samedi 28 novembre 2009

Laissons Albert Camus dormir sous les oliviers.

Je suis "un homme révolté" !


Révolté que l’on veuille arracher Camus à son repos éternel, sous les oliviers, pour de basses raisons de manipulation de l’opinion publique et pour servir une conception de l’identité nationale qui n'est qu'un simple nationalisme autoritaire.


Révolté que, pour satisfaire une ambition personnelle, on veuille l’enfermer dans un univers de pierre sombre et glacial, loin du chant des cigales, fut-ce le Panthéon.



Dans La peste, Albert Camus fait dire au docteur Rieux : "la vraie patrie est au-delà des murs de cette ville étouffée. Elle est dans les broussailles odorantes des collines, dans la mer, les pays libres et le poids de l’amour. Et c’était vers elle, vers le bonheur, qu’ils voulaient revenir, se détournant du reste avec dégoût".


Quelle faute a-t-il donc commise pour vouloir le punir, lui, Camus, l’homme du soleil, né sur les rives de la Méditerranée, en Algérie, avec laquelle il avait des rapports viscéraux, et qui disait être en exil lorsqu’il s’en éloignait?


Même disparu, Albert Camus est toujours un homme libre, enfant de l’école laïque et républicaine qui mettait le devoir de solidarité avec l’humanité souffrante, comme disait Jaurès, en parlant du capitaine Dreyfus, au-dessus de tout.


Il avait l’exigence de se tenir "du côté de ceux, quels qu’ils soient, qu’on humilie et qu’on abaisse".


De quel droit peut-on vouloir récupérer la mémoire de celui qui, dans son discours de réception du prix Nobel clamait : "l’écrivain ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire. Il est au service de ceux qui la subissent". Affirmant, de surcroit , que "les principes qui doivent gouverner les rapports politiques ont valeur universelle".



Albert Camus, Gérard Philippe : deux hommes libres, irrécupérables...

Le prendrait-on pour un laquais que l’on peut mettre au service d’une politique aux antipodes de ses convictions ?


Que reste-t-il aujourd’hui, dans notre société mercantile et individualiste, des convictions défendues par Albert Camus dans son œuvre ?


Peu de choses, alors allez chercher ailleurs d’autres symboles! Cela ne doit malheureusement pas manquer !


Et laissez Albert Camus dormir tranquille sous les oliviers.



Au Panthéon, lui manqueraient les fleurs vivantes...
Jean-Claude Vitran

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux