mercredi 16 août 2017

Bientôt la rentrée !


L'analyse des résultats de l'élection présidentielle et des élections législatives qui ont suivi donnent une image claire des choix électoraux des citoyens français.

Pour rappel : lors du second tour des élections présidentielles, 43,61 % des électeurs inscrits ont voté pour Emmanuel Macron, et au second tour des élections législatives seulement 16,55 % des électeurs inscrits se sont déclarés d'accord avec le projet politique du nouveau président, ce qui en terme mathématique signifie que 83,45 % des électeurs ne sont pas d'accord avec ce projet politique.

Cependant, l'ineptie de la loi électorale donne à la République En Marche (REM) la majorité absolue - 306 député(e)s - à l'Assemblée Nationale.

Face à l'étroitesse de ce résultat, les partisans du président élu objectent que l'élection étant démocratique, elle est légitime. C'est un peu court : élection légale assurément, mais « élection légitime » est plus discutable.

Car enfin, comment peut-on s'engager à mener une politique contre une majorité d'électeurs, ou plutôt comment l’électorat peut-il accepter de laisser faire une politique qu'il a rejetée dans les urnes ?

Un vrai démocrate devrait tirer les conséquences de sa mauvaise élection et faire connaître sa position aux français.

Cela n'a pas l'air d'être le choix d'Emmanuel Macron, qui voulant faire une politique « jupitérienne », semble très sûr de lui.

Vu de l'extérieur sa majorité ressemble à une auberge espagnole où cohabite trois grandes composantes :
- des gens de gauche de toutes nuances,
- des gens de droite de toutes nuances,
- et beaucoup d'opportunistes.
De plus, de nombreux élus, certainement de très bonne volonté, n'ont aucune expérience et ne connaissent rien, ou si peu, des pratiques politiques et se retrouvent englués dans la mer des sargasses institutionnelles et sont les cibles de toutes les manipulations, de toutes les instrumentalisations.

Seront Ils, seront elles assez résistant(e)s pour voter en leurs âmes et conscience comme ils ou elles l'affirment ?

A moins d'une grosse poussée d'autoritarisme tout à fait possible de l'exécutif, il semble que cette majorité soit bien fragile car des défections ne manqueront pas d'arriver lors des points de friction entre les diverses composantes.
On nous dit que trois mois de présidence se sont pas suffisants pour porter un jugement pertinent sur le modèle politique qu'entend mener Emmanuel Macron, pourtant, il est évident qu'il néglige la devise républicaine de la France : Liberté, Egalité, Fraternité. En effet, si la politique engagée par le nouveau gouvernement fait sien le premier terme, dans le sens de la liberté économique - liberté de la concurrence, d'entreprendre, du marché, libéralisation de l'emploi - il est prêt à limiter les libertés personnelles des citoyens en faisant passer une partie importante de la loi sur l'état d'urgence dans le droit commun.

Inutile d'être devin pour comprendre qu'il s'agit d'une politique néolibérale - de type tchatchérienne - qui se s’embarrasse pas des termes d’égalité et de fraternité. La suppression de l'APL qui touche essentiellement les personnes victimes de précarité en est la preuve.

Aussi, iI n'est pas sûr que la fraction de gauche qui s'est laissée abuser par les discours du candidat Macron suivra sans regimber au parlement.

En ces jours de rentrée, un rendez-vous électoral sera déterminant, celui des élections sénatoriales de fin septembre. Il est vital pour la démocratie et la tranquillité des Français de ne pas donner une majorité au Sénat à la REM. il n'est pas certain que cela suffira à empêcher des mouvements sociaux importants dans notre pays et le gouvernement devra être particulièrement attentif au bruit de fond de la rue car le degré d'exaspération maximum de la population est proche d'être atteint.

Alors, le citoyen qui s'est fait berner et mépriser par les hommes politiques depuis plus de 35 ans aura deux alternatives possibles.

Soit l'apathie, la servitude volontaire, en attendant des jours meilleurs ; je n'y crois pas.

Soit la réponse offensive de la rue ; qui me semble beaucoup plus probable. 

Jean-Claude VITRAN

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux