jeudi 2 mai 2013

Une petite discrimination quotidienne !


La lettre que nous reproduisons ci-dessous a particulièrement attiré notre attention et a provoqué notre indignation.
Elle a confirmé, ce que nous dénonçons journellement, qu'en ce qui concerne l'égalité des Français, certaines conditions « acceptables » doivent être réunies. Le nom en est un exemple.


 SPECTACLE HUMOURISTCHIQUE
écrit par Souâd Belhaddad



J’ai reçu un courrier du Régime social des indépendants (RSI) qui d’emblée me demande la photocopie de ma carte de séjour, sans autre préambule et sur le seul critère, j’imagine, de mon nom.

Comme je ne dois pas être la seule personne recevant ce « courrier type » et à me demander quand je pourrai un jour oublier que mes prénom et nom ne sonnent pas assez « locaux », je me suis dit qu’il serait utile de rendre publique la réponse que j’ai envoyée. Juste pour ne pas laisser passer.

Pas de mort d’homme, pas de tragédie, juste une petite vigilance à maintenir.

La voici :
« Madame,
Le courrier du 4 avril 2013 que vous m’adressez, intitulé “Demande de renseignements”, me semble, je crains, relever d’une certaine discrimination au nom.
Dès les premières lignes, vous me demandez d’emblée de vous fournir un titre de séjour. Sur quelle base posez-vous ce postulat ? En fonction de quel critère s’opère la répartition de vos “courriers types” ?
Car ce courrier pique ma curiosité : je doute, en effet, que le texte de ce courrier aurait été identiquement formulé à un(e) affilié(e) qui, par exemple, s’appellerait, disons Ayrault (imaginons Jean-Marc de son prénom), ou bien Canfin (imaginons le prénom de Pascal), ou Touraine (Marisol, autre exemple)...
Peut-être auriez-vous eu quelques hésitations pour un(e) nommé(e) Carlotti ou bien Bertinotti ? Ou encore un(e) nommé(e) Valls, au prénom sans doute incertain pour vos critères ?
Je crains qu’en revanche certains affiliés reçoivent le même courrier que celui que j’ai eu la stupéfaction de lire, si par exemple, ils/elles portent le nom de Arif (disons comme prénom Kader) ou bien le nom de Belkacem (à moins qu’il ne soit accolé à un autre, comme Vallaud par exemple et que votre logiciel opte alors pour un autre “ texte type ”…) ?
Enfin, resterait peut-être comme dilemme, pour vos envois types, des noms tels que Benguigui (prénom Yamina) ou Israel (Moshe) ? Carte de séjour demandée ? Actes de naissances ? Autres signes distinctifs ?
J’ose espérer, chère Madame, que vous n’ignorez pas que dans notre pays, se comptent aujourd’hui par milliers les Français(e)s, né(e)s sur le sol hexagonal avec la nationalité française, de parents français ou non, même si leur nom n’est pas considéré, à vos oreilles, comme celui de compatriotes.
Journaliste, et spécialisée sur les questions de discrimination et en faveur du vivre-ensemble, j’ai été frappée qu’un organisme utilise une telle approche discriminante auprès de ses affiliés. Enfin, de certains de ses affiliés.
La simple question “êtes-vous de nationalité française ?” aurait évité toute ambiguïté, tout préjugé et malaise. Votre courrier distingue explicitement plusieurs catégories de Français, selon leur nom et/ou lieu de naissance – des critères qui, en plus d’être illégaux, ne sont pas à l’image des principes de notre République. »

Souâd Belhaddad | Journaliste - Depuis le site Rue 89


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux