dimanche 17 avril 2011

La coupe est pleine.

Aujourd'hui, de quelque côté que l'on se tourne, l'horizon est bouché et l’avenir désespérant !

Nous avons la désagréable impression d'être dans une nasse ou plutôt dans un tonneau de mélasse.



Quoi qu'on fasse, de quelque côté que l'on se tourne, elle nous colle à la peau et l'on ne peut s'en séparer.

Comme le pouvoir a besoin de petites mains, bien disponibles et serviles, il nous maintient, tout de même, la bouche et le nez hors de cette mélasse pour nous laisser respirer ; il s'en faut pourtant de peu que nous étouffions définitivement et beaucoup d'entre nous n'y survivent pas.

- 3 millions de personnes descendent dans la rue pour maintenir la retraite à 60 ans : le pouvoir s’en moque !

- Une commission parlementaire, rassemblant majorité et opposition, propose de réglementer les fichiers de police : le pouvoir s'en moque !

- Pour sanctionner le pouvoir politique, de nombreux électeurs s'abstiennent lors des élections : le pouvoir s'en moque !

De toute façon le pouvoir se moque de ce que pense le peuple...


Nous pourrions multiplier ainsi les exemples. La cinquième république et sa constitution monarchique ont déconnecté le pouvoir et le peuple et Nicolas Sarkozy a porté à son paroxysme ce dysfonctionnement de notre démocratie.
Une question importante se pose donc, aujourd’hui : peut-on encore qualifier de démocratie un pays où l'exécutif, devenu minoritaire, ne tient aucun compte du résultat des urnes et des désirs des citoyens ?

La cinquième république sarkozienne, instrument du capitalisme néolibéral, montre ses limites, elle n’est que populisme, démagogie, mensonge. C’est une oligarchie de voyous prêts à tout pour se maintenir au pouvoir et prenant en otage le reste de la France.



On nous rabâche, bien entendu, qu'il n’y a pas d’alternative, selon le fameux syndrome TINA, cher aux néolibéraux anglo-saxons ! Encore un mensonge, une invention du système capitaliste et de la novlangue théorisée par Orwel.


Il y a, bien sûr, des alternatives1.


Cependant, il faut se garder d’essayer de rivaliser en inventant une nouvelle théorie en « isme ».

Il faut aussi se garder d’utiliser des termes de combat, comme « victoire » ou « performance » ; il ne s’agit plus de cela, mais de la place des Hommes sur la planète et de la survie de l’Humanité.

Il faut changer de République et déconstruire, déstructurer le capitalisme.

Il ne doit son succès qu’à la multitude des petites mains qui lui apportent leur concours aveugle. Nous tous sommes les petites mains qui font fonctionner cette immense machine infernale qui ne répond aux nécessaires changements que par des alternatives infernales :

« Vous voulez augmenter les salaires ! Mais vous allez provoquer la fermetures des usines, accélérer les délocalisations et mettre des gens au chômage » ; « le système c’est comme ça, il faut bien faire avec » ; « c’est con, mais, c’est comme cela2 » et bien d’autres alternatives infernales et spécieuses que nous avons tous entendues.

Toutes ces phrases ne sont que du boniment creux digne des bateleurs de foire.

La croissance, énergie indispensable à la survie du système, est entretenue par toutes les petites mains.

Ce n’est que l’addition de la besogne journalière des petites mains, du technicien de surface au DRH du groupe coté au CAC 40, qui tient en équilibre cet ensemble bien fragile et auxquelles on fait miroiter le mirage de devenir multimilliardaires, il n’y a rien de plus fallacieux.

Au dernier classement, il y a seulement, en 2010, 1 011 milliardaires en euros dans le monde, répartis sur 55 pays. (Chiffre relativement stable : 793 en 2009 et 1 125 en 2008).

Même si ce nombre doublait, qu’il soit multiplié par 10, voire par 100, sans partage, il resterait toujours sur le bord du chemin plusieurs milliards de pauvres exploités.



Alors, résistons, organisons la désobéissance civile chaque fois que l’occasion nous en est donnée !

Écoutons Etienne de la Boétie3 et Henry-David Thoreau4, prenons exemple sur Gandhi qui, par l’action non violente, réussit à faire plier le colonialisme anglais

Déstabilisons le système, commençons à consommer moins.

Moins de croissance et le capitalisme prendra peur. Un capitalisme qui a peur est un capitalisme mort. Il n’a pas de concept, pas de théorie et il n’y a aucune solidarité dans ce monde de rapaces, royaume de l’individualisme. Le partage est la négation du capitalisme. Si le système se grippe, comme les anthropophages, c’est entre eux qu’ils se boufferont.


Pour convaincre et terminer : quelques exemples très différents de mensonges et de manipulations du système :


Nous entendons en permanence affirmer que la main d’œuvre française n’est pas compétitive : FAUX, c’est un mensonge, en effet, si la Norvège détient le plus haut niveau de productivité du travail (37,99 US$), suivie par les États-Unis (35,63 US$), les Français (35,08 US$) sont en troisième position.


Les statistiques mensuelles du chômage indiquent 2 577 000 chômeurs soit 9.6 % de la population active. : FAUX, encore un mensonge, le nombre de Français sans emploi réel avoisine les 4 800 000 soit 17.9 % de la population active, car, il convient d’ajouter 2 241 545 chômeurs à temps partiels, en préretraites, en formation, etc.


Autre manipulation fallacieuse : la volonté affirmée de re-mise au travail des 50 – 64 ans, alors que les jeunes, en début d’activité, sont plus nombreux et très pénalisés (15-24 ans : 648 000 chômeurs - 25-49 ans : 1 499 000 - 50-64 ans : 430 000). Certainement un alibi pour nous faire avaler la pilule de la retraite à 62 ans.


Une autre encore : les préparations naturelles peu préoccupantes – herbes médicinales, traitements biologiques alternatifs aux produits chimiques (remèdes de bonne femme) - font l’objet des mêmes procédures que les produits synthétiques et la législation Européenne sur l’introduction d’une herbe médicinale sur le territoire de l’Union européenne impose, à partir de 2011, son enregistrement préalable. Vive les OGM traités aux produits synthétiques. Pour satisfaire le lobbying de l’Agrochimie, dehors les purins d’orties, de consoudes, de fougères et de prêles utilisés depuis des siècles .




Nous pourrions continuer à longueur de pages à énumérer les agissements fallacieux, spécieux et tout simplement mensongers du système et de ses affidés gouvernementaux. Le pire, sans doute, étant de continuer à nous dire que le nucléaire a un avenir autre que celui de nous menacer, nous et nos descendants, que ce soit sous la forme de radiations invisibles et cancérigènes, ou sous la forme d'ogives surpuissantes, porteuses de mort !


Il est juste tant de réagir avant qu’il ne soit trop tard, alors résistons.


1 - "Le slogan TINA (There is no alternative : il n'y a pas d'alternatives) est une supercherie. L'ordre socio-économique particulier qu'on impose est le résultat de décisions humaines. Les décisions peuvent être modifiées ; les institutions peuvent être changées. Si nécessaire, elles peuvent être renversées et remplacées, comme des gens honnêtes et courageux l'ont fait tout au long de l'histoire" – Noam CHOMSKY.

2 - Philippe Pignarre – Isabelle stengers : la sorcellerie capitaliste - page 202 – Editions la Découverte/Poche

3 - Discours de la servitude volontaire – collection poche

4 - La désobéissance civile de Henry-David Thoreau et Guillaume Villeneuve – Editions Mille et une nuits


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux