Ce titre n'est pas de moi, c'est celui du journal le 1.
Je le trouve tellement adapté à ce que je pense, que je le reprends à mon compte et je suis sûr que les journalistes de cet excellent hebdomadaire ne m'en voudrons pas.
Effectivement, c'est quoi le problème de la laïcité ?
Rappelons les éléments essentiels de la loi :
Article premier :
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Article 2 :
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.
Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3.
Les articles suivants sont de pures intendances destinés au bon fonctionnement de la loi.
Comme l'a dit Aristide Briand : « La loi doit protéger la foi, aussi longtemps que la foi ne prétendra pas dire la loi » et il me semble que tout est dit :
Liberté de conscience, puisque l'Etat garantit le libre exercice de tous les cultes.
L'égalité de chacun de ces cultes qui sont respectés de manière identique.
La neutralité réciproque du pouvoir politique et du pouvoir spirituel qui refusent toutes interventions dans leur domaine réservé respectif.
Ces éléments sont souligné dans la loi constitutionnelle du 4 août 1995, article premier : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »
Les contradicteurs affirme que la loi s'est faite seulement contre le catholicisme : ils ne veulent pas lire l'article premier qui affirme : « Elle garantit le libre exercice des cultes ». Il s'agit d'un pluriel, voulu par le législateur, qui ne peut être plus clair et englobe toutes les religions présentent sur le sol Français en 1905 et aujourd'hui.
Ils auraient raison si la loi mentionnait nommément une religion dans ses attendus.
La laïcité à la française est claire : tolérance à l'égard de la pensée d'autrui, respect des personnes pensant différemment, refus de la préférence religieuse dans l'attribution des fonctions, séparation du pouvoir civil d'avec les influences des églises ...
En 1906, les musulmans étaient 4.478.000 et représentaient la seconde religion en France – à la même date les protestants étaient 2.500.000 - C'est vrai que le fait colonial n'entendait pas intégrer les musulmans algériens à égalité de droits dans la République Française, mais nulle part dans le texte de la loi de 1905, les rédacteurs se font mention nominativement d'une religion particulière, au contraire, ils emploient l’expression « CULTE » qui qualifie toutes les religions.
La laïcité est la neutralité religieuse ; elle est la reconnaissance à la fois de la pluralité religieuse, de l'agnosticisme et de l'athéisme comme approches philosophiques et spirituelles présentes dans les sociétés contemporaines.
Il me semble que tout dit !
Mais sous prétexte de politique politicienne et de je ne sais quel doctrinarisme, l'intransigeance, le fanatisme, le dogmatisme voudraient s'approprier la vérité et faire la peau à la laïcité.
Alors, C'EST QUOI LE PROBLEME ?
On me dira : « vous vous prenez pour qui … vous simplifier à l’extrême … vos écrits manquent de profondeur et surtout vous écrivez ce qui vous arrange, etc ...
Tout cela est peut-être vrai, et chacun peut penser comme il l'entend ...,
Mais pour essayer de conclure, revenons à l’histoire de cette magnifique loi de laïcité, un des fondements de la vie en société car, il ne faut pas croire que les français se sont réveillés un matin en se disant « tiens, on va inventer la laïcité aujourd'hui ».
Si le mot laïcité est récent, son idée est beaucoup plus ancienne.
En effet, l'idée de laïcité est une longue histoire. Elle prend naissance au sein de l'église catholique au XIe siècle lors de la querelle des investitures opposant l'empereur germanique au pape Grégoire VII où est entériné le fait que pouvoirs spirituels et pouvoirs politiques peuvent être séparés.
Au XIIIe siècle, Philippe le Bel est à l'origine de l'expression gallicanisme – latin médiéval gallicanus : Français – c'est une doctrine qui cherche à limiter les pouvoirs du pape dans la gestion des affaires de l'église, et au XVIe siècle, un ensemble de textes affirme la supériorité du pouvoir royal face à la papauté.
En 1682, Bossuet, sous l'influence de Louis XIV, déclare que le pouvoir du pape est purement spirituel ; les monarques ne peuvent lui être soumis.
Entre temps, en 1598, l'édit de Nantes renforce le pouvoir royal en France en garantissant la liberté de conscience religieuse partout dans le royaume et accordant aux protestants la liberté de culte dans les lieux ou ils étaient installés avant 1597.
Cependant, il est vrai que, l’édit de Nantes est révoqué en 1685 par Louis XIV.
De l'autre coté de la Manche, l'idée de laïcité apparaît à la fin du XVIIe siècle avec les indulgences de Jaques II. Mais le texte anglais fondateur de la notion de laïcité est l'Essay on toleration de John Locke, on retrouve ce principe dans la déclaration des droits de 1689 qui stipule : « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. » … Cela ne vous rappelle rien.
On entre de plein pied dans le « Siècle des Lumières », creuset de la gestation de la laïcité.
Voltaire, grand admirateur de Locke écrit le « traité sur la tolérance » à l'occasion du procès Calas dans lequel il affirme que l'ordre public peut se passer des contraintes religieuses, imité par Montesquieu dans « l'esprit des lois ».
Jean-Jacques Rousseau développe la notion de souveraineté populaire dans du « contrat social » tandis que Denis Diderot invective les ordres religieux catholiques dans « la religieuse » et Condorcet théorise le principe universel des droits humains dans ces réflexions sur « l'esclavage des nègres. »
De plus, deux ministres importants du 18e siècle sont calvinistes : John Law, Ecossais et Jacques Necker, Genevois et ministre des finances de Louis XVI, père de Mme de Staël,
Ensuite, c'est la Révolution française qui enfonce le clou en affirmant le 26 aout 1792 : « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par loi. » complété le 20 septembre 1792 par la création de l'état-civil laïc et de l'autorisation du divorce.
Sans oublier, comme on le fait trop souvent, l'apport de la Commune de Paris – 18 mars au 28 mai 1871 – qui avait comme projet politique de séparer l’Église et l’État et de sauvegarder la liberté de conscience considérée comme la « première des libertés »
Le dictionnaire Littré signale la première apparition du mot « laïcité » au 11 novembre 1871.
C’est la IIIe République qui a fixé définitivement le mot. Dès 1880 une lutte inexorable s'est engagée entre entre le nouvel État républicain et l’Église catholique. Pour les républicains, la laïcité est le moyen de soustraire les Français à la tutelle de l’Église.
En 1901, la loi Waldeck-Rousseau, sur les associations, autorise la création de toutes sortes d’associations, sous réserve qu’elles ne soient pas confessionnelles.
A partir de 1902, le gouvernement dirigé par Émile Combes - « le père Combes » - devient fortement anticlérical. La loi du 5 juillet 1904 interdit d'enseigner aux congrégations religieuses. Au cours de l'été de nombreuses mesures coercitives sont prises amenant à une rupture diplomatique avec le Saint-Siège. Une affaire de fichage des hauts fonctionnaires et des militaires est dévoilée par la presse d’opposition et le gouvernement Combes doit démissionner.
Le 9 décembre 1905 la loi concernant la séparation des Églises et de l’État est votée, sans d'ailleurs, faire une référence directe à la laïcité. Cette loi était voulue, après le désastreux épisode du gouvernement Combes, comme une loi d'apaisement destinée à mettre fin à plus de vingt-cinq ans de tensions entre l’Église catholique et la République.
Ce long historique, portant sur près de 1000 ans devrait nous permettre de comprendre que la séparation des églises et de l'Etat amenant à la laïcité a été l'objet d'une longue maturation intellectuelle, qu'aucune religion n'a été particulièrement visée et qu'il s'agit, seulement, d'une façon d'organiser la société dans le respect de la liberté et de la dignité de chaque individu.
ALORS, LA LAICITE : C'EST QUOI LE PROBLEME ?
Ce n'est pas un problème, c'est LA solution car Il me semble que la laïcité est ce qui permet à chacun de vivre selon ses croyances 1 sans être sous le joug de la croyance de l'autre. C'est le paroxysme de la liberté et une merveilleuse recette pour vivre tous ensemble en harmonie.
Ceux qui prétendent le contraire, qui croient détenir la seule vérité valable et voudraient que chacun pense et vive comme eux sont des êtres intolérants, autoritaires et dogmatiques.
En effet, la vérité est toujours relative.
Jean-Claude Vitran
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SECULARISM : WHAT'S THE PROBLEM ?
This title is not mine, it is from the newspaper on the 1st.
I find it so perfectly suited to what I think, that I am adopting it as my own and I am sure that the journalists of this excellent weekly will not hold it against me.
So, what exactly is the problem with secularism ?
Let us recall the essential elements of the law:
Article 1 :
The Republic ensures freedom of conscience. It guarantees the free exercise of religions subject only to the restrictions set forth below in the interest of public order.
Article 2 :
The Republic neither recognizes, nor pays the salaries of, nor subsidizes any religion. Consequently, from 1er In January following the promulgation of this law, all expenses relating to the exercise of religious worship will be removed from the budgets of the State, the departments and the municipalities.
However, expenses relating to chaplaincy services and intended to ensure the free exercise of religion in public establishments such as high schools, colleges, schools, hospices, asylums and prisons may be included in said budgets.
Public places of worship are abolished, subject to the provisions set out in Article 3.
The following articles are purely administrative and intended to ensure the proper functioning of the law.
As Aristide Briand said : » the law must protect faith, as long as faith does not claim to dictate the law.And it seems to me that everything has been said :
Freedom of conscience, since the State guarantees the free exercise ofallthe cults.
The equality of each of these religions, which are respected in the same way.
The mutual neutrality of political and spiritual power, which refuse all interventions in their respective reserved domains.
These elements are highlighted in the lawConstitutional law of August 4, 1995, article one : « France is an indivisible Republic, secular democratic and social. It ensures equality before the law for all citizens without distinction of origin, race or religion.She respects all beliefs. »
Opponents claim that the law was created solely against Catholicism; they refuse to read Article 1, which statesIt guarantees the free exercise "of the cults." This is a plural that could not be clearer and encompasses all religions present on French soil in 1905 and today.
They would be right if the law specifically mentioned a religion in its preamble.
French secularism is clear: tolerance towards the thoughts of others, respect for people who think differently, rejection of religious preference in the allocation of positions, separation of civil power from the influence of churches...
In 1906, there were 4,478,000 Muslims, making them the second largest religion in France – at the same time, there were 2,500,000 Protestants. It is true that the colonial authorities did not intend to integrate Algerian Muslims with equal rights into the French Republic, but nowhere in the text of the 1905 law do the drafters mention any particular religion by name ; on the contrary, they uset he expression " WORSHIP " which describes all religions.
Secularism is religious neutrality; it is the recognition of religious pluralism, agnosticism and atheism as philosophical and spiritual approaches present in contemporary societies.
I think that says it all!
But under the pretext of petty politics and I don't know whatDoctrinalism, intransigence, fanaticism, and dogmatism would like to appropriate the truth and destroy secularism.
So, WHAT'S THE PROBLEM?
People will say to me: " Who do you think you are ... you oversimplify ... your writing lacks depth and above all you write what suits you, etc ..."
All of this may be true, and everyone is free to think as they wish...
But to try and conclude, let's return to the history of this magnificent law of secularism, one of the foundations of life in society, because we mustn't think that the French woke up one morning and said" Hey, let's invent secularism today."
Although the word secularism is recent, the idea behind it is much older.
Indeed, the idea of secularism has a long history. It originated within the Catholic Church in the 11th century.ecentury during the Investiture Controversy opposing the Holy Roman Emperor to Pope Gregory VII where it was ratified that spiritual and political powers could be separated.
In the 13theIn the 16th century, Philip the Fair coined the term Gallicanism – from the medieval Latin *gallicanus* (French) – a doctrine that sought to limit the Pope's powers in managing church affairs, and in the 16th centuryecentury, a set of texts affirms the superiority of royal power over the papacy.
In 1682, Bossuet, under the influence of Louis XIV, declared that the power of the pope is purely spiritual; monarchs cannot be subject to him.
Meanwhile, in 1598, the Edict of Nantes strengthened royal power in France by guaranteeing freedom of religious conscience throughout the kingdom and granting Protestants freedom of worship in the places where they had settled before 1597.
However, it is true that the Edict of Nantes was revoked in 1685 by Louis XIV.
On the other side of the Channel, the idea of secularism appeared at the end of the 17th century.ecentury with the indulgences of James II. But the foundational English text of the notion of secularism is theEssay on toleranceFrom John Locke, we find this principle in the Declaration of Rights of 1689 which stipulates :“ No one should be disturbed for their opinions, even religious ones, provided that their expression does not disrupt the public order established by law.” Doesn't that remind you of anything ?
We are entering fully into the " Age of Enlightenment ", the crucible for the gestation of secularism.
Voltaire, a great admirer of Locke, wrote the" Treatise on Tolerance " during the Calas trial, in which he asserted that public order could do without religious constraints, a view echoed by Montesquieu in " The spirit of the laws."
Jean-Jacques Rousseau develops the notion of popular sovereignty in the “ social contract ”
while Denis Diderot inveighs against the Catholic religious orders in " the nun " and Condorcet theorizes the universal principle of human rights in these reflections on " The enslavement of Black people."
Furthermore, two important ministers of the 18thecentury were Calvinists : John Law, Scotsman, and Jacques Necker, Genevan and finance minister of Louis XVI, father of Madame de Staël,
Then, the French Revolution drove the point home by declaring on August 26, 1792 : " No one should be disturbed for their opinions, even religious ones, provided that their expression does not disrupt the public order established by law." completedSeptember 20, 1792, by the creation of secular civil status and the authorization of divorce.
Not forgetting, as is too often done, the contribution of the Paris Commune – March 18 to May 28, 1871 – whose political project was toto separate Church and State and to safeguard freedom of conscience considered as the " the first of freedoms "
Littré's dictionary indicates the first appearance of the word " laïcité " on November 11, 1871.
This is the thirdeThe Republic, which definitively established the term. From 1880 onwards, an inexorable struggle ensued between the new republican state and the Catholic Church. For the republicans, secularism was the means of freeing the French from the Church's control.
In 1901, the Waldeck-Rousseau law, on associations, authorized the creation of all kinds of associations, provided that they were not religious.
From 1902 onwards, the government led by Émile Combes – “ Father Combes ” – becamestrongly anticlerical.The law of July 5, 1904, prohibited religious congregations from teaching. During the summer, numerous coercive measures were taken, leading to a break.diplomatic relations with the Holy See. A case of surveillance of high-ranking officials and military personnel is revealed by the opposition press, and the Combes government is forced to resign.
On December 9, 1905, the law concerning the separation of Church and State was passed, without, however, making any direct reference to secularism. This law was intended, after the disastrous episode of the Combes government, as a law of appeasement. intended to put an end to more than twenty-five years of tensions between the Catholic Church and the Republic.
This long history, spanning almost 1000 years, should allow us to understand that the separation of church and state leading to secularism was the subject of a long intellectual maturation, that no religion was particularly targeted and that it is simply a way of organizing society in respect of the freedom and dignity of each individual.
SO, SECULARISM: WHAT'S THE PROBLEM?
This isn't a problem, it's THE solution because it seems to me that secularism is what allows everyone to live according to their beliefs 2 without being under the yoke of the other's belief. This is the paroxysm of theFreedom is a wonderful recipe for living together in harmony.
Those who claim otherwise, who believe they possess the only valid truth and would like everyone to think and live like them, are intolerant, authoritarian and dogmatic beings.
Indeed, truth is always relative.
Jean-Claude Vitran
1. Etre athée est une croyance
2. Being an atheist is a belief
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