mercredi 6 août 2014

Réfléchir, c'est commencer à désobéir.


Un texte cartonne sur la toile. Nous le reproduisons ci-dessous. Est-ce une répétition inutile ? Nous ne le pensons pas : il faut contribuer à diffuser les textes qui font penser (et désobéir). Pour éviter aux moutons de se faire tondre, encore faut-il qu'ils échappent au troupeau ...

Ce disant, nous ne prônons pas l'individualisme orgueilleux des belles âmes qui déplorent puis se taisent. Désobéir n'est pas une doctrine en soi ! Désobéir n'est pas la cause mais la conséquence de notre refus de la soumission passive.Voici venu le temps de l'anarchie, pas celle de la bande à Bonnot, mais celle de la démocratie véritable où la responsabilisation l'emporte peu à peu mais irréversiblement. Qui obéit sans réfléchir finit par tout accepter, y compris « la banalité du mal ». Qui obéit parce qu'il approuve doit veiller scrupuleusement à ne pas se tromper. Qui n'obéit qu'à sa conscience est plus proche de ce qui fait qu'un homme est un homme.
Ouvrons ce débat que refuse, par avance, ceux qui nous aliènent, nous déterminent et nous exploitent.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran.

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Publié par : http://www.legrandsoir.info/reflechir-c-est-commencer-a-desobeir.html

Réfléchir, c’est commencer à désobéir


Daniel Sergal

Je ne viole pas les règles, je les ignore.

En tout temps et en tous lieux, des hommes ont cherché à imposer leur loi, à prendre le pouvoir sur le reste de la population. Les États usent de la force (police, justice, armée), les religions de la peur (enfer et damnation) pour nous soumettre. Au vingtième siècle, d’autres formes de pouvoir sont apparues : les multinationales imposent leur système libéral et leurs produits commerciaux, la finance et les banques dominent l’économie, les médias abusent des moyens de communication modernes pour vendre la désinformation au service des complices précédents. Les tenants de cette oligarchie se serrent les coudes, s’entraident, se soutiennent pour faire régner l’ordre mondial destiné à asservir les citoyens et en faire de simples consommateurs obéissants. À l’échelle mondiale, on voit donc s’instaurer une ploutocratie, drainant pouvoir et argent, au détriment du citoyen qui voit (ou qui ne voit pas) ses libertés s’amenuiser et ses richesses fondre en même temps que les richesses naturelles et culturelles de l’humanité. Ce système occulte ne s’impose aucune loi, il se dit « libéral », c’est à dire que tous les coups sont permis pour parvenir à ses fins, le profit et rien que le profit, quelque soit le prix à payer pour le reste de l’humanité et les générations futures.

Cette junte capitaliste puise son autorité dans l’argent dont elle dispose pour acheter les auxiliaires qui conforteront son empire : les hommes politiques qui édicteront des lois opportunes, les médias qui orienteront le citoyen, les commerçants qui lui vendront du bonheur, sans oublier les instances sportives qui le divertiront et les loteries qui lui feront croire à des jours meilleurs. Le but caché est une infantilisation générale pour aboutir à un conformisme docile qui sera permissif à toute avancée libérale. On remarquera que, dans la plupart des cas, la soumission n’est pas obtenue par l’usage de la force publique tant les alternatives en ce domaine sont variées et efficaces pour obtenir la sclérose intellectuelle souhaitée. La peur est plus radicale pour dominer. En terme d’économie, la peur entretenue est celle du chômage, de la pauvreté et de l’exclusion. Son efficacité est redoutable pour détricoter les acquis sociaux et diminuer les salaires en toute quiétude.

Le capitalisme entretient aussi le dogme du bonheur engendré par l’argent et la consommation tout en sous-entendant que le collectivisme conduirait irrémédiablement au malheur et à la pauvreté. Contester ce dogme remettrait en question tout un système de vie et de pensée. Cette crainte de l’inconnu permet d’abolir tout sens critique et d’exploiter la crédulité des populations en les maintenant dans une forme de dépendance économique. Comme il est plus facile de croire ce qu’onnous affirme officiellement, que de s’aventurer dans l’indépendance intellectuelle, personne ne bouge. L’obéissance conduit à une déresponsabilisation individuelle paralysant l’émergence de la protestation. Le conformisme et l’inertie ont, de tout temps, été les plus sérieux obstacles à l’évolution de l’humanité.

C’est dans ce contexte que naissent néanmoins de par le monde des foyers de contestation issus d’esprits lucides et frondeurs, révoltés de voir se creuser les inégalités et impuissants à stopper la destruction des richesses écologiques et le pillage des ressources naturelles. Ils sont aidés dans leur combat par des médias dits « alternatifs ». Aux yeux des autorités, toute réflexion personnelle devient suspecte par la capacité d’analyse, de critique et de rébellion qu’elle suscite. Les États, complices du libéralisme, trouvent dans la législation des outils (ou les fabriquent) pour marginaliser, culpabiliser et réprimer les frondeurs qui sont assimilés à des délinquants, voire à des terroristes avant d’être offerts à la vindicte populaire par le lynchage médiatique.

À une très grande majorité, dans une société démocratique, les gens font ce qu’on leur dit de faire sans tenir compte de la nature de l’acte prescrit et sans être freinés par leur conscience, dès lors que l’ordre semble émaner d’une autorité légitime. Les contestataires partent de l’axiome inverse, à savoir que la pertinence d’une idée n’est pas toujours corroborer par la loi et peut même s’y opposer. Albert Einstein disait : « Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l’État te le demande. » (Discours et entretiens). Et Gandhi allait même plus loin en affirmant : « La désobéissance civile est le droit imprescriptible de tout citoyen. Il ne saurait y renoncer sans cesser d’être un homme. » À la vue des drames sociaux et des catastrophes écologiques causées par le capitalisme, il n’est pas incongru de contester la légitimité d’un gouvernement qui cautionne ces orientations économiques. Les Nations Unies reconnaissent l’accès à l’eau comme un droit fondamental de l’Homme, face à cette déclaration, le droit à polluer que s’octroient sans vergogne les multinationales est-il justifiable ? Si la réponse est oui, le droit puis le devoir de désobéissance deviennent à leur tour justifiables. Face au désastre écologique prévisible, les générations futures ne nous dégageront pas de nos responsabilités au nom du respect des lois.

Comme l’avait remarqué le Dr Gustave Le Bon dans son ouvrage « Les opinions et les croyances » : « L’immense majorité des hommes ne possède guère que des opinions collectives. Les plus indépendants eux-mêmes professent généralement celles des groupes sociaux auxquels ils appartiennent. » À ses yeux, l’homme descend de plusieurs degrés sur l’échelle de la civilisation et devient un barbare dès qu’il fait partie d’une foule organisée. Il se laisse impressionner par des mots, des images qui n’auraient aucun impact sur chacun des individus isolés, mais en foule, il commet des actes contraires à ses intérêts les plus évidents. Combien d’entre nous ont vraiment des opinions personnelles sur ces sujets et, dans ces cas, combien osent les exprimer ?

Réjouissons-nous (mes frères) que des hommes se lèvent pour crier leur colère et désobéir aux ordres de l’économie libérale, il n’est pas utopique de penser que leur capacité de discernement éclairera le chemin de l’avenir.


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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux