vendredi 30 décembre 2016

Fraternité 2017


La fraternité revisitée à l'approche de l'an 2017.

L'année qui approche sera dure aux hommes de la Terre, n'en doutons pas !
Les risques en tous genres, électoraux, climatiques, écologiques, terroristes, etc, vont s'y multiplier.
La fraternité, la grande oubliée, aura du mal à y trouver sa place bien qu'elle nous soit essentielle.
Fraternité est le vocable qui tient la troisième place dans la devise de la République française.
Il n'y a, pourtant, aucune hiérarchie entre Liberté, Égalité et Fraternité.

La devise républicaine figure à l'article 2 de la Constitution de 1958.
Elle a été adoptée officiellement, une première fois, le 27 février 1848 par la Deuxième République.
La Troisième République ne l'a inscrite aux frontons des édifices publics qu'après le 14 juillet 1880.
Les mairies et même nombre d'églises affichent, de nos jours, ce message républicain.
Mais la signification politique de Fraternité a mis du temps à s'imposer et ce n'est pas terminé.

La fraternité englobe, associe et déborde la solidarité, l'hospitalité et la charité.
La solidarité rapproche, renforce et unifie ceux qui font face ensemble, en temps de malheur.
L'hospitalité est l'accueil de toute personne en détresse, notamment, et pas seulement les malades.
La charité est empathie, altruisme, philanthropie, secours et assistance, amour en un mot.
La fraternité, elle, est constante, publique et globale ; c'est un mode de vie sociale.

La fraternité ou, de son nom féminin, la sororité, est le sentiment d'appartenance à la même famille.
Il ne s'agit pas, toutefois, de la famille charnelle mais de la famille humaine dans toute son étendue.
À chacun de savoir, de découvrir et de comprendre jusqu'où s'étend cette proximité terrestre.
La patrie est la terre des pères et, cependant, elle limite souvent la fraternité plus qu'elle ne n'élargit.
La fraternité est universelle et fait, de tous les humains, femmes et hommes, un seul peuple.

Il a fallu beaucoup de temps, et il en faudra encore, pour que tous les Terriens se sachent frères.
Les religions créent, ou au contraire brisent, le lien de la fraternité.
Il n'est pas sûr que celui qui parle d' « enfants de Dieu » admette qu'alors nous soyons tous frères.
Dénoncer le mécréant, l'infidèle, l'impie, l'incroyant, c'est refuser d'être frère ou sœur d'autrui.
Dans une République laïque, si nul n'est banni, c'est une lutte quotidienne que de le faire prévaloir.

La laïcité a place dans la devise républicaine, sans s'y ajouter, car elle est en son cœur et la cimente.
Point de liberté de penser et d'agir là où domine une doctrine ou une religion d'État.
Point d'égalité si des discriminations hiérarchisent ou fragmentent le corps social.
Point de fraternité quand les divisions sont nourries par l'intolérance et le sectarisme.
La laïcité seule permet la confrontation des idées sans conduire à l'affrontement des personnes.

La fraternité, - et c'est pourquoi beaucoup s'en méfient -, est un cosmopolitisme pratique.
Car, vue du ciel par les cosmonautes, la Terre ne connaît pas de frontières.
Ce point de vue cosmique, voire cosmopolitique, fonde, physiquement, la fraternité terrestre.
Cette fraternité politique, et non sentimentale, est source permanente de paix.
La fraternité met la paix en marche, pas en mots, et tolère volontiers nos multi-appartenances.

La fraternité irrite ceux qui ne trouvent leur équilibre, leur sécurité, que dans les replis identitaires.
Car la fraternité écarte toutes les unifications hâtives et abusives dont le nationalisme.
Elle ne peut que s'ouvrir à qui cherche refuge.
Elle ne craint pas la diversité et tolère volontiers nos multi-appartenances.
La fraternité, la valeur, de fait, la plus battue en brèche est à remettre constamment en œuvres.


Jean-Pierre Dacheux

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

N'hésitez pas à formuler un commentaire.
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux