lundi 29 novembre 2010

Que sont les marchés ?

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Nous n'infligerons pas ici une leçon d'économie. Cela n'est pas, d'ailleurs, de notre compétence. Nous sommes, pourtant, tenus nous poser "la question du citoyen" !

Chaque jour, sur les médias, il est annoncé ce que pensent, disent, ou veulent "les marchés" ! Mais... que sont les marchés.

Qu'est-ce que cette abstraction concrète ? Quels sont, derrière ces "marchés", ces inconnus, sans doute fort connus, qui se cachent derrière un anonymat factice ? Quels noms mettre sous cette appellation dont chacun devine qu'elle représente l'autorité des maîtres de l'économie ?

On peut, certes, sans peine, comprendre que les grands chefs d'entreprises, le MEDEF, des responsables politiques (prêts à tout pour que le pouvoir réel ne leur échappe pas) ont une place dans ces marchés qui, à la différence du marché populaire où l'on achète ses carottes, ne sont accessibles qu'aux puissants et aux riches.

Mais enfin, comment avons-nous pu faire des personnages actifs de ces nuages obcurs chargés de foudre, ces "cumulus" où s'accumule la puissance des nantis, qui interviennent dans notre vie quotidienne, sans que jamais nous sachions réellement ce qu'ils sont, ni qui ils sont ?

Devant les marchés les États tremblent. De Gaulle affirmait que l'on ne fait pas la "la politique de la France à la corbeille" (à la Bourse), mais, aujourd'hui, on la mène à la baguette ! On a même inventé, depuis quelques années, des organismes de contrôle nouveaux, cousins des marchés, à moins que ce ne soient leurs jumeaux : les agences de notation.

L'économie mondiale est devenue une grande école, avec les bons et les mauvais élèves ! Les notes sont distribuées en fonction de la capacité à enrichir les actionnaires. Là où cela se passe mal, on tape sur les doigts de celui des États qui manque à ses devoirs et ne soumet pas le peuple assez vite, ou assez fortement, à la loi non écrite de l'acceptation du partage inégal. Quand les forces du travail résistent aux marchés qui détiennent le capital, on les sanctionne, et l'État trop tolérant, irresponsable donc, est "mal noté".

"Une agence de notation est une entreprise ou une institution chargée de la notation des collectivités (États…) ou des entreprises, selon certains critères définis par une réglementation ou par les acteurs de marché", lit-on sur Wikipedia. On en dit trop ou pas assez ! Pourquoi les États se laissent-ils noter ? Quelle est l'autorité politique d'un gouvernement dont les choix sont soumis à des jugements et à des juges qui n'ont aucun compte à rendre si ce n'est le compte des profits réalisés !

La Grèce puis l'Irlande, puis le Portugal, demain l'Espagne, l'Italie ou la France (ne parlons pas de la Hongrie ou de la Roumanie, ces cancres...) ont hérité du bonnet d'âne. On se demande si la classe tout entière ne va pas devoir retourner au cours préparatoire puisque les États ne savent pas lire et ne comprennent pas qu'il faut plus de rigueur pour qu'il y ait plus de... croissance !

On se demande si la vie n'est pas devenue un cauchemar où l'évidence est qu'il faut accepter le nouvel esclavage d'un maître d'autant plus fort et brutal qu'il ne se montre pas quand il frappe.

Les restos du Cœur ouvrent aujourd'hui; ils sont déjà débordés : les marchés n'ont aucun souci de la misère. La conférence de Cancun sur le climat commence aujourd'hui; il n'en sortira sans doute rien de mieux qu'à Copenhague, car il faudrait prendre des mesures qui déplairaient aux marchés. On vote en Haïti; pour rien, car le malheur, la concussion et la violence l'emporteront, avec l'accord des marchés (car on n'a cessé de faire des affaires en Haïti, au milieu des cadavres et du choléra!). On vote en Côte d'Ivoire mais, les comptes qui s'y règlent sont ceux du néocolonialisme économique et les rivaux ne se feront aucun cadeau. Arrêtons là : ce ne sont que des images de ce jour... La réalité, plus complexe, plus générale et plus fuyante, est pire. La planète tout entière souffre et plus encore ceux qui font leur chemin de vie à sa surface.

Le manifeste d'économistes atterrés (5,50€), après le tout petit livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous (3€) nous supplient de ne pas nous laisser enfoncer dans la résignation. Ce sont d'ultimes cris d'espoir. Notre sort n'est pas, quoi qu'il y paraisse, dans les mains des marchés et de leurs valets, il est dans les nôtres.

Créons l'agence de notation du peuple souverain.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux