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dimanche 6 septembre 2009

L'uniforme est un formatage

Le vêtement (ou l'absence de vêtement) est un mode de relation à autrui qui oblige au respect, c'est-à-dire à l'acceptation de l'apparence d'un autre, sans jugement. Non seulement l'habit ne fait pas le moine, mais, parure ou protection, il est incompatible avec une codification sociale. Dis moi comment l'on t'oblige à te vêtir, je te dirai dans quelle société tu vis. En France, la démocratie n'est pas la mise de toute la vie en lois! Seul le débat et la rencontre permettent de modifier réellement les comportements vestimentaires car les raisons intimes pour lesquelles on se couvre ou découvre le corps, de telle ou telle manière, sont complexes et relèvent de mille causes! Toute uniformisation est dangereuse pour les libertés?

Nous reprenons ici un texte adopté par la Libre Pensée, non que nous nous associions à tout ce qu'affirme et demande cet organisme, mais parce qu'il donne ici des éléments pour adopter une position fondée, équilibrée, non sectaire. À chacun ensuite de se construire une conviction...

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


À l’occasion de son congrès national réuni en Savoie du 24 au 26 août 2009, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rappeler ses positions de principe quant à la laïcité institutionnelle, et au respect des libertés démocratiques fondamentales qui garantissent le respect de la vie privée des citoyennes et citoyens de ce pays.

Une campagne médiatique d’importance a débuté à la fin du mois de juin, à partir de l’initiative d’un député du PCF, rejoint par une majorité de députés de droite, pour stigmatiser le port de la burqa et du niqab en dehors de l’École publique, de l’Administration et des autres services publics. Cette démarche a été entendue et amplifiée par le Président de la République dans son discours devant le Congrès à Versailles.

Rappelons que Nicolas Sarkozy ne nous avait pas habitués à se parer des vertus de la défense de la laïcité. Bien au contraire, puisqu’il insiste depuis des années sur la « nécessaire place » des religions dans la société et la vie publique. Une mission d’information parlementaire devrait remettre un rapport sur cette question.

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, c’est un mode d’organisation politique des institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens.

La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la non-ingérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé.

Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui.
On ne combat pas un totalitarisme en le remplaçant par un autre

Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ?


Caftan, soutane, burqa, spodik, etc!

Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.

« Lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause ignoble, on peut le regretter, on doit le combattre, mais on peut le comprendre – intellectuellement –, car on est dans un système cohérent où les causes et les effets, les objectifs et les moyens, correspondent comme dans un puzzle parfaitement ajusté. Mais lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause, la plus noble soit-elle, il dégrade et disqualifie ipso facto cette cause dont il prétend servir la promotion. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être complexe, capable de massacrer ses contemporains au nom de l’amour, de les enchaîner au nom de la liberté, de les rendre fous au nom de la raison et, en somme, de faire régner la terreur au nom de la vertu » (Alain Graesel, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France).

La burqa, la soutane, le caftan, sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent, et « tout uniforme est une livrée » (Ferdinand Buisson). Pourquoi, dès lors, distinguer entre les oppressions vestimentaires ? Pourquoi interdire l’une et autoriser les autres ?

Anastasie 2009

Défendre les libertés démocratiques

« La liberté, c’est toujours défendre la liberté de celui qui pense autrement » (Rosa Luxembourg). On va commencer par interdire tel vêtement, et demain où cela s’arrêtera-t-il ? Il fut une époque où il était interdit de s’embrasser dans la rue. Va-t-on nous faire tous marcher au pas de l’oie ?

Nous sommes dans une société qui ferait apparaître le régime de Big Brother dans 1984 d’Orwell pour un jardin d’enfants. Nous sommes fichés, surveillés, contrôlés, inspectés, fouillés en permanence. Par les systèmes informatiques, les possesseurs de la puissance électronique et du pouvoir politique peuvent tout savoir sur nous. Il y avait, sans doute, moins de risque, pour la confidentialité de ses opinions, à écouter Radio-Londres en 1942 qu’à surfer aujourd’hui sur Internet.
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Big Brother 2009

Et l’on va nous dire ce qui est autorisé ou pas comme vêtements ? Insidieusement, par cette campagne médiatique, certains forgent un ordre moral qui n’ose pas dire son nom. On entre de plain-pied dans le politiquement correct et la pensée unique. On cherche à formater la société.
Après le délit de sale gueule, va-t-on avoir le délit de sale vêtement ?

C’est une conception néo-totalitaire. Rappelons qu’en 1905 ce type de débat a déjà eu lieu : fallait-il une Loi de Séparation des Églises et de l’État, ou une loi de destruction des religions ? Le débat politique était clairement posé : État laïque ou État athée ? La Libre Pensée s’est retrouvée très majoritairement, avec Jean Jaurès, dans la proposition d’Aristide Briand pour une séparation : « Une loi n’a jamais pu, heureusement, réussir à réduire, ni les individus, ni les groupements d’individus, encore moins leur pensée, à l’impuissance. Une telle loi qui se proposerait un tel but ne pourrait être qu’une loi de persécution et de tyrannie. »
Adopté à l’unanimité des 200 délégués des 81 groupements fédérés représentés au Congrès national.

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Vêtements solaires


jeudi 3 septembre 2009

Thomas Jefferson avait-il tout prévu?



Thomas Jefferson, troisième président des USA a-t-il, oui ou non, écrit , en 1802 (!), les lignes suivantes au secrétaire au Trésor de l’époque, Albert Gallatin :"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les instituions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis"?



Abraham Alfonse Albert Gallatin (1761-1849), secrétaire au Trésor de 1801 à 1813,
professeur de français à Harvard et fondateur de l'Université de New York en 1831.


Sur internet, depuis plus de six mois, cette citation revient constamment, mais les sources d'où sont extraites ces phrases ne sont pas précisément fournies, si bien que certains se demandent s'il ne s'agit pas d'un faux! Cela mérite examen, en effet, parce que cette prise de position, si prémonitoire, émanant de l'un des pères fondateurs de la Constitution des États Unis d'Amérique, serait tout à fait bouleversante!

Ce que dit le Président Jefferson, au début du XIXe siècle, "colle" à notre actualité de façon extraordinaire et nous rappelle que le rapport aux banques privées fait non seulement partie de la politique américaine (et de la nôtre) mais n'est sans doute pas pour rien dans la mort de deux autres Présidents : Abraham Lincoln, tué à Washington, le 14 avril 1865, par John Wilkes Booth, (sans cause élucidée), et John Fitzgerald Kennedy assassiné un siècle plus tard, (et le mystère de sa mort n'est toujours pas totalement dissipé).

Le président Lincoln, qui avait percé à jour le jeu des Rothschild refusa de se soumettre au diktat des financiers européens et, en 1862, il obtint le vote du Legal Tender Act par lequel le Congrès l’autorisait à revenir à l’art. 1 de la Constitution signée à Philadelphie, en 1787, lequel stipulait dans son article 1, section 8, § 5 : "C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur". Lui aussi, Lincoln, avait dénoncé les banquiers : "Le pouvoir des financiers tyrannise la nation en temps de paix - et conspire contre elle dans les temps d’adversité. Il est plus despotique qu’une monarchie, plus insolent qu’une dictature, plus égoïste qu’une bureaucratie. Il dénonce, comme ennemis publics, tous ceux qui s’interrogent sur ses méthodes ou mettent ses crimes en lumière. J’ai deux grands ennemis : l’armée du sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis ». « Je vois dans un proche avenir se préparer une crise qui me fait trembler pour la sécurité de mon pays. […] Le pouvoir de l’argent essaiera de prolonger son règne jusqu’à ce que toute la richesse soit concentrée entre quelques mains."


Abraham Lincoln (1809-1865)

Le Président Kennedy, le 4 juin 1963, signait l’Executive Order n° 11110 par lequel le gouvernement retrouvait un pouvoir inscrit dans la Constitution, celui de créer sa monnaie sans passer par la Réserve Fédérale. Le Président Kennedy fit imprimer 4,3 milliards de billets de 1, 2, 5, 10, 20 et 100 dollars. Les conséquences de l’Executive Order n° 11110 étaient énormes. En effet, d’un trait de plume John Fitzgerald Kennedy était en passe de mettre hors jeu tout le pouvoir que les banques privées de la FED s’étaient arrogées depuis 1816 et qu’elles détenaient officiellement, depuis 1913. L’assassinat de Kennedy mit fin à cet dispositif politique, abrogé par le Président successeur, (ce fut sa première décision).


John Fitzgerald Kennedy (1917-1963)

On trouve, sur un site catholique, une analyse impitoyable de l'histoire du système bancaire et monétaire :
http://www.alleluia-france.com/offres/gestion/actus_251_3914-1/la-verite-sur-le-systeme-monetaire-et-bancaire.html


Au sujet de la «crise financière», deux lourds ouvrages sont parus aux USA, ces mois derniers, The dollar-crash par Ellen Brown et The Creature from Jekyll Island, par Edward C. Griffin. Les deux auteurs arrivent à la même conclusion : la crise financière aboutira à une crise du dollar.

La présentation de ces livres se trouve sur :
http://www.alterinfo.net/L-argent-gouvernemental-et-l-etalon-or-dans-le-mouvement-de-reforme-financiere-americain_a31350.html

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran.

mercredi 2 septembre 2009

Berlusconi et la presse


Ce qui se passe en Italie ne peut pas nous laisser sans réaction.

Silvio Berlusconi intente un procès au quotidien italien La Repubblica en raison des demandes que ce journal lui adresse quotidiennement depuis le 14 mai et auxquelles il ne veut pas répondre. Non content de s’en prendre à la presse italienne, il menace de faire procès à la presse étrangère qui relate ses frasques. Silvio Berlusconi qui est entrepreneur, propriétaire d’organes de presse et éditeur veut museler la liberté d’expression. Par ailleurs, il accuse La Repubblica de subversion car ce journal ferait partie d’une vaste conspiration internationale fomentée par les journaux et les chancelleries pour le renverser.

Si ce n’était pas dramatique et dangereux, (voir ce qu'écrivait, sur de telles pratiques, Hannah Arendt*), cela serait risible venant d’un individu qui se conduit comme un simple d'esprit. Mais ce qui se passe en Italie ne nous laisse pas indifférents, et peut se répéter en France. Nous avons donc nous aussi décidé de soutenir La Repubblica et de défendre la liberté d’expression :

Liberté de la presse : soutenons La Repubblica.

Silvio Berlusconi réclame un million d'euros de dommages et intérêts pour diffamation au quotidien La Repubblica qui lui a posé publiquement dix questions sur sa vie privée. Trois juristes, Franco Cordero, Stefano Rodotà et Gustavo Zagrebelsky, publient un appel pour la liberté de la presse, dont voici le texte.

Les attaques à l'encontre de La Repubblica, dont la plainte en justice pour diffamation n'est que le dernier épisode en date, ne peut être interprétée que comme une tentative de réduire au silence la presse libre, d'anesthésier l'opinion publique, de nous isoler de la circulation internationale des informations et, en définitive, de faire de notre pays une exception à la démocratie.

Les questions adressées au président du Conseil ont suscité un intérêt non seulement en Italie mais dans la presse mondiale. Si l'on considère qu'elles ne sont que des figures rhétoriques parce qu'elles suggéreraient des réponses désagréables, il n'y a qu'un seul moyen de les démonter : y répondre plutôt que de tenter de faire taire celui qui les pose.

Au contraire, la voie empruntée est celle de l'intimidation à l'encontre de celui qui exerce le droit et le devoir de " chercher, recevoir et diffuser avec tous moyens d'expression, sans considération de frontières, les informations et les idées " comme l'indique la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 approuvée par le concert des nations à un moment où l'on se souvenait encore de ce qu'était l'information transformée en propagande sous les régimes non libéraux et antidémocratiques du siècle dernier.

La pétition peut être signée à l’adresse informatique suivante : http://temi.repubblica.it/repubblica-appello/?action=vediappello&idappello=391107
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En solidarité avec le quotidien La Repubblica, voici les dix questions posées chaque jour au président du Conseil italien depuis le 14 mai :

1 - Quand avez-vous rencontré pour la première fois Mlle Letchi ? Combien de fois l'avez-vous vue ? Quand l'avez-vous rencontrée ? Avez-vous jamais fréquenté, et fréquentez-vous toujours, des mineures ?

2 - Quelle raison exacte vous a empêché de dire la vérité durant les deux derniers mois, vous conduisant à produire quatre versions de la façon dont vous avez rencontré Mlle Letizia avant deux aveux tardifs ?

3 - Pensez-vous que le fait d'avoir récompensé des jeunes filles qui vous appelaient "Papi" en leur offrant des places sur des listes électorales et en leur promettant des responsabilités politiques pose un sérieux problème pour la démocratie italienne et pour votre pouvoir ?

4 - Vous avez passé la nuit du 4 novembre 2008 avec une prostituée. Selon l'enquête des magistrats, des dizaines de call girls ont fréquenté votre résidence. Saviez-vous que ces femmes étaient des prostituées ? Si vous ne le saviez pas, pouvez-vous fournir des garanties du fait que ces rencontres ne vous ont pas rendu vulnérable ou ne vous ont pas exposé au chantage — comme le montre, par exemple, les enregistrements produits par Patrizia D'Addario ou les photographies de Barbara Monreale ?

5 - La flotte aérienne officielle a-t-elle été utilisée pour conduire ces invitées à vos résidences sans que vous soyez à bord ?

6 - Etes-vous totalement sûr que vos relations n'ont pas compromis les affaires de l'Etat ? Pouvez-vous assurer à ce pays et à ses alliés qu'aucune de ces femmes ne dispose de moyens de pressions qui pourraient affecter votre autonomie politique sur des affaires de politique interne ou internationale ?

7 - Votre comportement entre en contradiction avec votre politique. Pourrez-vous encore prendre part au Jour de la famille ou promulguer une loi qui punit les clients des prostituées ?

8 - Croyez-vous que vous pouvez toujours poser votre candidature pour devenir président de la République italienne ? Et si ce n'est pas le cas, pensez-vous que quelqu'un qui n'est pas digne du Quirinal (le palais présidentiel) peut exercer les fonctions de premier ministre ?

9 - Vous avez dit être victime d'un "complot subversif". Pouvez-vous garantir que vous n'avez jamais eu recours ou voulu utiliser les services secrets ou la police contre les témoins, les magistrats ou les journalistes ?

10 - À la lumière de tout ce qui a été révélé ces deux derniers mois, quel est votre état de santé ?

* Hannah Arendt, Le système totalitaire (Tome 3 des Origines du totalitarisme), réédition le Seuil, 2005.

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

mardi 1 septembre 2009

Le totalitarisme et la grippe.

La grippe mexicaine, porcine, A, H1N1, proclamée pandémie, s'étendant sur la planète entière, qui n'est ni plus ni moins (plutôt moins jusqu'à présent...) dangereuse que la grippe ordinaire, fait l'objet d'une médiatisation à nulle autre pareille qui distille l'angoisse.

Cette grippe tue. Peu. Dans l'hémisphère sud, où s'inversent les saisons, la grippe A n'est guère plus mortelle que dans l'hémisphère Nord. Les annonces de catastrophe, au cours de notre prochain automne, en Europe, n'ont aucun caractère de certitude. Il n'est pas non plus certain que la grippe ne frappera pas des dizaines de milliers de personnes...

Laissons de côté l'horreur que représente l'exploitation commerciale de cette possibilité de risque sanitaire majeur. Les masques, les mouchoirs en papiers, les vaccins serviront ou ne serviront pas mais, en tout cas rapporteront beaucoup, beaucoup d'argent! Le coup est parti. Les engagements sont pris. Les labos seront payés. Non, là ne se loge pas le pire.

Il est hautement instructif d'apprendre qu'il est possible, en notre siècle, qu'une infection peut faire le tour de la Terre à une vitesse inimaginable et concerner des populations innombrables. Que peu ou beaucoup d'hommes et de femmes en soient victimes est presque devenu secondaire! L'information prioritaire est qu'une peste, noire, jaune ou blanche, peut submerger la planète. Et, ou bien n'y rien faire d'autre que ce qui s'y passe ordinairement, (quelques milliers de morts), ou bien : faire, sur la population mondiale, une large ponction inimaginable encore.



Les pouvoirs paniquent parce qu'ils n'auraient plus, en cette circonstance, aucun pouvoir. Les vaccins n'offrent qu'une protection supposée et de toute façon faible. Ils peuvent causer plus de dégâts qu'élever des barrières immunitaires! On ne se protège pas d'un virus qu'on ne connaît pas. Affaiblir les immunités au lieu des les étendre peut aggraver les catastrophes. En réalité, nous agitons du vent afin de nous rassurer. Pour les pouvoirs publics, ne rien faire est pire que tout et obligerait à reconnaître notre impuissance, (ce qui est impossible pour un État déjà placé sous la menace de bouleversements écologiques et sociaux comme on n'en a très rarement connus)!

Alors, il faut tirer d'un rien un bien (pour les gouvernements en place!). "Parions, se disent les responsables politiques aux affaires, que la grippe sera une grippette. On ne le sait pas, mais tablons sur cette probabilité. Voici une aubaine au moment où des insatisfactions peuvent déboucher sur des fortes contestations. Brisons les peurs par la peur".

Occupez vous de votre sort vital et point de votre sort social, nous suggèrent des médias tout à la fois habilement manipulés et manipulateurs, transmettant des informations d'autant plus crédibles qu'elles sont douteuses. Ce qui peut arriver est aussi dangereux que ce qui arrivera surement. Et comme il est impossible d'affirmer que le pire ne se produira pas, la panique devient, dans la presse, un beau sujet d'intérêt.

Le totalitarisme commence quand nul ne peut penser autrement que ce que les dirigeants d'un pays suggèrent. Au moment, historique, où une mutation de société s'annonce, ceux qui ne veulent voir rien changer qui bouleverserait leurs privilèges, ont la tentation de semer ces graines de panique et d'embrouiller les cerveaux.

Pour les personnalités politiques en exercice, de deux choses l'une : ou la grippe à venir sera terrible et il faudra survivre et permettre aux survivants de conserver leurs profits, ou bien, plus probablement, la grippe à venir n'aura que des effets réduits, et ce sera temps gagné si les citoyens rebelles se sont trouvés réduits au silence par leurs angoisses et les graves préoccupations de santé publique sans cesse commentées.

En clair, il est devenu très suspect qu'on parle de la grippe comme l'on parlerait d'on ne sait quel paludisme ou sida tueurs, qu'il faudrait combattre sans trop savoir comment s'y prendre. Du paludisme, du reste, le vrai, celui qui cause des millions de victimes, on ne se soucie guère, en vérité, de l'éradiquer, et si l'on jetait dans la balance de l'espoir de vivre, tout l'argent qu'on consacre à la lutte contre la grippe, cette fièvre jaune reculerait considérablement. Mais cela ne concerne, après tout, que des Africains...

Le totalitarisme nous enveloppe dans une une société où l'on peut survivre mais point vivre. On n'y peut exprimer que des pensées conventionnelles, celles qui s'imposent. Reste à former des hypothèses que, plus tard, l'histoire confirmera, peut-être...

Eh bien, formulons l'hypothèse que tout ce tapage autour de la grippe A est fait pour nous interdire d'entendre ce qui vient, les appels d'un Nouveau Monde tel que celui qu'annonçait Gustav Malher dans sa neuvième symphonie, ou Ludvig van Beethoven, lui aussi par une neuvième symphonie, dans l'Ode à la Joie. Alors que nul ne sait dire où nous allons, il nous est même interdit d'ouvrir les yeux pour choisir notre voie. Soyons lucides et ne nous laissons pas embarquer sur des vaisseaux fantômes. Vivons.



Et un mystère de plus, dans cette panique montante sur la grippe A ! Alertée par un virologue américain, Tom Jefferson, la presse allemande est en train de lever un drôle de lièvre, qui pourrait bien nourrir les débats de la rentrée. Elle relève l'étrange modification par l'OMS de sa définition de la "pandémie". En substance, auparavant, il fallait "de nombreux morts" pour que l'on puisse parler de pandémie. Or l'OMS vient de modifier en catastrophe cette définition. Exit la nécessité des "nombreux morts". Simple querelle sémantique ? Peut-être. Mais ce n'est pas l'avis de certains scientifiques, comme Jefferson, qui décèlent sous ce changement un coup de pouce donné par l'OMS à l'industrie pharmaceutique (dont elle a besoin pour financer ses actions) pour écouler davantage de vaccins. La grande chaîne publique ZDF, l'hebdomadaire Der Spiegel, ont ouvert le dossier.
Voir : Arrêt sur images n° 88.

Jean-Pierre Dacheux

lundi 31 août 2009

Une politique de primaires!

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"Les Grenouilles qui demandent un roi". C'est plus qu'une fable; c'est actuel!

La politique, en France, à la rentrée de septembre 2009, consiste principalement à tourner et retourner les arguments en faveur de primaires électorales, notamment pour désigner, bien à l'avance, le leader capable de remporter les Présidentielles de 2012.

Nous y voilà donc. Un pas de plus est franchi dans la direction d'une américanisation de notre société! Après la personnalisation médiatique, voici la "people-isation" de la politique, région par région, ville par ville, quartier par quartier! Les grenouilles citoyennes vont se choisir un roi-candidat qui pourra d'autant mieux, une fois sur son perchoir élyséen, régner sur le vivier électoral et s'y nourrir tout à son aise!

La Fontaine nous en a pourtant prévenus! Ceux qui réclament un prince tombant du ciel en seront les victimes. Comment peut-on encore concevoir la démocratie, la gestion des affaires du peuple, comme la recherche du meilleur gouvernant au lieu de se préoccuper du meilleur gouvernement?



Jean de la Fontaine (1621-1695)

Au lieu de contester les institutions de la monarchie républicaine que nous a léguées De Gaulle, au lieu de nous opposer à la bipolarisation qui ne fait que s'accentuer, au lieu de rénover une démocratie qui concentre les pouvoirs et refuse de les partager, au lieu de promouvoir le mandat unique (plutôt que le très vague cumul des mandats), au lieu de confier les responsabilités à exacte parité entre humains des deux sexes, au lieu de penser un avenir où l'initiative politique ne sera plus déléguée mais de plus en plus cogérée, on ouvre la boîte de pandore de primaires faites pour seulement choisir l'élite des élites! Et cette idéeAfficher l'image en taille réelle de primaires, exprimée de façon primaire, par des esprits primaires, surgit, une fois de plus, de ce parti né pour que le peuple se saisisse de son destin et qui, tout au contraire, s'empresse, en ce début de siècle, de s'emparer de tous les moyens de gérer le destin du peuple à sa place! Du socialisme, je ne vois pas la trace dans cette copie, palotte, de pratiques d'outre atlantique dont l'Italie nous a révélé combien elles étaient inadaptées à l'Europe et surtout à ce qui se prétend "la gauche"!



Nous ne sommes ni des éléphants (à la mode PS) ni des ânes (à la mode US). Cette politique de caucus à la française ne pourrait qu'être une politique de cocus! Ne nous laissons pas plus berlusconiser que sarkoïser : des primaires, comme axe de nos choix politiques, ce serait l'échec garanti.

jeudi 27 août 2009

Dépasser la gauche ou dépasser à gauche?

Nombreux sont les citoyens qui s'interrogent : pourquoi, depuis l'avènement de la République, en France, les forces politiques de gauche ont-elles toujours été mises en échec? Le Front populaire de 1936 en est l'exemple historique. Les années Mitterrand en seraient l'unique exception, mais s'agissait-il, au cours des deux septennats, de gouvernements de la gauche ?

Il n'a sans doute jamais été aussi urgent et nécessaire de se demander pourquoi cette malédiction semble frapper une partie de la représentation politique ? Ne serait-ce pas parce qu'elle n'a jamais su inventer un modèle économique autre que celui fondé sur la croissance permanente de la production? Comment, dès lors, exercer, de façon durable voire permanente, un pouvoir qui consiste à faire fonctionner un système qui vous nie? Vient un moment où la contradiction est trop violente et il ne reste plus qu'à se débarrasser de responsabilités embarrassantes sans rapport avec ce pour quoi on a été élu.

La question vaut d'autant plus d'être posée qu'aujourd'hui il devient de plus en plus visible que, sans l'écologie, la gauche n'est plus du tout la gauche. Une fois achevée la période 1917-1989 pendant laquelle on a pu croire qu'il y avait une alternative socialiste au capitalisme, communisme et socialisme sont devenus caduques. Sans les nationalisations (et l'étatisation qui les accompagnait), il a semblé que n'existerait jamais plus de véritable bipolarisation économique et politique : est contre ouest, égalité contre liberté, collectivisation contre responsabilisation individuelle, solidarité contre compétition... On a même prétendu que nous étions entrés dans la fin de l'histoire, autrement dit, "la messe était dite" et le capitalisme triomphant était installé à jamais. Plus d'alternative donc, mais, à l'intérieur d'une économie mondialisée, de simples alternances : les bipolarisations étaient devenues celles du grand jeu médiatique électoral et nullement celles de changements d'orientation au sein de régimes différents. Qui veut accéder à la direction des affaires publiques n'aurait pas à faire triompher des idées mais à démontrer l'étendue de ses compétences. Le pilote du navire évite les écueils mais ne détermine pas le cap. La politique serait un savoir faire et un savoir dire; ce ne serait plus un savoir penser l'avenir. D'autres s'en chargent.

Ce que nous appelions la gauche était, précisément, le lieu où se concevait, se préparait, s'organisait un avenir tout autre : la République plutôt que la monarchie, la démocratie plutôt que la dictature, la liberté plutôt que l'esclavage, l'indépendance plutôt que le colonialisme, la coopération plutôt que l'élitisme, le partage social plutôt que l'égoïsme de classe, la paix plutôt que la conquête, l'hospitalité plutôt que l'exclusion, etc. La liste pourrait s'allonger. Le génie des assoiffés de pouvoir aura été de récupérer une partie de ces valeurs, de les adopter et de les adapter afin qu'elles apparaissent comme compatibles avec les principes mêmes de la société clivée où la richesse principale ne puisse jamais échapper aux mêmes.


Paul Valéry (1871-1945)

Nous en sommes là mais une nouveauté inattendue bouleverse la donne politique : le temps du monde fini a commencé comme l'avait bien vu le poète Paul Valéry, dès 1945. Ce n'est plus qu'une question de temps mais le capitalisme a terminé sa phase et la gauche, qui n'y est pour rien, n'a plus qu'à se remettre à rechercher une alternative à un système failli. Si elle ne le peut, elle mourra, puisqu'alors incapable de contester pratiquement ce qu'elle dénonce! Le marxisme tel qu'il a été compris et enseigné (souvent éloigné de la pensée même de Marx) n'offre aucune perspective susceptible de substituer un "nouveau monde" à celui qui prend fin. Nous ressemblons à ces marins qui, sur leur navire, enfermés dans un port dévoré par les flammes, n'ont d'autre choix que celui de fuir et de prendre la mer alors que la tempête y fait rage. Où est le plus grand danger? À l'abri des flots déchainés, au cœur de l'incendie, ou bien, loin de la menace d'un feu mortel, mais affrontés au pire ouragan? Attendre et compter sur sa chance ou prendre l'initiative au risque de tout perdre?

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Marx, l'écrivain, dont la pensée reste active (1818-1883).

Eh bien, il se peut que le pire des crimes soit celui de l'aveugle qui espère un retour au calme. La gauche dite molle qui fonde ses espoirs sur les échecs des actuels gouvernants pour s'emparer des rennes, par simple effet d'alternance, vivent sur une autre planète, qui n'existe plus... , celle où le plus produisait le mieux.

Chaque jour, les affaires reprennent et les inconscients s'en réjouissent, mais la fin du travail aussi s'annonce : on peut produire plus avec moins d'heures travaillées. Ce sur quoi reposait le capitalisme naissant : du travail pour tous, afin d'enrichir toujours plus les détenteurs des moyens de production ne correspond plus à l'organisation de l'économie moderne. Le chômage détruit la vie sociale comme jamais et nous en verrons bientôt les effets ravageurs.

Primaires ou pas primaires ( encore une confusion entre des moyens électoraux et l'ouverture d'un débat national, voire européen), il faudra bien, d'urgence, se pré-occuper des échéances immédiates dont font partie la lutte contre l'effet de serre, le dérèglement climatique, la fin des énergies fossiles, la préservation des réserves en eau, le recul de la bio-diversité, le partage des ressources alimentaires, le développement massif des énergies renouvelables, etc.

Dans ce blog, désormais, plus fréquemment, nous allons prendre notre part dans ce débat qui élargit la solidarité sociale à la solidarité écologique. La gauche véritable (ou tout autre désignation) aura à intégrer ce vieil aphorisme de Gandhi : "vivons simplement pour que tous les hommes puissent, simplement, vivre"!


Gandhi (1869-1948)

Oui, la gauche est dépassable, comme toutes les institutions humaines, mais si elle doit être dépassée, dépassons là à gauche, c'est-à-dire en fidélité avec ce qui l'a fondée, tout en usant du moyen actuel de contester ce capitalisme : l'écologie radicale, celle qui se moque de la croissance verte et solidarise toutes les luttes transgénérationnelles.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran


lundi 24 août 2009

Idée de décroissance ou décroissance des idées?

La rentrée politique 2009 s'effectue sous nos yeux, dans notre France à la peine. Les médias bruissent de faux scoops tendant, tous, à laisser entendre que le grand rassemblement anti Sarkozy, des Verts au MODEM, est en train de s'opérer. Bien sûr, on laisse grogner quelques récalcitrants, mais la cause est entendue : "Vous voulez avoir une majorité, oui ou merde" (sic), s'écrie Daniel Cohn-Bendit, à Nîmes, devant les Verts, pendant leurs journées d'été ?

L'ennui est que l'antisarkozisme ne constitue pas une politique. La droite du PS, par la voix de Manuel Valls, l'avait déjà affirmé parce qu'elle était prête à se rallier à la majorité, pour peu qu'elle y trouve des places. Olivier Besancenot, à son tour, -divine surprise pour lui!- le rappelle vivement, en espérant pouvoir, de nouveau, installer le NPA comme axe d'une opposition anticapitaliste.


Le choix de société passe par l'argent...!

Les écologistes héritent d'une grave responsabilité! Qu'est-ce qui constitue leur politique? Faire progresser l'écologie dans ce rassemblement fourre-tout qui n'unirait que des opposants, ou affirmer non pas seulement l'autonomie de leurs organisations mais l'autonomie de leur politique? Il leur faudrait, pour cela, un courage qu'il est difficile d'avoir dans un un environnement qui reste marqué par l'électoralisme. C'est d'autant plus difficile que l'avenir économique reste obscur (avec une relance aggravant le chômage!) et que nulle recherche d'une alternative politique véritable n'est engagée.

Précisons. L'antisarkozisme est-il, ou non, un anticapitalisme? L'anticapitalisme du NPA est-il, ou pas, antiproductiviste et antidirigiste? Aux deux questions il faut bien répondre non! La gauche, ou ce qu'il en reste, reste enfermée dans la contradiction qui la scinde : d'un côté les tenants d'une "culture de gouvernement" qui autorise à pactiser avec l'économie de marché; de l'autre les partisans des luttes sociales décisives, censées, un jour, à défaut de Grand Soir, refaire chanter les matins... Bref, d'un côté, la gauche dite molle, qui se refuse à redevenir anticapitaliste, et, de l'autre, une gauche dite extrême, dont l'anticapitalisme, verbal et formel, constitue une "culture de l'opposition permanente".

Il semble qu'il n'y ait de radicalité anticapitaliste et pratique, aujourd'hui, que dans l'écologie politique de la décroissance. Une partie des Verts l'a compris. Mais les "décroissants", parfois bavards et agressifs, qui sont porteurs d'espoir, pourtant déçoivent! Ils s'enferment, à leur tour, dans la dénonciation des impurs et peu de partenaires trouvent grâce à leurs yeux! Il nous faudra bien admettre que la décroissance est chose trop importante pour la confier aux seuls décroissants!


Sans "les sans", la politique manque de sens...

Europe-Écologie a lancé une lumière qui pourrait vite s'éteindre. Tant qu'il ne s'est agit que de s'exprimer soi-même (ce que permet le scrutin proportionnel à un tour, pour les élections européennes!), l'autonomie politique était facile à démontrer. Mais, dès qu'un scrutin à deux tours s'annonce, les obligatoires alliances obligent à des compromis susceptibles de faire glisser de la forme au fond et d'abandonner ce pour quoi l'on existe, autonomie y compris!

Daniel Cohn-Bendit n'a certes pas tort de dire que les électeurs ne sont la propriété d'aucune formation politique et donc que les électeurs du MODEM ne sont pas maudits. Mais il a beau aller répétant qu'il n'a plus d'ambition personnelle, qu'il n'est l'homme d'aucun parti, qu'il n'est pas question de faire des accords au sommet, ce qui transparait, derrière ses discours, c'est l'acceptation du cadre économique où nous vivons, parce que nulle expérience historique heureuse n'a encore jamais permis d'espérer un dépassement du capitalisme.

C'est pourtant de cela qu'il va s'agir! Les uns -dans "la gauche" parlementaire- ne l'envisagent même pas; les autres -dans la gauche antilibérale classique- le désirent , mais sans proposer comment interdire le retour d'un totalitarisme à tout le moins d'un autoritarisme; les troisièmes, enfin, -parmi les écologistes- s'ils l'ont envisagé, le croient impossible avant longtemps, alors qu'il faut agir tout de suite.

Le vrai débat, le grand clivage est donc là. Pas dans la recherche, à court terme, des moyens de remporter les élections régionales puis l'élection présidentielle! Au-delà des moyens, il y a les fins et, sans l'affirmation des fins, tout succès ne peut être qu'incertain, précaire ou improbable. Comme toujours, c'est en visant au delà de l'immédiat qu'on obtient de bons résultats immédiats. Si Europe-Écologie a émergé, c'est parce que ce rassemblement offrait du neuf. Tout recul vers les tractations traditionnelles reconduirait les écologistes vers des satisfactions médiocres, faites pour reconduire des élus, pas pour changer la donne politique!

C'est souvent l'évènement qui commande. La crise, ou soit disant telle, a fait bouger les lignes. Toute la politique des droites (fausse gauche incluse) consiste, à présent, à revenir à la situation antérieure, celle où il n'est question que d'alternance, jamais d'alternative. D'ici 2010, faudra-t-il que les souffrances des hommes, liées à la dégradation économique, s'étendent et se creusent, pour interdire de continuer à se contenter de ces "petites manœuvres politiciennes"? La mutation de civilisation que les écologistes prétendent avoir annoncée, depuis les années 1970, avec Ivan Illich et René Dumont, mais aussi ces dernières années, après André Gorz, ne permet pas de se livrer au jeu de ces petites phrases qui font les délices des journalistes.


Ivan Illich (1926-2002)

Le capitalisme est-il, oui ou non, déjà dépassé et, si oui, que faisons nous pour changer de navire dès lors que celui sur lequel nous sommes embarqués a bel et bien commencé de couler?

Jean-Pierre Dacheux