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lundi 19 mai 2025

FIN DE VIE


Avant d'aborder le thème de ce billet, il me semble nécessaire d'apporter quelques précisions sur les différents actes dont il est question.


Soins  palliatifs

Il s’agit de soins actifs délivrés aux personnes atteintes d’une maladie grave, évolutive ou terminale. Leur objectif est de soulager les douleurs physiques et les souffrances psychique, sociale ou spirituelle.


Euthanasie

C’est un acte destiné à mettre délibérément fin, à sa demande, à la vie d’une personne atteinte d’une maladie grave et incurable dans le but de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable.


Assistance au suicide

Cela consiste à donner les moyens à une personne de se suicider elle-même en absorbant un produit létal qui lui a été préalablement fourni.


Suicide assisté

Dans le cas du suicide assisté, la personne qui veut se suicider mais qui n’en est pas physiquement capable, a besoin de l’action d’un tiers. La différence avec l’euthanasie est ténue, 


Aide active à mourir

L’euthanasie et l’assistance au suicide peuvent être considérées comme des aides actives à mourir. 


Sédation profonde et continue jusqu’au décès

C’est une mesure qui consiste à endormir de façon irréversible et arrêter d’alimenter et d’hydrater artificiellement un malade incurable en fin de vie. Elle est déjà autorisée pour les malades en phase terminale et en très grande souffrance dont la vie est menacée à court terme.

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Les différents sondages d'opinion vont tous dans le même sens, plus de neuf Français sur dix sont favorables à une évolution de la loi qui permettrait de pratiquer l'euthanasie lorsque le malade, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande. Les pourcentages sont identiques en ce qui concerne le recours au suicide assisté et 74 % des médecins jugent souhaitable que la France légalise l'aide médicale active à mourir pour les patients qui la demandent expressément et de manière réitérée.

Cependant, si 90 % des personnes en bonne santé se disent favorables à l'accès à l'euthanasie, seules 0,3 % des personnes gravement malades persistent dans une telle demande quand elles sont accompagnées, soulagées, soutenues. 

Si le Président de la République n'avait pas pris la décision de dissoudre l'Assemblée Nationale la France serait doté d'une loi sur la fin de vie puisque le vote était prévu dans la semaine suivant la dissolution de l'Assemblée Nationale le 9 juin 2024.

Cette décision arbitraire d'Emmanuel Macron a eu des conséquences tragiques pour certains malades qui attendaient impatiemment le vote afin d'abréger leurs souffrances. 1

Près de neuf mois après cet arrêt brutal, l'Assemblée Nationale se penche à nouveau sur le sujet, et le texte initial de 2024 a été scindé en deux propositions par la volonté du Premier ministre François Bayrou. Je reviendrai sur ce point à la fin de ce billet.

Un premier texte  qui concernera les soins palliatifs et d’accompagnement. Au passage, il faut noter qu'une vingtaine de départements sont encore dépourvus d’une unité de soins palliatifs.

Le second texteI instaure un droit à l’aide à mourir permettant aux malades souffrant d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale et ne supportant plus leurs souffrances, de recevoir ou de s’administrer une substance létale.

En commission les députés ont décidé que le malade aurait le choix entre faire le geste lui-même (suicide assisté) ou de recourir à un soignant (euthanasie). 

Alors qu'en juin 2024, l'ensemble des députés étaient d'accord pour adopter le texte, la nouvelle Assemblée est plus divisée et le second texte fait débat surtout chez les conservateurs de droite et d'extrême droite.

Dans notre pays, la fin de vie est la période où une personne souffre d'une maladie grave, incurable dont le pronostic vital est engagé. À ce stade, l'objectif médical n'est plus de guérir, mais de soulager les douleurs de la personne en respectant ses volontés jusqu'à la la fin. Les soins palliatifs qui visent à soulager la douleur et la souffrance physique et psychologique, en respectant la dignité du patient, permettent au corps médical de remplir cette mission.

Dans le respect des lois de la nature, la mort est un événement naturel : on naît, donc on meurt, mais ce passage d'un état à un autre nous oblige à aborder plusieurs questions fondamentales, particulièrement celles de la dignité, de la liberté, de la responsabilité, et du sens de la mort.

Comme pour toute notre vie - de notre naissance à notre mort - la notion de dignité donc de mourir dans la dignité est centrale dans le discours philosophique et éthique et la fin de vie doit être accompagnée d’un respect inconditionnel de la personne humaine, en évitant de voir ce moment seulement à l'aune d'un texte législatif.

De plus, nous sommes tous singuliers avec une histoire, une expérience humaine unique et notre fin de vie ne peut pas être réduite à une simple question médicale, mais doit être abordée comme une problématique éthique, existentielle et morale, en préservant la dignité, la liberté et la compassion dans le respect de l’humanisme mais aussi de l'environnement familial.

Si le suicide assisté dont la prise de décision est personnelle et de la responsabilité et de la liberté de chaque individu semble poser peu de problèmes éthiques, en dehors, bien entendu des questions de croyance, l'euthanasie pose des questions plus complexes car elle n'est pas seulement du domaine individuel puisqu'elle requiert l'acte d'un tiers.


Ce tiers fait "mourir" or nos sociétés ont le respect de l'interdit du meurtre comme principe éthique fondamental et ont aboli la peine de mort et il sera, donc, fondamental que la responsabilité de cette pratique soit diluée par une décision collective élargie.


En ce qui me concerne, je ne comprends pas et ne partage pas les idéologies et les croyances qui ne veulent pas d'interventions humaines pour atténuer et soulager les souffrances de la fin de vie. 

Grâce aux progrès de la médecine nous savons aujourd'hui calmer en partie les douleurs de l'agonie et l'élévation du niveau culturel de nos sociétés a fait tomber de nombreux tabous qui empêchaient des interventions humaines pour abréger les supplices de la fin de vie. 

Aussi, comme la majorité de mes compatriotes, je pense que, dans le respect de la stricte dignité humaine et des libertés individuelles, les lois, actuellement, en discussion à l'Assemblée Nationale et ensuite au Sénat doivent être votées et promulguées rapidement.

Pour terminer ce billet, je voudrais rappeler à nos élus un grand principe qui devrait guider leurs actions comme ministres et aussi les votes à l'Assemblée Nationale et au Sénat.

L'année dernière, la discussion parlementaire portait sur un seul texte de loi.

Cette année, François Bayrou, Premier ministre, a décidé de proposer au Parlement deux textes de loi.

Pourquoi ?

Simplement, parce qu'il n'est pas d'accord avec la seconde loi sur l'aide à mourir et qu'il espère qu'elle sera repoussée par les parlementaires. Il n'est, d'ailleurs, pas tout seul, les conservateurs, Bruno Retailleau en tête, lui emboitent le pas. 2 

Je voudrais leur rappeler, ou leur apprendre, le principe philosophique développé par John Rawls le voile d'ignorance

Je voudrais, aussi, leur rappeler que la Constitution de 1958 affirme à la fin de son second article le postulat fondamental suivant : gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Le voile d'ignorance consiste à se placer dans une "position originelle" où les individus, derrière un voile d'ignorance, ignorent leur propre situation sociale, économique, leurs talents, leur sexe, leur race, ou leurs préférences personnelles. En étant dans cette position, ils doivent choisir des principes de justice sans connaître leur propre avenir dans la société.

L'objectif est de garantir l'impartialité dans la définition des règles sociales, en évitant que les décisions soient influencées par des intérêts personnels ou des préjugés. Cela permet de concevoir des principes universels qui bénéficieraient à tous, notamment aux plus vulnérables.

Le voile d'ignorance est un outil de réflexion qui invite à concevoir une société juste en se détachant des intérêts particuliers, en se mettant à la place de tous, pour déterminer des règles équitables et universelles.

Je crois que lorsqu'on est un représentant du peuple on se doit de gouverner avec le voile d'ignorance devant les yeux.


Jean-Claude Vitran


1.  Voir le billet du 12 juin 2024

2    On nous a déjà fait un coup similaire en 2005

vendredi 9 mai 2025

GAZA, NON A L'INDIFFERENCE

 Nous sommes au lendemain du 8 mai où la France a commémoré le 80ème anniversaire de la victoire de 1945.

A juste titre, on a glorifié les héros, on a distribué des médailles, on a rallumé la flamme de l'Arc de triomphe de Paris, mais on a oublié les 60 millions de victimes que fit le conflit – 40 millions de civils et 20 millions de militaires.

Encore qu'il s'agit d'une estimation basse, car certains historiens évaluent les pertes humaines à 85 millions. 

Depuis mai 1945, l'humanité a connu plus de 120 conflits importants1 qui ont continué et continuent, au moment où j’écris ce billet, à faire dans l'indifférence générale des millions de morts - enfants, femmes et hommes qui n'ont rien demandé sinon de vivre.

Installés dans le confort de nos canapés, nous regardons, d'un œil distrait, dans la lucarne médiatique les bombes tombées sur Gaza, Kiev, le Soudan ou le Cachemire ... comme s'il s'agissait d'un jeu vidéo.

Personnellement, j'ai la nausée devant les images de Gaza où sans discernement on balance des bombes sur des civils, pauvres otages d'un odieux conflit – 15 000 enfants sont déjà victimes de ce que, je crois, on peut appeler un génocide.

On ne peut pas rester insensible à ces monstruosités, c'est pour cette raison que je publie sur mon blog cet appel de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Jean-Claude Vitran


Impunité totale : Israël toujours plus loin dans le génocide et sa volonté d'effacement du peuple palestinien.

Après avoir rétabli un blocus total le 2 mars et rompu le cesse- le-feu le 19, après avoir annoncé le partage de la bande de Gaza en cinq zones encadrées par des zones militaires, Israël a annoncé le 5 mai un « plan de conquête  » de la bande de Gaza et rappelé des dizaines de milliers de réservistes. Avec pour objectif le « départ volontaire des Gazaouis  », en clair un nettoyage ethnique, une aggravation du génocide en cours et une occupation complète et prolongée de la bande de Gaza.

Pour le ministre des armées Israël Katz, les Gazaouis n’ont d’autre choix que « partir ou mourir ». D’octobre 2023 à juin 2024, Amnesty International avait déjà recensé 102 appels criminels de ce genre à la destruction d’un peuple émanant de responsables israéliens. Les Palestiniens savent depuis l’exode forcé de 1948 que partir c’est ne jamais pouvoir revenir dans leur patrie. C’est le cas de 70% des Gazaouis réfugiés dans des camps depuis cette Nakba.

Ce nouveau plan israélien est celui qui se dessinait dès le 8 octobre. Il piétine le droit international, le droit humanitaire, les Conventions de Genève et la Convention contre le génocide. Le 5 mai, l’Union européenne se dit préoccupée, Berlin rejette ce plan, Paris finit par réagir. Mais aucun État européen n’annonce de mesures diplomatiques (rappel d’ambassadeurs…), économiques (interdiction du commerce des produits venant des colonies…). Aucun ne demande de suspendre l’accord d’association UE-Israël en vertu de son article 2 bafoué par Israël ou d’exclure Israël d’autres partenariats comme cela a été appliqué à la Russie dès son agression contre l’Ukraine.

La seule réponse de la France sous la forme d’une reconnaissance très tardive et conditionnelle de l’État de Palestine est en décalage complet avec l’urgence absolue de protéger le peuple palestinien en grand péril.

Bien que le « bilan » soit déjà terrible et aurait dû leur suffire depuis longtemps pour agir et sanctionner, une bonne partie du monde politique, médiatique, intellectuel… refuse encore de nommer le crime, refuse d’utiliser le terme génocide et même « génocide plausible » comme a conclu la Cour Internationale de Justice (CIJ) dès le 26 janvier 2024… il y a plus de 16 mois. D’autres sont dans l’indifférence complice, dans la cécité volontaire ou le soutien ouvert et assumé au génocide !

Bien que les grandes ONG de terrain et les agences de l’ONU rapportent et alertent le monde entier sur ce génocide largement aggravé et avéré, aucune sanction n’est évoquée ou envisagée. Dix-neuf mois après l’attaque criminelle et meurtrière des groupes armés palestiniens le 7 octobre en Israël ayant fait 1200 morts, et la prise de 250 otages, les tirs et bombardements israéliens ont tué au moins 53 000 personnes dans la bande de Gaza dont 17 000 enfants, des dizaines de milliers de malades chroniques sont morts faute de soins, des milliers de victimes encore sous les décombres. Au total 200 000 morts selon des experts médicaux. À l’échelle de la population française, 34 fois plus nombreuse, ce serait 1,8 millions de tués dont plus de 578 000 enfants. Effroyable, monstrueux !

Combien faut-il encore de dizaines ou de centaines de milliers de personnes tuées pour agir et prendre des sanctions : 300 000 ? Plus ? 40 000, 100 000 enfants ?

Combien faut-il encore de quartiers, hôpitaux, tentes, distributions alimentaires bombardées, de centaines de soignants, humanitaires (400) et journalistes (212) assassinés ?

En Cisjordanie occupée, dont Jérusalem-Est, le nettoyage ethnique et la violence de l’armée et des colons sont décuplés : plus de 1000 tués, expulsion de 40 000 personnes de camps de réfugiés, récoltes et vergers détruits, villages rasés, habitations détruites, bombardements, plus de 10 000 prisonniers politiques dans des prisons transformées en centres de torture : Israël y reproduit la stratégie en cours à Gaza.

Josep Borrell, ancien haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères plaide le 29 avril pour le retour urgent au droit international, le recours aux leviers d’action contre Israël, et le refus du « fait accompli  ». L’Assemblée générale des Nations unies a aussi exigé le 18 septembre 2024 qu’Israël mette fin dans un délais de 12 mois à l’occupation illégale du territoire palestinien et à sa colonisation, un crime de guerre. C’est précisément le contraire que fait Israël : toujours plus loin dans l’occupation, dans la colonisation, dans l’annexion de territoire et dans son régime d’apartheid.

À quelques jours du 15 mai, jour de la commémoration de la Nakba, la catastrophe qui a vu 800 000 Palestinien·nes chassé·es et dépossédé·es de leurs terres entre 1947 et 1949, après plus de 77 ans de dépossession et d’expulsion, la Nakba continue et arrive à un paroxysme : c’est l’existence même du peuple palestinien qui est menacée, c’est son effacement qu’Israël vise par son génocide.

L’heure n’est donc plus aux paroles ou aux déclarations d’intention mais définitivement aux actes, aux sanctions contre un État génocidaire à qui le monde doit imposer le droit face à la faillite totale dont il se rend coupable jusqu’à maintenant.

L’heure est aux sanctions contre les criminels et pas contre celles et ceux qui dénoncent ce génocide en cours et ont l’impression de hurler dans le désert depuis plus de 19 mois !

C’est notre humanité à toutes et tous qui est en jeu : soit nous réagissons, soit nous sombrons !

La France et l’UE doivent agir, fortement et rapidement !

Les sanctions c’est maintenant !

Anne Tuaillon, Présidente de l’Association France Palestine Solidarité


Association France Palestine Solidarité

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1 Conflit depuis 1945 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines

vendredi 25 avril 2025

ALLO, BONJOUR MAMIE ...

Une information a retenu mon attention :

Partant du principe que l'on vit tous « à 100 à l'heure », inTouch propose une IA 1 conversationnelle qui va se charger… d'appeler vos proches à votre place.

Selon ses concepteurs, inTouch est un outil de dialogue IA, conçu pour engager « des conversations enrichissantes, ludiques, mais aussi profondes. »

Pour faire simple, il s'agit d'une IA conversationnelle qui va se charger - pour 30 euros par mois - d'appeler vos proches, afin de leur faire la discussion à votre place. La société promet des conversations naturelles, adaptées à la personnalité de l'interlocuteur et à ses centres d'intérêt. Pour inTouch, il s'agit de maintenir un lien, de stimuler l'esprit et de rassurer les familles. 2

D'aucuns diront « on arrête pas le progrès » !

Je crois que « ce progrès » pose des questions philosophiques et sociétales importantes en matière de relations humaines et qu'il est légitime de se questionner pour savoir s'il s'agit réellement d'un progrès.

Les créateurs de cette technologie affirment que leur invention maintient le contact entre les générations et ils insistent sur le fait qu'elle offre une solution pour ceux qui n'ont pas le temps ou l'envie de contacter régulièrement leurs proches ???????

En dehors de la problématique éthique, il me semble, plutôt, que l'utilisation de l'IA pour des interactions personnelles réduit la qualité des relations humaines et nous rend de plus en plus dépendant de la technologie. 

Qu'elle est l'utilité de ce service ? 

Vouloir rompre l'isolement des personnes âgées, qui est un vrai problème, par l'intervention d'une relation artificielle n'est certainement pas la solution.

Les développements technologiques, pour la plupart à finalité purement mercantile, ont la fâcheuse tendance à appauvrir les relations humaines. 

Dans ces conditions de déstructuration des rapports humains, est-il vraiment nécessaire de réunir moult débats politico-médiatiques pour se poser des questions sur notre société et sur son niveau de santé mentale ?

Pas plus tard qu'hier, à Nantes, un adolescent qui a poignardé quatre de ses camarades avait écrit dans un courriel : "la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l'humain", revendiquant une "révolte biologique" afin que "l'équilibre naturel, même cruel" reprenne "sa place" contre "l'écocide globalisé".

Même confus, le message de ce gamin est clair ; de nombreux de nos contemporains, jeunes et moins jeunes très angoissés parce qu'ils ne voient plus d'avenir dans nos sociétés, se questionnent sur leur propre devenir. Ce sont les meilleurs clients à l'usage des drogues, des neuroleptiques et du basculement dans la violence.

Dans notre pays, où la psychiatrie est en situation de naufrage, les troubles mentaux représentent le premier poste de dépenses de l'assurance maladie et ils sont responsables d'environ 40 % de l'absentéisme au travail. 

La technologie au service du profit tue les rapports humains et il faudrait là comme dans d'innombrables autres sujets d'actualité prendre d'autres voies.

J'espère encore, mais je doute que nous y arrivions.

Jean-Claude Vitran


1 IA : Intelligence Artificielle

2 Fronton de l'article de Stéphane Ficca du 17.04 parue sur le site Clubic.

jeudi 17 avril 2025

GAZA … UNE ENTREPRISE DE DESTRUCTION MASSIVE

 





Regardez la photo ci-dessus. 1

C'est ce qu'il reste d'un quartier de la bande de Gaza.

Des dizaines d'autres photos, aussi horribles et sinistres, auraient pu trouver leur place dans ce billet du jour car l'ensemble de la bande de Gaza - 41 km de long pour une largeur de six à douze kilomètres et une superficie de 360 km2, environ 2 millions d'habitants – est dans le même état de destruction.

« Gaza est devenue une fosse commune pour les Palestiniens et ceux qui leur viennent en aide », a dénoncé ce mercredi Médecins sans frontières, après les opérations militaires et le blocus qui empêchent l’entrée de toute aide humanitaire et les stocks de nourriture, de carburant et de médicaments sont épuisés.

Sans approvisionnement en carburant, les hôpitaux qui produisent leur électricité ne seront plus en mesure d’opérer ou de maintenir en vie les patients critiques. 

« Il ne s’agit pas d’un échec humanitaire, mais d’un choix politique et d’une attaque délibérée contre un peuple, menée en toute impunité », accuse la coordinatrice de MSF à Gaza, elle ajoute : « Nous assistons en temps réel à la destruction et au déplacement forcé de toute la population de Gaza ».

Selon l’Onu, environ 500 000 Gazaouis ont de nouveau été déplacés depuis la fin du cessez-le-feu le 18 mars alors que près de la totalité des deux millions d’habitants l'avaient déjà été avant le cessez-le-feu.

Le macabre décompte des victimes se monte à plus de 50 000 Gazaouis tués par les bombardements israéliens, auquel il faut ajouter environ 10 000 disparus (sous les décombres) et environ 1 300 victimes Israéliennes. 

L'armée israélienne a communiqué sur son intervention. Environ 30 % de la bande de Gaza a été transformé en périmètre de sécurité où la population palestinienne ne peut pas vivre et Tsahal dit aussi avoir attaqué environ 1 200 «cibles terroristes» par voie aérienne.

Il s'agit bien d'une entreprise de destruction massive … des Etres humains, mais aussi des infrastructures et de l'habitat. Tout est fait pour rendre la bande de Gaza invivable.

