mercredi 30 novembre 2016

Etats-Unis - Une élection lourde de conséquences dont on peut douter de la légitimité.


Le 19 décembre 2016, Donald Trump sera élu Président des États-Unis d'Amérique par le Congrès réunissant 538 Grands Électeurs (c'est-à-dire : les 100 Sénateurs et les 438 Représentants élus dans les 50 États).

Le vote des Grands Électeurs est libre mais, sauf incident improbable, Donald Trump obtiendra 290 suffrages républicains contre 232 suffrages démocrates pour Hillary Clinton.

La candidate du Parti Démocrate a pourtant obtenu 2 014 621 voix de plus que son concurrent vainqueur ! Cinq  fois dans l'histoire des USA le vote des  États a inversé et renversé le vote populaire, trois fois au XIXème siècle et aussi deux fois au XXIème siècle, (en l'an 2000 et donc en 2016).

Jamais l'écart entre les candidats n'avait atteint une telle ampleur. C'est quatre fois plus que l'écart entre Al Gore et George W. Bush ! C'est historique.

Les demandes de recomptage des bulletins de vote, dans le Wisconsin (10 Grands Électeurs), la Pennsylvanie (20 Grands Électeurs) et le Michigan (16 Grands Électeurs), ont très peu de chances d'aboutir, en dépit du faible écart de voix entre les deux protagonistes, dans ces trois États.

Les deux seuls petits États (le Maine, - 4 Grands électeurs - et le Nebraska – 5 Grands électeurs), où la répartition des Grands électeurs s'effectuait, traditionnellement, à la proportionnelle, et non selon la méthode générale qui voit le vainqueur tout rafler, n'ont pas joué leur rôle d'exemplarité. Dans le Maine, la proportionnelle a bien été utilisée (3 Grands électeurs pour les démocrates - 47,8% des suffrages exprimés - et 1 pour les Républicains - 45, 1% des suffrages exprimés, mais pas dans le Nebraska où la majorité absolue ayant été atteinte par Trump - 59,9% -, les 5 sièges de Grands électeurs lui sont tous revenus.

Il faut tirer les enseignements de cette élection hors normes, maintenant que nous en connaissons les détails. On a vu les effets internationaux des mandatures Bush. Impossible de détourner les yeux en prétendant que ce qui se passe aux USA ne nous regarde pas. Les quatre années à venir (et peut-être les huit !) auront des conséquences imprévisibles et très dangereuses pour la planète tout entière.

La démocratie a touché le fond du ridicule et elle s'est déconsidérée dans l'un des pays qui l'avait promue, conçue et mise en place en occident. Au regard de
notre histoire, ni Hillary Clinton ni Donald Trump ne méritaient d'exercer les fonctions de chef de la plus grande puissance terrestre.

Abraham Lincoln (1809-1865), qui mit fin à l'esclavage, qui lança la formule devenue célèbre « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », qui maintint l'unité de son pays mais qui fut assassiné avant la fin de son second mandat est, à présent, trahi, fort éloigné, et dans le temps et dans les idées, de ces USA incultes et cyniques qui, après Obama, digne, brillant, mais impuissant, nous révèlent, brutalement, une volonté d'hégémonie, d'omnipotence et de domination qui fait peur.

Partout le mauvais exemple est donné. Le pouvoir personnel et le pouvoir de l'argent triomphent. La présidentialisation des sociétés est un retour à la monarchie bien plus absolue que constitutionnelle. Ce monde pervers qui n'est pas le nôtre s'impose à nous cependant. Alors ?

Il va nous falloir entrer en résistance « pour de vrai ».
Mais y sommes-nous prêts ?

JP Dacheux - 30.11.16

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

N'hésitez pas à formuler un commentaire.
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux