mercredi 3 décembre 2008

Relances.

On nous relance.
Dans la langue populaire, cela veut dire qu'on "en remet une couche",
qu'on nous drague. Excusez- moi, mais ça fait un peu... putassier.

Si nous ne consommions plus assez, nous tuerions l'économie.
Pas verte ou verte, il nous faut de la croissance...
Relance, croissance, ça ne rime à rien...



Toutes ces contorsions pour nous convaincre de faire ce qu'il ne faut pas faire...
On lâche, à regret, sur quelques dispositifs écologiques, mais sans logique.
On relance l'automobile, sinon, cela nous enfonce dans le chômage.

"Prime à la casse" : la belle formule!
Payer pour casser des voitures afin d' en faire acheter des neuves... polluantes!
Car, nous avoue-t-on, Peugeot et Renault ne sont pas prêts.

Prêts à construire des voitures hybrides.
Il faudra donc acheter japonais, chez Toyota.
Et puis, l'avenir est-il vraiment à la voiture hybride?

Intimider, mettre en place des réflexes de peur, empêcher les actions concertées,
ne relance guère l'intelligence, ni l'initiative des créateurs.
On relance les mécanismes cassés : la machine va donc s'arrêter.

Voici, après le plan de relance des banques,
après le plan de relance des PME, le plan de relance de l'économie!
C'est la relance des mots, la relance du capitalisme en faillite.

Inavouable : dire qu'on ne sait que faire.
Un chef sait toujours que faire.
Sarkozy, le Prince, le Sauveur, va parler de la lutte contre la grande pauvreté!

Pourvu qu'il ne trébuche pas de nouveau sur ses phrases,
en évoquant la relance de la grande pauvreté!
Inutile, d'ailleurs, c'est fait!

La relance de l'automobile et du logement, à la fois : c'est incompatible.

Une place de parking, c'est 7 mètres carrés :
on soigne mieux les voitures que les humains.

Pendant ce temps, dans le Bois de Vincennes, on se cache pour crever.
Ultime dignité ou peur des flics?
La relance de l'argument sécuritaire mène à l'inverse : l'insécurité.



Insécurité y compris pour les fous qu'on veut enfermer à jamais,

même s'ils ne sont pas fous, mais malades, dangereux donc.
Au secours Monsieur le Préfet, encloisonnez-nous ces gêneurs!

Insécurité pour les ultra-gauchistes. Ils refusent notre société.
Ils peuvent s'en prendre à nos TGV! Il faut les "surveiller et punir".
Au secours Foucault, il sont devenus fous.

Insécurité pour les fortes têtes qui n'obtempèrent pas aux juges.
patron de presse ou pas, Libération ou non, tu nous montreras ton cul,
pardon, ton trou du cul? cette vulgarité s'appelle : fouille au corps.

Voilà, sous nos yeux, la relance de l'humiliation,
Sous notre nez, la relance des mécanismes puants qui broient l'humain.
Relances... Relance du passé.

Relance de ce qu'on pensait ne plus revoir.
Crispations d'hommes de pouvoir perdant leur pouvoir.
La relance de ce qui nourrit le fascisme glisse de l'Italie vers la France.

Résistance et Changements, avec bien d'autres,
constate la résistance au changement des profiteurs
qui ne lâcheront pas facilement leur proie pour l'ombre.

La révolution consiste non à générer la violence
mais à faire le contraire de ce qu'on avait fait jusque là.
Il faut donc faire la révolution de la relance.

Pas celle que nous annonce le prestidigitateur,
la relance de la vie partagée, solidaire et dynamique,
la relance que toute jeunesse porte en elle : le neuf!


Jean-Pierre Dacheux

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux