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vendredi 26 décembre 2025

LA FRATERNITE , UN DES PILIERS DE LA REPUBLIQUE - FRATERNITY, ONE OF THE PILLARS OF THE REPUBLIC

 

Que l'on soit croyant ou athée, la période de Noël est un moment particulier qui nous conduit à méditer sur la portée d'un des piliers de la République Française : la Fraternité.


Enfin tous ... pas tout à fait, en effet, je vous ai reproduit ci-dessous in extenso un article du quotidien Ouest France de ce jour, relatant les propos d'un grossier personnage qui foule au pied le lien de Fraternité et qui au contraire utilise Noël pour débiter ses incongruités.


Donald Trump souhaite un joyeux Noël aux « pourritures de gauche radicale » 

Donald Trump a souhaité un joyeux Noël « à tous, y compris aux pourritures de gauche radicale », en référence à ses opposants démocrates, que le président américain accuse régulièrement d’être la cause de tous les maux.

Je ne pense pas nécessaire de commenter les absurdités de cet odieux individu qui conduit son pays, voire le monde, au désastre et qui prétend nous donner des leçons de démocratie.

Il est plus intéressant de réfléchir sur l'une des valeurs qui fonde notre République.

Fraternité vient du latin fraternitas qui signifie relations entre frères. 

La fraternité désigne un lien de solidarité, de partage et d'entraide. Elle devrait être un idéal universel invitant à voir en l'autre un frère ou une sœur. Elle renvoie au « vivre ensemble » dans la tolérance et le respect de l'autre.

Pourtant, la fraternité ne s'est imposée que progressivement, en effet, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 n'en fait pas mention, cependant « Salut et fraternité » est le salut des citoyens pendant la Révolution.

Elle apparaît seulement le 20 avril 1848 où à l'Arc de Triomphe de Paris est organisée une Fête de la Fraternité pour célébrer l'instauration du suffrage universel 1. Le terme est repris, quelques mois plus tard, le 4 novembre 1848, dans le préambule de la Constitution de la seconde République avec la Liberté et l'Egalité. 

Dans cette Constitution, les rédacteurs insistent en affirmant : « la République doit, par une assistance fraternelle, assurer l'existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travail dans les limites de ses ressources, soit en donnant, à défaut de la famille, des secours à ceux qui sont hors d'état de travailler ».

Elle apparaît ensuite dans les Constitutions de 1946 et 1958 et la valeur constitutionnelle du principe de fraternité est consacrée par le Conseil Constitutionnel dans deux décisions : l'une sur sur le délit de solidarité envers les migrants et l'autre sur l'égalité femmes - hommes. 

C'est le terme clé de la devise républicaine, trônant aux frontons de toutes les mairies.

Pourtant elle n'est pas exempte de critiques. Selon Marx et Engels, il s'agirait d'une illusion éphémère lié aux intérêts matériels de chacune des parties et malgré son universalisme elle serait porteuse de l'exclusion des non-frères, ainsi, les femmes, qui étaient sur les barricades de la Révolution et plus tard de la Commune de Paris, se sont vu refuser le droit de vote dit « universel ».

J'entends, effectivement, mes amies « femmes » s'insurger de la connotation masculine du terme Fraternité. Je bats ma coulpe mais je n'y suis pas pour grand chose. De plus, même si la Sororité est forte aujourd'hui, elle est porteuse des mêmes critiques que la Fraternité. 

Bernard Devert, prêtre et fondateur du mouvement « Habitat et Humanisme » résume ainsi notre propos : « Impossible de devenir humain sans se laisser habiter par la fraternité » et il cite l'écrivain Daniel Pennac, qui écrivait « petit à petit, chacun se sent seul et menacé par cette marée humaine qui n’a plus rien d’humain. Ces gens ne sont plus des gens, ils sont eux et pas nous pour être plus nombreux que nous » ajoutant « nous voilà tentés de nous refermer sur nos peurs, sur nos refus d’aider, sur nos silences. À ne plus supporter les autres au motif qu’ils sont différents, notre Société se fracture ; les lignes sont déjà bien visibles au sein des territoires. »

C'est une valeur universelle et fondamentale de la cohésion sociale, mais malgré sa présence sur le fronton de toutes les mairies, la fraternité reste peu visible dans l'action publique.


Jean-Claude Vitran

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FRATERNITY, ONE OF THE PILLARS OF THE REPUBLIC


Whether one is a believer or an atheist,The Christmas period is a special time which leads us to reflect on the significance of one of the pillars of the French Republic : Fraternity.


Well, not quite all of them ... in fact, I have reproduced below in full an article from today's Ouest France newspaper, recounting the remarks of a rude individual who tramples underfootthe linkof Fraternity, and which, on the contrary, uses Christmas to spout its incongruities.


Donald Trump wishes a Merry Christmas to the "radical left scum"

Donald Trump wished a Merry Christmas "to everyone, including the radical left scum," referring to his Democratic opponents, whom the American president regularly accuses of being the cause of all evils.

I do not think it necessary to comment on the absurdities of this odious individual who is leading his country, and even the world, to disaster and who presumes to give us lessons in democracy.

It is more interesting to reflect on one of the values that underpins our Republic.

Fraternity comes from Latinfraternitas which meansrelations between brothers.

Fraternity refers to abond of solidarityof sharing and mutual support. It should be a universal ideal, inviting us to see others as brothers and sisters. It refers to "living together" in tolerance and respect for others.

However, fraternity only gradually became established; indeed, the Declaration of the Rights of Man and of the Citizen of 1789 does not mention it, however "Greetings and fraternity" was the greeting of citizens during the Revolution.

It only appeared on April 20, 1848, when a Festival of Fraternity was organized at the Arc de Triomphe in Paris to celebrate the establishment of universal suffrage.2 The term was taken up again a few months later, on November 4, 1848, in the preamble to the Constitution of the Second Republic with Liberty and Equality.

In this Constitution, the drafters insist, stating : "The Republic must, through fraternal assistance, ensure the existence of needy citizens, either by providing them with work within the limits of its resources, or by giving, in the absence of family, aid to those who are unable to work."

It then appears in the Constitutions of 1946 and 1958, and the constitutional value of the principle of fraternity is enshrined by the Constitutional Council in two decisions : one on the offense of solidarity with migrants and the other ongender equality.

It's the tkey term of the republican motto, enthroned on the pediments of all town halls.

Yet it is not without its critics. According to Marx and Engels, it is a fleeting illusion linked to the material interests of each party and despite its universalism it carries with it the exclusion of non-brothers, thus, women, who were on the barricades of the Revolution and later of the Paris Commune, were refused the so-called "universal" right to vote.

I do hear my female friends protesting the masculine connotation of the term "Fraternity." I admit my own shortcomings, but I'm not entirely responsible. Furthermore, even though sisterhood is strong today, it carries the same criticisms as brotherhood.

Bernard Devert, priest and founder of the "Habitat et Humanisme" movement, summarizes ourcomments : "It is impossible to become human without allowing oneself to be inhabited by brotherhood."and he quotes the writer Daniel Pennac, who wrote "Little by little, everyone feels alone and threatened by this human tide that has lost all semblance of humanity. These people are no longer people; they are themselves, not us, simply to outnumber us." adding " We are tempted to withdraw into our fears, our refusal to help, our silences. By no longer tolerating others simply because they are different, our society is fracturing ; the lines are already clearly visible within local communities." 

It is a universal and fundamental value of social cohesion, but despite its presence on the front of all town halls, fraternity remains largely invisible in public action.


Jean-Claude Vitran


1.   Suffrage universel très relatif car de nombreux citoyens dont les femmes en sont exclues.

2.   Universal suffrage is very relative because many citizens, including women, are excluded.

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