Il n'y a plus de doute, 

Donald le bâtisseur va pouvoir envoyer ces maçons pour construire sa nouvelle Riviera puisque Bibi le démolisseur réduit la bande de Gaza à néant et au passage, ils se rempliront les poches.

Je suis né en 1946, c'est à dire au moment de la création de l'Etat d'Israël et depuis tout ce temps, à part les accords d'Oslo de 1994 remis en question après l'assassinat par un Israélien de Yitzhak Rabin, je n'ai jamais entendu prononcer le mot Paix entre Israël et les Palestiniens.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote la résolution 181 sur le plan de partage de la Palestine qui prévoit la séparation du territoire en trois parties : un État juif, un État arabe, et la mise sous contrôle international de Jérusalem. Le partage doit intervenir le 1eroctobre 1948 mais Israël proclame son indépendance le 14 mai de la même année. 

C’est là le commencement de 75 ans de violation du droit international et des résolutions de l’ONU. Entre 1948 et mars 2024, le Conseil de sécurité a adopté 229 résolutions, qui sont demeurées sans effet, sur la colonisation israélienne, le statut de Jérusalem et sur le retour des réfugiés palestiniens.

D'aucun diront qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, c'est vrai … mais la reconnaissance de la Palestine par la République Française qui doit intervenir en juin 2025 est bien tardive.

Toujours la realpolitik, mais aussi les gros sous ...

Depuis François Mitterrand, la République Française a traditionnellement soutenu la solution à deux États, une position réaffirmée par plusieurs présidents français, dont Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

À ce jour, 148 pays sur 193 membres de l'ONU reconnaissent l'État palestinien.


En ce qui me concerne : 

Ce qui se passe à Gaza, et au delà en Cisjordanie, me laisse en état de sidération et de colère.

Comment peut-on arriver à un tel état de barbarie ?

Les gouvernants qui en sont capables ne sont pas dignes d'être qualifiés d'êtres humains, pas même de bêtes car elles ne tuent que pour survivre.

Et, comment l'opinion mondiale peut-elle laisser faire une telle inhumanité sans intervenir ?

Dans le genre, le kamarade Poutine n'est pas mal non plus.

Il n'y a qu'une seule issue : la paix, et la solution à deux États par la reconnaissance des droits des Palestiniens.


PS : J'entends déjà les commentaires sur mon antisémitisme … ne perdez pas votre temps, il n'y aucun antisémitisme dans ces propos. 

J'ai beaucoup de respect pour les Juifs et le peuple Israélien mais je n'ai que du mépris pour ses gouvernants actuels.


Jean-Claude Vitran


1    Crédit photo : FRANCE INFO - HOSAM SALEM / NURPHOTO/AFP

lundi 14 avril 2025

ILS VEULENT TUER LA DEMOCRATIE … NE LES LAISSONS PAS FAIRE !

 

Nous entrons dans un monde où les plus puissants dirigeants se métamorphosent en prédateurs 1, ils organisent le chaos et la fin des démocraties pour asseoir leur règne sans avenir.

Les démocraties occidentales sont attaquées de l'intérieur, mais aussi de l'extérieur par un mal qui les ronge : le populisme. 

Il semble qu'aucun pays de l'Union Européenne n'échappe à ces attaques et les USA viennent de sombrer dans un populisme crasse avec l'élection de Donald.

Winston Churchill disait de la démocratie : c'est le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire. 

A titre personnel, je ne sais pas si c'est le pire système de gouvernement, mais c'est celui qui me convient tout à fait, même si je pense que l'on pourrait réfléchir à certains aménagements.

Avant de le voir, éventuellement, disparaître, quelques repères :

La démocratie est un système politique dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants élus. 

Pour Abraham Lincoln 2 « La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Cette définition a trouvé sa place à l'article deux de la Constitution de 1958 de la République Française. 


Un système politique peut être qualifié de démocratique selon plusieurs critères :

- Le pouvoir appartient à tous les citoyens,

- Les pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire sont rigoureusement séparés,

- Tous les citoyens sont égaux devant la loi,

- Les libertés fondamentales 3 sont respectées,

- Les élections sont libres et permettent de changer le personnel politique.


Les principales formes de démocratie sont :

- La démocratie directe où les citoyens votent directement sur les questions politiques.

- La démocratie indirecte (ou représentative) où Les citoyens élisent des représentants qui prennent des décisions en leur nom. C'est le système politique de la 5ème République Française.

- La démocratie participative qui permet d'augmenter l'implication des citoyens dans la vie politique.

- La démocratie liquide qui combine les démocraties directes et indirectes et permet aux citoyens de déléguer leur vote.

- La démocratie délibérative qui favorise la discussion et le débat avant les décisions.


La caractéristique principale des démocraties est de donner du pouvoir aux citoyens.


D'aucuns considèrent qu'il existe aussi des démocraties dites « illibérales ». 

Je n'arrive pas comprendre de quelle forme démocratique il s'agit. Les élections sont libres (?) mais non libérales, il y a une érosion des libertés publiques, une absence de contre-pouvoirs et les partis sont nationalistes et populistes. En conséquence, ce ne sont pas des démocraties, mais comme souvent, la realpolitik et un manque de courage évident des gouvernants empêchent de qualifier ces pays du titre de régimes autoritaires, voir de dictatures ( exemple : la Hongrie de Victor Orbàn 4, la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan 5 , etc … )

De plus, ces régimes autocrates et souvent tyranniques sont le marchepied de la conquête du pouvoir par les partis populistes et/ou d’extrême droites.

En Europe, ce sont :

France :        Le Rassemblement National

                     Reconquête,

                     mais aussi par certains aspects la France Insoumise.

Allemagne :  Le NPD (Parti National-Démocrate)

                     l'AfD (Alternative pour l'Allemagne)

                     Les "Citoyens du Reich" (Reichsbürger)

Italie :           Fratelli d'Italia

                  La Ligue (Lega)

                  Forza Italia

                    Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle)

Espagne :    Partido Vox 

Autriche :     Parti de la Liberté (FPÖ)

Pologne :     Droit et Justice (PiS)

Pays-Bas :   Parti pour la Liberté (PVV) 

Roumanie :  Alliance pour l'unité des Roumains (AUR)

Hongrie :     Fidesz 

Belgique :    Vlaams Belang

Finlande :    Parti des vrais Finlandais

Danemark : Parti du peuple danois

Et à cette liste, déjà longue, et qui n'est pas exhaustive, il faut ajouter de nombreux groupuscules populistes, nazis et néonazis … mais aussi Donald et sa bande.

Depuis sa victoire, les leaders d’extrême droite européens se sentent pousser des ailes. Ils se sont, en février 2025, retrouvés à Washington au rassemblement annuel des conservateurs américains (Conservative Political Action Conference). 

Toute cette mouvance essaye de répandre le chaos pour prendre «démocratiquement» 6 le pouvoir : en manipulant l'information, avec le concours de pays comme la Russie et ses affidés, en répandant par l'intermédiaire des réseaux sociaux de fausses informations qui sèment la confusion et en créant des alliances de circonstance avec les élites, les milliardaires et les acteurs des nouvelles technologies qui voient là un moyen de déstabiliser les démocraties pour des visées principalement égocentriques et financières.

Les autocrates de l’économie numérique pensent que la liberté individuelle et la démocratie sont «incompatibles».

Pour une majorité d'entre eux, leur principal ennemi est le «totalitarisme woke», sans que l'on sache exactement ce que cela veut dire. Ce n'est pas un conflit entre nations mais une guerre idéologique et culturelle, une contestation du siècle des lumières et un retour à l'obscurantisme rejetant le féminisme, l'homosexualité, la théorie du genre, etc … qui, de Washington à Moscou, de Buenos Aires à Ankara, renverse les anciennes alliances et redessine les frontières.

Cependant le mouvement n'est pas homogène car des divergences idéologiques importantes que l'on pourrait qualifier de schizophrènes sont visibles. 

En effet, qui a t'il de commun entre un transhumaniste libertarien, futur martien, et un populiste obscurantiste climato-sceptique européen ?

Surtout que les libertariens, résidents fortunés de la Silicon Valley, imbus de leur génie estiment qu'ils sont appelés à gouverner la planète.

Les divergences entre tous ces mouvements sont très importantes voire fondamentales, les uns affirment qu'il faut supprimer l'Etat ... les autres pensent le contraire, aussi je crois que la séquence qui est devant nous n'a pas d'avenir. 

Malheureusement, il est certain que les séquelles du chaos qui nous attend seront incalculables et tragiques si elles n'ont pas pour conséquence d'obérer simplement l'avenir de l'humanité.

Alors, réagissons quand il est encore temps !!!!!!


Jean-Claude Vitran 


1 « L’heure des prédateurs » de Giuliano da Empoli - Editions Gallimard

2 Pauvre Lincoln, il doit avoir des problèmes lorsqu'il voit où en sont les USA.

3 https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/index.html

4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Orb%C3%A1n

5 https://fr.wikipedia.org/wiki/Recep_Tayyip_Erdo%C4%9Fan

6 Hitler a accédé démocratiquement au pouvoir - https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler

dimanche 6 avril 2025

LA GUERRE DE L'EAU


Dans mon dernier billet 1, j'ai fait une rapide allusion aux problèmes que l'humanité rencontrera avec la pénurie d'eau dans le monde.

Cette ressource, essentielle à la vie humaine, qui devrait être considérée comme un bien commun devient source de guerre et surtout de profits astronomiques d'un secteur industriel et financier largement dominé par les entreprises françaises.

Chaque année, le 22 mars, les Nations unies par l'UNESCO et l'Organisation météorologique mondiale organisent la Journée mondiale de l'eau afin d'attirer l'attention du monde sur une gestion durable des ressources en eau douce. 

Cette année, cette journée a été consacrée à la préservation des glaciers qui représentent environ 70 % de l'eau douce de la planète et sont des réservoirs naturels qui contribuent à l'approvisionnement en eau potable. Les préserver et les sauvegarder est crucial au bien-être de l'humanité et primordial pour assurer la paix dans le monde.

Pourtant, déjà aujourd'hui, selon les estimations de l’ONU environ 2,2 milliards de personnes vivent actuellement sans accès pérenne à des services d’eau potable tandis que 4,2 milliards de personnes 2 connaissent une pénurie d’eau sur une période d’au moins un mois par an et des conflits entre nations pour la gestion de l'eau deviennent de plus en plus fréquents. 

En 2023, on recense 347 conflits, en hausse par rapport aux 231 incidents de 2022.

Quelques exemples non exhaustifs :

- le Nil et le barrage d'Assouan, en Égypte,

- Au Moyen-Orient : Turquie, Syrie, Irak,

- Le Jourdain entre la Jordanie et Israël,

- Le fleuve Colombia entre les États-Unis et le Canada,

- Le Colorado Entre les États-Unis et le Mexique,

- Etc ...

Dans notre pays, en 2023, une centaine de communes et environ 30 000 personnes ont été touchées par une pénurie d'eau principalement dans le bassin méditerranéen, les vallées du Rhône et de la Saône.

Ces pénuries sont générées par un manque de recharges des nappes phréatiques à cause de la sécheresse hivernale et une consommation « excessive » de chaque français - Environ 148 litres d'eau potable par jour, dont une part importante pour des activités non essentielles. Il est exagéré d'affirmer que la pénurie serait le fait d'une consommation excessive de chaque Français. En effet, la consommation domestique 3ne représente que 24 %, en baisse depuis une dizaine d'année, l'irrigation (agriculture) 48 %, l'énergie (centrales nucléaires) 22 % et l'industrie, seulement, 6 %.

Pour autant, en dehors de réunir chaque année, quelques dispendieuses réunions mondiales qui constatent la dégradation continuelle de la situation, que fait-on ?

Les gouvernements mondiaux sont :

- soit tétanisés par les théories néolibérales et la doxa de la croissance,

- soit climato-sceptiques, ils se moquent totalement du climat.

Pour les technocrates français, la doxa de la croissance est si bien ancrée dans leurs crânes qu'ils ne peuvent envisager que des solutions qui me semblent folles pour compenser ces problèmes d'approvisionnement d'eau.

Un exemple emblématique : 

Depuis les années 1970, la ville de La Rochelle est obligée de capter et traiter l’eau de la Charente à plus de 60 kilomètres de distance à la suite d'une contamination des nappes phréatiques par un pesticide interdit, le chlorothalonil.

Au passage : on ne découvre pas le problème qui existe depuis 50 ans !!!!!!

L’intensification des épisodes de sécheresse et la dégradation continuelle (????) de la qualité des nappes obligent à chercher des solutions.

La technocratie a accouché d'un projet inédit, le transfert de 30 millions de m³ d’eau pour alimenter les 550 000 habitants de la ville depuis la Dordogne à partir de Bort-les-Orgues et la Vienne vers la Charente.

Un projet pharaonique, de 300 à 600 millions d’euros qui soulève de nombreuses questions sur sa faisabilité et sa conformité avec la réglementation européenne.

Espérons, de plus, qu'il ne s'agit pas d'un coût estimé à l'aune de l'EPR de Flamanville.

Ce projet qui représente une première en France en matière de gestion des problèmes liés au dérèglement climatique et à la pénurie d'eau qui en découle soulève beaucoup d'objections.

Les écologistes et les élus locaux soutiennent que la réalisation de ce projet serait un aveu d'échec et affirment qu'avant de détourner l'eau d'un fleuve pour en sauver un autre, il faut, en priorité, tout miser sur les solutions locales et écologiques.

Comme peu de décisions, sinon aucune, ne sont prises au niveau international pour lutter et commencer à inverser le dérèglement climatique 4 il faudra peut être, dans 20 ans, sauver la Dordogne et la Vienne en détournant l'Allier et la Loire ???? et ainsi de suite 5.

N'est ce pas se prendre pour le démiurge que de détourner l'eau de deux fleuves pour en sauver un autre ?

Les murs qui se dressent devant l’humanité sont innombrables - climat, eau, énergie, minerais, biodiversité, plastiques, etc … - Il faut absolument arrêter les élucubrations de ces fadas de la croissance à tout prix qui nous entrainent vers le néant.


Jean-Claude Vitran



1 BOULIMIE D'ENERGIE, DE MINERAIS … NOUVEAU PARTAGE DU MONDE

2  2,2 + 4,2 = 6,4 pour 8,2 milliards d'habitants mondiaux soit 78 % de l'humanité déjà en péril.

3  93 % de l’eau que nous utilisons à la maison est dédiée à l’hygiène et au nettoyage et 7 % à la boisson et à l’alimentation

4  Même si des décisions drastiques étaient prises dès maintenant, il faudrait, d'après les experts, au moins 500 ans pour revenir à un climat normal.

5  On peut demander à Elon de nous ramener de l'eau de Mars

mercredi 26 mars 2025

BOULIMIE D'ENERGIE, DE MINERAIS … NOUVEAU PARTAGE DU MONDE


Il semble certain que le dérèglement climatique obère l'avenir de l'humanité, cependant ce n'est pas le seul obstacle qui risque d'avoir raison de la présence de l'homme sur terre, du moins telle que nous la concevons aujourd'hui.

En effet, un autre cancer grignote notre avenir, celui de l'épuisement de nos ressources qui ne sont pas infinies. 

Même si le calcul est sujet à caution, chaque année, l'ONG américaine Global Footprint Network calcule le jour à partir duquel l'humanité a consommé les ressources naturelles que notre planète est capable de produire en un an. Cette date, appelée « le jour du dépassement », a été estimée au 1er août en 2024. 

A compter du lendemain, nous avons puisé dans nos ressources à une vitesse non renouvelable à l'échelle humaine.

L'eau sera certainement une source de conflit majeur 1, mais aussi, le pétrole, le cuivre, le cobalt, le lithium, des terres rares et d'autres matériaux et minerais essentiels qui sont présents en quantités achevées et ne se renouvellent pas. 

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication sont très grandes consommatrices de métaux et de minerais et tous ces matériaux deviennent le graal du 21èmesiècle.

De plus, toutes ces nouvelles technologies informatiques (data center) et l'Intelligence Artificielle, facteurs de la croissance et du profit de la nouvelle oligarchie internationale, sont énergivores et très gourmandes en énergie électrique.

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Une petite digression au passage pour rappeler que tous les objets ou systèmes techniques dont nous sommes dépendants - smartphone, ordinateur, téléviseur, voiture, etc – et que nous utilisons quotidiennement ont besoin d'énergie pour être fabriqué et pour fonctionner. 

Aujourd'hui et pour longtemps, cette énergie est l'électricité et les moyens de production ne sont pas à la hauteur des besoins exponentiels de nos modes de vie. 

La fusion nucléaire, qui semble prometteuse, est en phase de démarrage et l'ITER, premier démonstrateur, sera opérationnel seulement en 2035. Les spécialistes augurent, si cela fonctionne, de fournir les premiers kilowatts dans 30 à 40 ans. 

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En corolaire avec ces constatations, les outrances et la politique prédatrice de Donald me semblent révélatrices des problèmes qui obèrent l'avenir de la planète et qui, dans tous les cas, auront des répercussions considérables et certainement tragiques dans l'histoire du monde. 

En effet, en plus du dérèglement climatique, l'humanité est face à deux problèmes majeurs : 

  • Un besoin d'énergie colossal,

  • Un besoin de minerais et de terres rares lui aussi colossal.

Kenneth Boulding, Anglais, mais de nationalité américaine par naturalisation, a énoncé « Celui qui croit qu'une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini, est soit un fou, soit un économiste »

Cela ne semble pas effleurer une majorité de nos contemporains et particulièrement Donald et sa clique. 

Nous les prenons pour des abrutis, c'est certainement en partie vrai ! 

Mais pourquoi voulez-vous qu'ils veulent vassaliser le Canada et le Groenland ? 

- Parce que les ressources minières deviennent l'enjeu stratégique de la géopolitique du XXIème siècle, et que ces deux régions voisines des USA sont très riches de ces ressources. 

Pourquoi voulez-vous que Musk, bouffon sous kétamine (Merci Claude Malhuret), veut coloniser la planète Mars ?

- Sinon pour exploiter les minerais du sous-sol martien. Le monde est fini mais l'univers est infini – peut-être, mais à quel prix !!!!

Pourquoi vouloir accaparer le canal de Panama ? 

- Pour faciliter les transferts pacifique/atlantique mais surtout pour nuire à la Chine qui par sa politique coloniale, en Afrique entre autres, concentre une grande partie de l’industrie minière mondiale. L’Empire du Milieu est en situation de quasi-monopole sur le graphite, le manganèse et les terres rares. Il transforme environ 80 % du lithium australien, du nickel indonésien, du cuivre chilien ou des minerais de cobalt et de coltan extraits en République démocratique du Congo (voir le conflit en cours dans ce pays).

Pourquoi ces négociations ubuesques et sans fin avec les USA et la Russie sur l'Ukraine?

- Parce que sur les principales matières premières critiques, 22 sont présentes dans le sous-sol ukrainien : cobalt, nickel, manganèse et lithium et aussi 20 % des ressources mondiales de graphite sans oublier l’uranium et des gisements de terres rares. 

De quoi faire perdre la tête à tous ces dingos de la croissance et du pognon.

Pour conclure, il semble que nous assistons aussi à un nouveau partage du monde, où les alliances que l'on croyaient figées se défont.

Alors, les européens dans tout cela ?

Le nihilisme de Donald 2 à l’égard du changement climatique entrainera un recul des réglementations environnementales étasuniennes, un soutien accru aux combustibles fossiles et un retrait des accords internationaux sur le climat qui affaiblira le leadership des européens et réduira à néant leurs efforts internationaux en matière d’action climatique. 

De plus, comme il ne semble pas que le sous sol européen soit particulièrement riche de tous ces matériaux dont l'économie actuelle est boulimique, et que nos démocraties (et c'est tant mieux) sont « décisionnellement » moins rapides que les régimes autoritaires (USA y compris) la bataille à venir sera rude, mais pas perdue d'avance ; Il faudrait essayer d'être rassemblés et de ne pas être comestible à tous les ogres qui voudront nous manger.


Jean-Claude Vitran


1   https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/03/18/donald-trump-convoite-l-eau-du-canada-pour-lutter-contre-les-penuries-aux-etats-unis_6582899_3244.html

2 Les océanographes de l’agence nationale pour l’océan et l’atmosphère des États-Unis (NOAA) ont, par exemple, l’interdiction d’échanger avec l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).