mardi 5 janvier 2016

Le système est au bout du rouleau !

« Le système est au bout du rouleau ! » cette phrase est répétée comme un avertissement par de nombreux politologues.

Pourtant lors du premier Conseil des ministres tenu lundi dernier, 4 janvier 2016, François Hollande a sans surprise rappelé que le premier défi restera en 2016 la riposte au terrorisme.

Ce n'est pas une révélation, mais le gouvernement n'écoute pas le message de la rue, où plutôt, malgré les résultats calamiteux des dernières élections qui devraient sonner comme un coup de semonce, il se moque de ce que le peuple français souhaite : un changement radical de politique.

Le trio « Hollande, Valls, Macron » a décidé de faire du défi sécuritaire la machine de guerre de l'élection présidentielle de 2017. La proposition de déchéance nationale des binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme fait, effectivement, le débat dans le champ clos politico-médiatique, mais les Français, dans leur majorité, agacés par la vacuité de ces échanges, ont des préoccupations bien plus prosaïques.

Selon une enquête Harris Interactive, réalisée entre le 24 et le 29 décembre, le chômage demeure leur première inquiétude (77%) pour l'année 2016. L'insécurité constitue la troisième préoccupation (62%), devant le système social (60%), le pouvoir d'achat (59%) ou encore la croissance économique (56%), et trois français sur quatre ne veulent plus voir François Hollande et Nicolas Sarkozy se présenter à l'élection présidentielle mais aspirent à un gouvernement d'union nationale. (70 %)

L'inconséquence et l'irresponsabilité de la classe politique française deviennent pathétiques quand on remarque que le favori de l'opinion aura 72 ans lors de la prochaine élection, qu'il a été ministre en 1986 et Premier ministre en 1995.

La France a besoin d'un sursaut politique, d'une réforme constitutionnelle - c'est le seul point d'accord du peuple avec François Hollande - pas pour pérenniser l'état d'urgence, ni fixer dans le marbre une inutile et dangereuse déchéance nationale, mais pour transformer en profondeur les institutions et donner une vraie démocratie au pays.

Les potentialités sont énormes, mais notre pays est sclérosé, bloqué par une classe politique ringarde, refermée sur elle-même et sans vision d'avenir. Le pays est miné par le chômage de masse et l’ascenseur social est en panne.

Au lieu de chercher sa réélection par des moyens douteux, le Président de la République et son Gouvernement devrait s'occuper d'un autre état d'urgence, l'état d'urgence sociale, celui des vraies réformes, celles qu'attendent les Français dans une France encalminée.

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

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