vendredi 18 juin 2010



Intervention d’Henri Leclerc ce matin, sur France Inter, dans le cadre du soixante-dixième anniversaire de l’appel du 18 juin 1940.


Appel
« L’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements ». C’est dans ces mots, inscrits en tête de notre Constitution, lancés au monde le 26 août 1789, que s’enracine la raison de la République. Un siècle et demi plus tard, à Paris, en 1948 les nations assemblées proclamaient que « la méconnaissance et le mépris des droits de l’Homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité ». C’est bien à la conscience qu’il faut en appeler, celle de l’humanité, celle de la nation.
Qu’en est-il dans le monde, de l’égalité en dignité de tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, du droit à la nationalité, du droit à des peuples à disposer d’eux-mêmes, du droit à un niveau de vie suffisant ?
Qu’en est-il ici des droits que nous avons proclamés depuis plus de deux siècles ? Non, nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes possibles quand des peuples entiers sont emprisonnés, fut-ce à ciel ouvert, quand des milliards d’hommes, de femmes, d’enfants crèvent de faim, de misère ou de maladie, quand des dizaines de millions de personnes déplacées errent sans rien d’autre que des pierres pour poser leur tête, que dix millions croupissent au fond des cachots. Combien, au moment où je parle, hurlent sous la torture ! Combien attendent la mort dans d’infâmes couloirs ?
Faut-il donc nous satisfaire de nous-mêmes, contempler la misère du monde en refusant de l’accueillir, rejeter aux portes de nos villes dans de véritables ghettos une jeunesse à laquelle on est incapable d’apporter l’éducation et la culture ? Faut-il se résigner au chômage, au mal logement, accepter que le rejet des différences, la répression, la restriction des libertés soit seuls donnés en réponse au mal-être social ? Faut-il que nous acceptions d’être vaincus non par la « force mécanique de l’ennemi » mais par la loi des marchés, au nom de l’inégalité qu’ils revendiquent et du droit de propriété prépondérant ? « L’espérance doit-elle disparaitre, la défaite est-elle définitive ? Non ! ».

Il nous reste un droit, naturel et imprescriptible de l’Homme : j’en appelle à « la résistance à l’oppression »



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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux