lundi 23 octobre 2017

Le président Macron est-il républicain ?



La question « le président Macron est-il républicain ? » se pose aujourd'hui.

La réponse me semble claire : non, Emmanuel Macron n'est pas républicain puisque c'est une conjonction d'intérêts financiers, économiques et privés sans programme politique qui l'a porté au pouvoir pour gouverner la France. 

D'ailleurs, il n'a pas besoin de programme, puisqu'il est, seulement, le super PDG de l'entreprise France, le responsable de sa gouvernance, selon le mot à la mode. L'objectif qu'on lui a assigné est de maximiser les profits de la Start-up nationale.

Son seul mot d'ordre : Réussissez ! c'est la loi.

Et tant pis pour ceux, les plus nombreux qui ne réussissent pas ; ceux là ne sont rien, ce sont des illettrés, des poivrots, des fainéants, des fouteurs de bordel … enfin des minables qui ne méritent pas qu'on s'occupe d'eux, ou simplement à la marge pour avoir la paix.

Depuis son élection, par ses attitudes et ses propos il a montré son profond mépris pour le peuple. Peut-être, d'ailleurs, n'est-ce pas du mépris, mais seulement de l'indifférence ... ou plutôt de la suffisance, de la condescendance, du sentiment de supériorité.

Bien qu'il ait dérogé à ce principe en acceptant, récemment, d'être interviewé à la télévision, rappelons-nous la justification de son mutisme lors du 14 juillet 2017 : « la pensée complexe du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes ».

Les journalistes sont-ils un peu idiots, ou, pire, sont-ce les Français qui le sont ?

Cette attitude a grandi le fossé qui se creuse entre les citoyens et le président. Lui n'en a cure : il ne fait pas de politique, il est manager et un bon manager ne tient pas compte de l'opinion publique mais seulement de la courbe des profits.

Dans une tribune du journal Le Monde, Alexandre Viala écrit : « Ni de droite ni de gauche, le libéralisme qu’incarne Emmanuel Macron est le nom d’une forme de gouvernement qui se présente comme un défi à la démocratie qui dans la doctrine politique anglo-saxonne, est appelé « épistocratie1 ».

Ce néologisme, peu usité, qui caractérise un gouvernement dont le pouvoir est confié aux savants2 signifie la fin de la République - chose publique - partagée par tous.

En effet, être républicain c'est accepter la démocratie comme un espace collectif où chacun par sa contribution individuelle permet l’émergence de décisions communes et légitimes. Mais, pour les « sachants » composant l'épistocratie, il n’existe que les lois naturelles du marché - la main invisible – celles qui appauvrissent la pensée et qui dépossèdent les individus de leurs droits politiques, de leurs souverainetés et par delà qui conduisent à la mort de la démocratie.

Les citoyens n'ont plus leur place dans ce dogme économico-financier ; ils ne reste plus que des consommateurs transparents, des chiffres sur des tableaux statistiques, des masses globales, qui, cependant, doivent impérativement participer aux résultats financiers du pays sous peine d'être, dégradés, exclus et renvoyés au caniveau.

Nous subissons depuis le 7 mai 2017 cette gouvernance déshumanisée qui creuse tous les jours de profondes inégalités et conduisent notre pays à la faillite.

Jean-Claude VITRAN

1    https://fr.wikipedia.org/wiki/Epistocratie
2   L'idée est ancienne. Déjà, dans La République Platon estimait souhaitable de confier le pouvoir aux philosophes.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux