vendredi 30 mai 2008

L'épouse et la putain



Les Droits de l’homme, parait-il, incluent les droits de la femme. Voire! Pour certains, la femme reste la propriété exclusive de celui qui y pénètre et qui a, seul, impudiquement, la clef d’accès au cœur et au cul de sa belle ! Nous voici violemment renvoyés dans le passé, quand l'adultère était puni de mort.

Qu’une décision de justice approuve les réserves d’un époux qui découvre, le soir de ses noces, que sa compagne n’est pas vierge et qui, pour cela, la répudie, n’est pas seulement révoltant, c’est inhumain, scandaleux et choquant. La loi n'a pas à s'immiscer en cet endroit!

La dame a-t-elle eu la possibilité, elle, de vérifier si son mari était puceau ou pas? Et pourquoi ce qui est interdit à un sexe serait-il autorisé à l’autre?

Monsieur considère-t-il avoir été trompé sur la marchandise? Si le mariage est un acte de consommation, il y a, en effet, rupture de contrat quand, sous l’emballage, on ne trouve pas exactement l’objet qu’on désire et dont on pense avoir fait l’acquisition. Mais qui va oser dire qu’une femme est un objet dont on peut, ainsi, jouir à sa guise ? C’est pourtant ce que sous entend le jugement du TGI de Lille admettant la rupture du mariage, une rupture juridique que ne désavoue pas, d’ailleurs, la Garde des Sceaux -qui n’est pas encore la garde des pucelages, mais ça va venir-…

Le machisme, cynique et décomplexé, obtient donc, en France, la tolérance de la Justice! La transformation du contrat de mariage en contrat d’assurance-virginité, nous renvoie donc à la barbarie. On nous objectera que nous y étions déjà bien installés et que, jour après jour, nous nous enfonçons dans un monde où il devient licite de dominer l’autre, de le transformer en client ou en esclave. Eh bien non, nous ne tolèrerons pas l'intolérable : les droits humains ne sont pas les droits de l’homme, des droits masculins, mais les droits des êtres humains.

Nous méprisons ceux qui pensent qu’il y a deux sortes de femmes : les épouses et les putains ; les premières qui doivent se conserver intactes pour leur seigneur et maître, et les secondes qui n’existent que pour satisfaire la libido des mâles, mariage ou pas. Mais pourquoi ne ferions-nous pas davantage : laisser aux femmes le soin de juger les juges qui les ont symboliquement réduites à l’état de choses. Gageons que ces personnages grossiers, et leurs approbateurs seront vite réduits au silence dont, sur ce sujet, ils auraient beaucoup mieux fait de pas sortir.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux