mercredi 18 mars 2009

Veillée d'armes naïve et non violente


La France est rentrée, hier, dans le commandement de l'OTAN.
En fait, elle rentre dans le rang.
Elle s'enferme dans la politique de l'occident.
Elle n'est plus que la voix de son président.
La France, dans l'OTAN, se battra donc en Afghanistan.
Dans l'OTAN, elle aurait envoyé en Irak ses combattants.


La France? Ah! non! Et surtout pas les désobéissants.
Les désobéissants sont des résistants.
Les désobéissants sont des citoyens conscients.
Désobéir n'a jamais été aussi urgent.
On ne fait pas vivre la démocratie en se soumettant.
Tout n'est pas dit seulement en votant!

http://www.drapeaurouge.fr/blog/images/d%C3%A9sob%C3%A9issance%20civile.jpg

On ouvre le débat en protestant.
Le droit au désaccord est un droit des vivants.
Le juste ne plie pas devant les puissants.
S'incliner toujours est humiliant.
Demain, dans la rue, le dira-t-elle en criant?
France, réveille toi, il est temps!

Jean-Pierre Dacheux

dimanche 8 mars 2009

8 mars 2009 : la journée de "la femme"




De quelle femme parle-t-on?


"La femme" n'existe pas. Les femmes existent. Femme n'est pas une entité! Chaque femme est une personne! Chaque femme a son histoire.

"La journée de la femme" est ambigüe! Les femmes constituant la moitié du genre humain, il n'y a pas à avoir une attention particulière pour elles! Elles font partie de l'ensemble des habitants de la planète! Considérer à part le sort des femmes, c'est faire une discrimination inacceptable, fut-elle positive. Si l'on multiplie les journées commémoratives, c'est pour faire sortir des causes de leur oubli! Comment oublier notre quotidien, notre condition humaine sexuée?

Il se trouve que les êtres humains de sexe féminin ont, le plus souvent, une vie plus dure encore que celle des êtres humains masculin! Il se trouve que, dans l'espèce humaine, les mâles font souvent souffrir les femelles. Il se trouve que les êtres humains, qui se pensent les plus forts, en sont encore à s'arroger des droits qu'aucun droit ne devrait jamais pouvoir légitimer : la moitié de l'humanité en 2009, celle des mères, des filles et des épouses est largement sous la domination des pères, des fils et des époux.

On tue, en Europe comme ailleurs, sous les coups, les femmes qui ne se soumettent pas. Ce n'est pas rare! Si "la femme est l'avenir de l'homme", l'avenir, apparemment, se dérobe...

Dans un univers où, contre toute évidence philosophique, la violence est toujours considérée comme naturelle, ceux qui en disposent ne se privent pas de s'en servir pour assurer leur pouvoir, sexuel, économique et politique.

Les Terriens se mettent en péril en s'installant dans des civilisations où les Terriennes sont de beaux objets dont on jouit! Les femmes, par leur rôle, leur action, leur approche de la vie sont indispensables à l'équilibre si précaire des sociétés.

Puissent les années qui s'ouvrent, où nous voici contraints à la solidarité, faire comprendre à l'humanité tout entière, mais prioritairement au "sexe fort", que "le beau sexe" est non seulement son égal en humanité, mais celui dont l'apport spécifique peut, actuellement, sauver la Terre.


Famine en Somalie


Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran



lundi 2 mars 2009

À votre santé!


L'excès tue... plus vite que ne se consomme et consume la vie!

La belle affaire, on le savait déjà ! La société de consommation est une économie du toujours plus, donc de l'excès. On ne veut l'avouer mais, oui, « le toujours plus détruit l'humanité ». Dans la conclusion de l'étude de l'Institut national du cancer (l'INCA), parue le 16 février 2009, on lit : « Il est conseillé de satisfaire les besoins nutritionnels par une alimentation équilibrée et diversifiée ». Quelle découverte ! N'est-il pas hypocrite de conseiller l'évidence et de mettre sur le plan moral ce qui relève de la santé publique ? Comme si, une fois de plus, chaque individu devait tout assumer et être rendu coupable de ce qu'il subit ! Pourquoi n'affirme-t-on pas, aussi, que pour se bien porter il faut bien vivre, donc échapper à la surproduction (comme au sur-travail du reste). Dans les années 1970, on parlait déjà de la vie simple (1).

Mais voilà, il n'y a plus d'évidence quand il y a addictions..., et profit ! Il est, cette fois, question du vin ! Après le tabac, l'alcool ? Va-t-on s'en prendre, à présent, « aux traditions et à la culture nationale » diront les vignerons ? Osons toutes les questions. Le whisky tue-t-il plus que l'héroïne ? Le cannabis est-il moins nocif que l'apéro ? Mais encore, l'automobile n'est-elle pas aussi une drogue puisqu'on ne peut s'en passer ? Etc.


Feuille de cannabis

Il est vrai qu'à ne pas regarder la réalité en face, on abrège non seulement la durée de nos vies mais, pire, leur qualité ! Une objection toutefois : abréger sa vie pour mieux vivre se pourrait concevoir et admettre. La réussite d'un vie n'est pas fonction de sa longueur. La liberté humaine va jusqu'au choix entre une satisfaction avec risques et la tranquillité plate..., mais la question posée, à l'occasion du débat qui s'ouvre, n'est pas celle de la liberté de disposer de soi-même; elle est de ne pas subir des conditionnements où toute liberté est abolie.

Passe de boire trois verres de vin à la suite, un jour de fête et de rencontre, mais boire plus qu'on ne veut parce qu'on n'a pas la possibilité de refuser ce que la publicité, le voisin ou le barman incitent à consommer, et bien ce n'est pas une liberté... L'éthique déborde la morale ! Il ne s'agit pas d'obéir à des codes, à des prescriptions ou aux contraintes des mœurs en cours ! Il s'agit de rester maître de sa vie, de devenir un « honnête homme », mais au sens que donnait Montaigne à cette locution !


Michel de Montaigne

Il faut bien convenir que tout se tient et que « la crise » (en fait la mutation de société) va révéler que nous vivions dans le culte d'un progrès qui n'en était pas un. Fumer sans pouvoir s'arrêter, boire bien plus en alcoolique qu'en ivrogne, aller plus vite, quels que soient les dangers qu'on court et fait courir, conduit à « se défoncer » dans les deux sens du terme : jouir au maximum et se détruire totalement. Le vrai plaisir est ailleurs. Il ne saurait être dans la dépendance ! S'en tenir à quelques plaisirs dont on veut profiter sans limites, c'est se tromper de bonheur, et cela se paie cher, très cher ( à la fois parce que ça ruine le portefeuille et parce que ça ruine la santé) !

Gardons bien, cependant, en vue que la moralisation fait glisser vers l'autoritarisme, voire la fascisation. Tout pouvoir personnel sur autrui induit la conformation des comportements. La responsabilité est ailleurs que dans la culpabilisation des citoyens ! Sans lucidité et sans pouvoir sur sa propre vie, il n'est pas de responsabilité véritable.

Il n'y a là aucun constat moral, il y a surtout un constat social : les addictions sont déclenchées, nourries, entretenues par des organisations économiques pour qui la détérioration de la santé humaine n'a aucune importance. Ce n'est certes pas en montrant du doigt les citoyens indociles aux consignes -changeantes- des sociétés dominées par l'argent-roi qu'on va mieux vivre. Ce n'est pas non plus en accumulant les interdits réglementaires qu'on mettra fin aux pratiques nocives. Inscrire sur les paquets de cigarettes: « le tabac tue » est doublement stupide : c'est inefficace et cela revient à rendre acceptable et banal le droit à vendre la mort. L'essentiel est dans la prise de conscience : ne soyons pas les marionnettes que manipulent les profiteurs.

Tant que les entreprises, les exploitations et les commerces ne pourront vivre que du mensonge, nous vivrons dans ce que le vieux Marx appelait l'aliénation. Vouloir y échapper n'est pas impossible; c'est même un objectif de civilisation. À votre santé !

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

vendredi 27 février 2009

Quand la fraternité régénérée vivifie la politique.


Régis Debray nous interpelle...

Régis Debray, philosophe incernable, nous invite à renouveler notre réflexion sur la fraternité. Invité, ce jour, sur les ondes de France-Inter, il présentait son dernier livre Le mouvement fraternité, avec clarté et conviction. L'avantage d'avoir à ramasser son propos en quelques phrases est double : on va à l'essentiel quand on a déjà travaillé sur le fond, et l'on peut renvoyer l'auditeur à une analyse personnelle, en lui faisant connaître l'existence d'un essai plus complet, récemment édité, et servant d'appui ou de référence.

J'ai immédiatement été attiré par cette volonté de redonner vie à ce vocable que Régis Debray qualifie de « fané » ! Dépasser le machisme des fraternités de combat, inclure la sororité (ou la fraternité des sœurs) dans la fraternité universelle, redynamiser le « nous », raccrocher la fraternité à la poétique telle qu'elle vient de ressurgir aux Antilles, préciser en quoi l'énergie spirituelle mobilise les peuples..., Régis Debray, qui ne dissimule pas son agnosticisme, propose, en quelque sorte, de revisiter la fraternité en tant que valeur laïque, constitutive de la République.


La fraternité, grande oubliée de la République?

Cette approche, qui n'est pas nouvelle, mais qui revient, opportunément, au devant de la scène politique, permet de préciser quelques notions qui avaient été soit oubliées, soit minorées. Ainsi, dit Régis Debray, la solidarité est-elle la fraternité moins l'imaginaire ? Ce disant, il ne dévalue pas la solidarité ! Au contraire, il rappelle que la solidarité devrait être quotidienne, banale et nécessaire en toute société humaine, vivifiée sans cesse par l'élan, la force, l'exigence de la fraternité mise en actes.

Là où il y a peuple, il y a fraternité. La nation, telle que la Révolution Française l'avait révélée, n'a pas été d'abord l'État-nation ! La nation est un peuple en marche conscient de lui-même. Son ciment, c'est la fraternité.

La fraternité suppose le dépassement de soi. Il y a, dit encore Régis Debray, une incompatibilité structurelle entre la fraternité et la quête du profit personnel. Que réapparaisse le concept de fraternité, alors que surgit l'une des plus graves dépressions économiques qu'aient connue les sociétés humaines, ne saurait étonner ! Quand une catastrophe frappe (accident, incendie, inondation, tremblement de terre) solidarité et fraternité se superposent : à l'organisation des secours s'ajoute la puissance de l'action de soutien, de l'engagement des survivants. Le sacrifice de soi-même, de ses intérêts, au profit... d'autrui, et cela au nom de ce que c'est qu'être un Homme : ainsi se manifeste alors la fraternité.

Sacrifice renvoie à sacré, mais pas à un sacré divin nécessairement ! Il est un sacré laïque. Ce qui est sacré, pour l'homme fraternel, c'est son frère, non comme enfant d'un commun Dieu-le-Père (encore que rien n'interdise de le penser), mais comme semblable, comme égal en humanité, comme alter ego. La fraternité, dit encore Régis Debray est hostile à toute tribalisation, autrement dit, tout enfermement dans des castes, des nationalismes (qui tuent la nation), des communautarismes (qui dévaluent les communautés), des replis identitaires (qui font perdre l'identité), des religions
totalisantes (qui anéantissent le questionnement religieux), des régimes politiques autoritaires, etc.

Il était temps que revienne la possibilité de penser la destinée humaine autrement que comme la réalisation et la juxtaposition de réussites individuelles, de succès obtenus dans des compétitions acharnées, de «peopleïsations » nombrilistes, bref, on attendait le retour de la personne au détriment de l'individu. S'épanouir personnellement dans un vivre ensemble où tout ne s'articule pas autour de vedettes médiatisées redevient pensable. La fraternité se réjouit du bonheur des voisins et ne le déplore pas !

Il y a peu, et l'on mesure alors à quel point de déshumanisation nous étions parvenus, parler de fraternité faisait sourire. Bien sûr, fallait-il être aimable et correct dans ses paroles et dans son apparence, de là à promouvoir la société du partage et de la coopération, il ne fallait pas rêver ! Ce qui meut le plus l'homme, c'est l'intérêt et la compétition, disait-on, et de ce dogme libéral nous ne pouvions sortir.

Nous ne sommes pas, du reste, encore sortis de cette idéologie fondant le capitalisme. Et nous n'en sortirons ni rapidement ni facilement, mais une donnée essentielle est apparue : non seulement il n'est plus insensé de déclarer qu'on en peut sortir, il est devenu évident qu'il est inéluctable qu'on doive en sortir. Car l'avenir de l'espèce humaine est en jeu...

Bref, tout change et rien ne change ! La réalité du monde se transforme plus vite que les hommes ne le peuvent concevoir, car modifier des comportements et des convictions accumulées pendant des décennies ne saurait aller de soi. Nous entendrons donc encore longtemps parler, avant tout, de croissance, d'investissement, de consommation, de produits, de relance... Fraternité, solidarité, échange, coopération, partage et - ô malheur ! - gratuité restent des mots que beaucoup voudraient voir rangés au magasin des antiquités ! Ces concepts qu'on peut admirer ne sont pas utilisables pensent les faux penseurs, ceux pour qui il n'est d'avenir que dans « l'économie de marché » (comprendre précisément : société où les marchés, et surtout ceux qui les impulsent, font et défont librement la loi).



Repenser la fraternité, c'est repenser toute la politique. C'est accepter d'envisager, de mettre des visages, sur la démocratie coopérative qui, mieux encore que la démocratie participative, fait prendre au peuple son destin en mains. Les hommes et femmes politiques, installés dans un système qu'ils n'ont pas tous conçu ni approuvé, mais dont ils constituent les pièces, les rouages, ne sont pas en situation de modifier en profondeur des régimes qui fonctionnent (mal, mais qui fonctionnent) et où ils ont un rôle à jouer. Si le peuple ne s'en mêle, si la poussée ne vient pas des citoyens (dans la rue, sur Internet ou tout autrement...), nous continuerons d'entendre d'habiles discours convenus où la fraternité en œuvres ne tiendra qu'une place restreinte.

C'est une révolution culturelle - oh là, là, quel mauvais souvenir chinois ! - qui est devenue urgente. Ce n'est nullement de la violence du Parti, du Prolétariat, de la Nation dont il pourrait être question, mais c'est de la manifestation de la volonté populaire dont aucun gouvernement ne peut, tôt ou tard, faire l'impasse. Inutile de changer de Président - encore qu'on se demande comment celui qui « dirige » la France, actuellement, pourrait encore tenir trois ans face à son impopularité sans égale - si ce n'est pas pour changer de... logiciel politique ! Si les opposants restent enfermés dans un cercle étroit de références dépassées, ils n'auront rien à offrir.

La fraternité, au sens habituel du mot, c'est-à-dire la bienveillance, est la chose du monde la moins partagée dans les milieux politiques où triomphe la loi du plus fort (en gueule, en argent ou en culot). On le constate chaque jour dans l'univers présidentialisé où le pouvoir sur autrui passe le pouvoir sur l'événement et où la haine suppure de façon de moins en moins dissimulée. On l'a constaté dans les congrès récents de plusieurs partis et notamment celui du PS à Reims ; c'est palpable dans les allées du pouvoir et les palais de la république. En fait de révolution, il en est une de première importance : dé-présidentialiser l'ensemble de la vie politique française de chaque hôtel de ville jusqu'à l'Élysée. Au sein de la représentation parlementaire, on n'y est prêt ni à droite ni, le plus souvent, à gauche.

Régis Debray donne à penser. La fraternité comme concept politique, et non comme concept humanitaire ou charitable, nous est représentée, et reprend des couleurs dans la devise républicaine. Elle rend compréhensible la réconciliation entre politique et poétique. Elle rappelle que seul le peuple est constituant. Elle prouve que l'énergie politique décisive est spirituelle et que le nombre de divisions ne suffit plus à installer la force d'un pouvoir. Osera-t-on parler d'amour en politique ? Il est des utopies qui finissent par triompher de façon inattendue.!La fraternité reprend sens.


Le drapeau de la fraternité.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

jeudi 26 février 2009

Où est le terrorisme nucléaire? En Iran ou en France?



La centrale nucléaire de Bouchehr (lire: "bouchère")

La Russie a achevé la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud de l'Iran. Selon le chef de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique, Sergueï Kirienko, la centrale est actuellement au stade de "pré-mise en service". Il s'agit d'un réacteur à eau pressurisée d'une puissance de 1 000 mégawatts. L'Iran, qui est le quatrième producteur mondial de pétrole, a pour objectif de s'équiper d'un parc nucléaire d'une capacité de 20 000 mégawatts. Lancement d'ici à fin 2009.

Le projet, confié initialement à l'Allemand Siemens, remonte à l'époque du Shah. Il est interrompu par la révolution islamique de 1979, et la guerre Irak-Iran (1980-1988). L'Allemagne ayant convaincu Siemens de se retirer, à cause des risques de prolifération nucléaire, Téhéran se tourne vers la Russie, qui reprend le contrat en janvier 1995.

L’Iran aura donc une centrale nucléaire. On en annonce 240 en plus dans le monde, selon Courrier international…


Courrier international constate que le nucléaire est "tendance". Pour combien de temps?

Questions : le lien entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire ne pouvant être dénoué, faudrait-il interdire à l’Iran ce que s’autorisent les grandes puissances de la planète ? Y aurait-il, d’un côté, occidental, les bons (les « démocraties ») et, de l’autre, oriental, les méchants (les « islamistes ») ? Ne sortirons-nous jamais de ce manichéisme à la George W. Bush : le bien est chez nous, le mal est ailleurs ! Curieuse conception du monde !

Et puis, en quoi, si c’était vrai, -nous en doutons fortement- l’indépendance énergétique procurée par le nucléaire, devrait-elle être réservée aux États ayant pignon sur rue ? L’État voyou n’est pas toujours celui qu’on dit : est-ce que le voyou n’est pas celui qui cause le plus de mal ? Est-ce, alors, hors du monde occidental qu’il faut rechercher tous les États voyous ?

L'Italie avait renoncé, en 1987, par référendum au nucléaire. Avec le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi en mai 2008, l'Italie a décidé de renouer avec l'énergie nucléaire afin d'atténuer sa dépendance envers le gaz et le pétrole. L'Italie veut à terme produire 25% de son électricité à partir du nucléaire. La Stampa titre : L’atome français a son commis voyageur! Flanqué de la directrice d'Areva, Nicolas Sarkozy vend notre technologie nucléaire, sans trop se soucier des glissements possibles du civil au militaire, et cela inquiète le monde entier. Mais qui le dit?


Un beau couple à l'énergie... nucléaire!

Le dogme du terrorisme appliqué à ceux qui usent de la violence aveugle, en oubliant la violence plus affreuse encore qui est le fait des États surarmés, n’est-il pas une manipulation politique géante de l’opinion internationale ? Madeleine Rebérioux l’avait magistralement démontré : l’usage du terme terrorisme dépend des contextes et enjeux politiques ; l’un des pires terrorismes n’est-il pas celui de ceux qui, depuis longtemps, mettent le monde en péril par l’usage inconsidéré du nucléaire civil donc militaire!

Sources :
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3216,50-1160098,0.html

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81822
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090224142342.g0vdxzz6.htm
http://www.politis.fr/Trois-vies-pour-une-femme,5627.html?var_recherche=reb%C3%A9rioux

Jean-Pierre Dacheux

lundi 23 février 2009

"La sortie du capitalisme aura lieu, de façon civilisée ou barbare".

En réponse aux problèmes sociaux et sociétaux que connaît la Guadeloupe, (Gwadloup en créole), neuf intellectuels antillais ont écrit un Manifeste pour les "produits" de haute nécessité (1). Jacques Bino, le syndicaliste assassiné, a soudé autour de lui, lors de ses obsèques, une population plus que jamais déterminée. La mobilisation populaire, animée par le LKP, (la plus importante jamais vue en Guadeloupe) et la prise de conscience qu'a exprimée le Manifeste nous amènent aux réflexions suivantes.


LKP

Pensez que le capitalisme se régénèrera est irréaliste. S’il n’est pas encore mort, il est moribond; il bouge encore, mais plus pour longtemps; que ses thuriféraires le veuillent ou non, le capitalisme est agonisant... D’aucuns pensent qu’il s’agit d’une simple phase d’adaptation, quelle imposture ! Il est plus que temps d’inventer une nouvelle façon de vivre ensemble.

Les gains frénétiques de production ont eu raison du capitalisme de production, et l’appât du gain immédiat, la chrématistique aristotélicienne ont amené les affamés du fric au capitalisme financier. L’argent est la seule marchandise que le capitalisme produit au détriment de l’investissement productif. Une industrie financière s’est constituée avec pour but de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien que de l’argent. La bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future du prix de l’immobilier, etc.

Dans cette fuite en avant imbécile, on a poussé les populations à s’endetter, à consommer leurs revenus futurs. Surendettés comme les particuliers, les États ont fini par abandonner leurs pouvoirs économiques aux puissances financières, devenues folles.

Les droits fondamentaux sont, à présent, minés par le dogme de la croissance qui renforce et accroît les différences entre riches et pauvres et creuse les inégalités.



Le capitalisme n’offre aucune perspective d’avenir, aucun espoir, sinon celui de consommer toujours plus, laissant alors l’individu toujours insatisfait et névrosé dans l’attente d’un bien-être en recul permanent. C’est l’inéluctable fuite en avant sans espoir de pause et cette fuite en avant est la deuxième impasse du capitalisme. Plus de croissance pour plus de capitalisme; son seul oxygène, c’est la croissance. Mais trop d'oxygène asphyxie aussi, brûle et tue à coup sûr....

Nous avons vécu sur le bradage du capital de la planète, sur les matières fossiles, et pas sur les revenus de ce capital qui sont eux, renouvelables. Notre mode de vie est donc incompatible avec nos possibilités environnementales à supporter toutes nos émissions polluantes. La planète ne peut supporter que tous les Terriens aient le niveau de vie des occidentaux.

Faudra-t-il éliminer la moitié de l’humanité pour que l’autre survive dans la démesure ?

Non, il faut inventer un nouveau rapport au monde qui ne mette plus en péril l’avenir de l’humanité. On ne devient pas un être humain responsable au travers de la seule recherche de biens matériels, du bling-bling, mais à travers le lien social, l’échange, la parole, la confrontation pacifique à l’autre.

Il faut, peut-être, envisager une décroissance, qui ne serait ni la récession ni le retour aux diligences, mais l'entrée dans un autre mode de vie plus modeste et plus juste qui suppose d’autres rapports sociaux.


Dorine et André Gorz jeunes. Inséparables.

"De toute manière, la sortie du capitalisme aura lieu, de façon civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra".(2) Nous voulons croire que la meilleure serait celle vers laquelle nous nous dirigerions nous-mêmes.

(1) http://http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=8399
(2) André Gorz, Ecologica, éditions Galilée, 2008.
Texte intégral à retrouver dans : http://decroissance.ch/index.php/Andr%C3%A9_Gorz

« La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d'autres rapports sociaux. En leur absence, l'effondrement ne pourrait être évité qu'à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d'une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. »

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

dimanche 22 février 2009

La Guadeloupe ou "l'effet papillon".


Cela ne peut signifier qu’une chose :

non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir,

mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes.

Aimé Césaire, "Lettre à Maurice Thorez".


La Guadeloupe est entrée en résistance. Il ne s'agit pas d'une manifestation supplémentaire de la crise, mais de la révélation d'une mutation. "La grande transformation" a surgi aux Caraïbes mais elle ne concerne pas que les Antilles françaises, ni même que la France. Elle est un refus de la marchandisation généralisée, de "la profitation"..., et ça ne fait que commencer.

Les "marmonneurs de mots", comme disait Aimé Césaire, ont cette fois frappé très fort : le manifeste des neuf intellectuels (1) ose dire en quoi la poétique rejoint la politique et pourquoi, quand la poésie poétise l'impoétisable, le monde entier tremble. Le conflit traditionnel qui oppose deux hommes, deux sociétés, deux idéologies, nous y sommes habitués et nous savons, hélas, comment ça se termine : par la victoire du plus fort. Là, il s'agit de tout autre chose, du sursaut global d'un peuple qui dit sans peur et sans haine mais non sans colère, ceci : celui qui est chez lui a droit de se préoccuper de ses propres affaires. "On n'achète pas la paix sociale avec une allocation". Il est des produits de plus haute nécessité au premier rang desquels la dignité. Se faire respecter entraine l'abandon des inégalités.

Le capitalisme est devenu une philosophie, une dictature intellectuelle, dont nul ne sait comment sortir, fondant une activité planétaire prédatrice. La maximisation de l'intérêt individuel est indigne et tue. Des toutes petites Antilles nous vient, alors, une contestation de cette idéologie, car c'en est une, et le manifeste nous parle de l'universel, de l'unité de l'humanité, de l'urgence absolue à répondre au défi écologique, de l'évidence d'un dépassement de la question raciale quand les USA eux-mêmes confient leur politique à un président "créole"...! (Glissant et Chamoiseau, dans leur tout dernier livre, en appellent aussi à Obama, évidemment dépassé par la puissance symbolique qu'il a déclenchée, pour qu'il ne fasse pas obstacle à "la mise en poétique de l'inévitable changement du monde").


Les journalistes sont très embarrassés face à ce flux d'idées neuves ultramarines : les neuf intellectuels guadeloupéens ont-ils lancé un manifeste-de-la-révolte ou un simple manifeste de soutien à la Guadeloupe, signé un manifeste-pour-les Antilles ou rédigé un texte contre-les-archaïsmes coloniaux, ou bien ce manifeste-de-neuf-intellectuels-antillais-pour-des-societes-post-capitalistes n'est-il, sobrement, que le-manifeste-des-neuf-intellectuels-antillais? Qu'importe, au fond? Le vrai titre est, je pense : "Martinique – Guadeloupe – Guyane – Réunion, manifeste pour les produits de haute nécessité". Et ce qui pèsera, c'est la "haute nécessité", car le besoin d'un changement fondamental, pour "briser un impossible", nécessite l'ouverture du champ de projection à tous les imaginaires du monde.

Pure folie? "La société, ça n'existe pas" affirmait Margaret Thatcher. Elle et ses successeurs ont été bien près de nous le faire croire. L'individuation des comportements a bouleversé les sociétés. Le retour du vivre ensemble, qui ne sera pas un retour au passé ne va pas se faire sans heurts et malheurs. Le Collectif, si nous le régénérons, ne sera pas une nouvelle et vaste secte. Un miracle poétique et politique n'est plus une utopie hors de portée. Dépasser l'enfermement dans des insularités aux horizons bouchés par la mondialisation, dépasser les Antilles et les départements d'outremer, ne pas s'enfermer dans nos métropoles, acquérir une conscience planétaire, c'est possible mais ce n'est pas acquis. Il n'est, pourtant, de plus grande urgence.

L'effet papillon, le battement d'aile qui déclenche un ouragan à l'autre bout du monde, tant tout est lié et solidaire, va-t-il se manifester sur notre planète? Sommes-nous prêts à accompagner cette formidable énergie politique. À chacun de le dire.

(1) les sources où trouver ce manifeste différemment titré :
http://www.mediapart.fr/journal/france/160209/neuf-intellectuels-antillais-lancent-un-manifeste-de-la-revolte
http://www.livreshebdo.fr/les-gens/actualites/chamoiseau-et-glissant-lancent-un-%E2%80%9Cmanifeste%E2%80%9D-de-soutien-a-la-guadeloupe/2723.aspx http://www.lexpress.fr/actualite/politique/neuf-ecrivains-signent-un-manifeste-pour-les-antilles_741518.html
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/02/16/neuf-intellectuels-antillais-contre-les-archaismes-coloniaux_1156114_823448.html
http://www.paperblog.fr/1616289/manifeste-de-neuf-intellectuels-antillais-pour-des-societes-post-capitalistes/
http://www.rue89.com/2009/02/16/le-manifeste-des-neuf-intellectuels-antillais

Jean-Pierre Dacheux