'un homme, mais à cause de son programme dévoilé.
Car ce programme, annoncé, assumé, non dissimulé, satisfait déjà ceux qui veulent élargir encore le fossé social.
Ce sont les vieux rassis, ou des jeunes tôt rancis qui se réjouissent de ce possible retournement historique.
La « fachosphère » et les « cathos antipapistes » ont engagé, non sans vergogne, une nouvelle guerre « sainte ».
4 381 298 votants ne suffisent certes pas à faire la décision mais c'est bien une menace qui est apparue.
2017 sera-t-elle l'année cauchemardesque où nous perdrions presque toutes nos espérances dans un pays fracturé ?
Et, par dessus tout, allons-nous laisser penser la France comme un pays « hors sol », replié sur lui-même ?

Si nous en sommes là, en cette fin de novembre 2016, en plein automne, tout n'est pas « la-faute-à-Fillon » !
Le PS a voulu le beurre et l'argent du beurre ( le soutien du capital et le pouvoir d'État). Il a perdu.
S'il persiste et signe, c'en est fait de lui et de « l'ex-gauche », mais qui seront les principales victimes ?
Les électeurs âgés auraient dû comprendre que ces victimes seront constituées par leur propre descendance.
Dans les années qui viennent, des événements tragiques sont possibles et certains s'annoncent déjà.
Le nucléaire civil et militaire n'est plus gérable ; la biodiversité s'effondre ; le climat se dérègle ; l'eau est souillée. Nos pollutions s'étalent en mer, sous terre et même dans le ciel infini. Tout le vivant souffre.

La radicalité nécessaire n'est pas dans la rupture avec le social mais dans la rupture avec l'excès.
La radicalisation ne concerne pas que certains enfants désespérés et perdus des milieux populaires !
D'autres esprits faibles, nourris par des discours pseudo-religieux, sont armés pour la violence en mots et en actes.
La guerre et l'assassinat politiques sont les fruits vénéneux de l'injustice étalée, mondialisée, voulue.
Fidel Castro, qui vient de mourir, héros et bourreau tout à la fois, ne fut-il pas un terroriste antiterroriste ?
De Cuba et des USA qui a le plus nuit à l'autre et au monde entier ?
Nous avons besoin d'autres repères que ceux que plantent les Trump, Poutine, Erdogan et tant d'autres...

C'est dans ce contexte et durant le temps qui nous reste à vivre que nous devons agir de toute urgence.
« Écrasons l'infâme » eut dit Voltaire, et l'infâme, c'est l'intolérance, l'obscurantisme et l'argent-roi.
Qui a la moindre culture sait que la domination du capital, depuis toujours, n'a cessé de ruiner la paix.
« L'avénement » éventuel de François Fillon peut engendrer de multiples conflits inutiles.
Mais mieux vaudrait encore des conflits inutiles que la soumission de tous à un pouvoir exercé par ordonnances.
Avec 2017, s'ouvre notre va-tout : jouons cet avenir qui dépasse notre propre sort.
Rien n'est inéluctable. Ne nous laissons pas déposséder du meilleur et créons du neuf. Croyons en nous-mêmes.

JPDacheux - 28.11.16

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux