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vendredi 21 novembre 2025

LE DROIT A MOURIR - THE RIGHT TO DIE

 

Voici un sujet qui, je pense, ne peut laisser personne indifférent et qui, je le présume, sera à l'origine de réflexions personnelles et de discussions collectives.

Depuis longtemps, je réfléchis 1 sur la problématique de la fin de vie et de le droit à mourir dans la dignité.

A ce sujet, je rappelle l'article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Je trouve que l'on insiste trop sur les droits en oubliant, ce qui pour moi est essentiel, LA DIGNITE.

C'est le suicide d'Alice et Ellen Kessler, sœurs jumelles et célèbres artistes allemandes qui m'a amené à écrire ce billet. 

Elles ont le 17 novembre 2025 exercé leur droit à mourir dans la dignité et choisi de recourir au suicide assisté, une pratique autorisée en Allemagne sous certaines conditions. Elles ont choisi la date de leur décès et se sont administrées, elles-mêmes, des médicaments létaux en présence d'un médecin et d'un avocat et ensuite, comme la loi l'oblige en Allemagne, la police a été informée pour vérifier les circonstances de leur décès.

En France, ce sont principalement les personnes atteintes de maladies insupportables en phases terminales, celles qui n'ont plus la volonté de continuer à vivre, celles qui refusent un acharnement thérapeutique qui prolongerait inutilement leur vie qui pourraient avoir recours au suicide assisté ou à l'euthanasie.

Il est important de noter que le suicide assisté est différent de l'euthanasie. C'est la personne elle-même qui se donne la mort, en s'administrant une substance létale.

Le droit à mourir est un concept éthique et juridique qui est l'objet de nombreux débats animés.

Les défenseurs du droit à mourir soutiennent que c'est la liberté d'un être humain de mettre fin à sa vie, que la mort est un processus naturel et qu'il ne devrait pas y avoir de lois empêchant une personne d'y mettre fin. Le corps et la vie d'une personne appartiennent uniquement à elle-même, elle doit pouvoir en disposer comme bon lui semble, le droit à la vie n'implique pas un devoir ou une obligation de vivre. 

Parmi les opposants, quelques philosophes abordent ce débat en termes antinataliste soutenant que du fait que les êtres humains n'ont pas le pouvoir d'agir lors de leur naissance, personne ne devrait avoir autorité sur la décision de continuer à vivre ou à mourir, de plus, viennent s'ajouter les interrogations sur la sacralité de la vie et les orientations religieuses qui varient considérablement allant des pratiques hindouistes de suicide non violent par le jeûne à la considération du suicide comme un péché grave comme dans le catholicisme. Certaines positions éthiques affirment que le droit à la vie est inaliénable, qu'on ne peut y renoncer, et qu'il serait donc incompatible avec le droit de mourir. 

De décembre 2022 à avril 2023, une Convention Citoyenne, organisée par le CESE 2, forte de 184 participants, tirés au sort, s'est réunie avec l'objectif de « consolider le processus démocratique en éclairant le législateur dans l’hypothèse d’une évolution du cadre de la fin de vie en France ». 

A cette occasion, l’Ifop pour l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) a réalisé une étude sur le regard des Français sur la fin de vie, et les résultats sont sans appel : plus de neuf Français sur dix (92%) se déclarent favorables, quel que soit leur opinion politique, à l’euthanasie lorsque le patient, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande et 89% des Français approuvent l’autorisation du suicide assisté.

Un texte de loi devait être voté par l'Assemblée Nationale en juin 2024, mais son parcours législatif a été brusquement interrompu par la dissolution voulue par Emanuel Macron.

En janvier 2025, François Bayrou, Premier ministre - qui n’a jamais caché ses réticences sur l’ouverture d’une aide à mourir - a présenté deux propositions de loi distinctes, l’une sur les soins palliatifs, l’autre sur l’ouverture d’une aide à mourir quiremplace le projet de loi présenté en 2024, et le 27 mai, par 305 voix contre 199, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. 

Les différents points de la loi sont :

  • La création d'un cadre strict pour l'accès à l’aide à mourir.

  • La définition des substances létales autorisées par l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) et la Haute autorité de santé.

  • La possibilité pour les patients de s'auto-administrer la substance létale ou de se la faire administrer par un professionnel de santé s'ils n'en sont pas capables.

Ces propositions de loi doivent désormais passer l’étape du Sénat, aux mains d’une droite sénatoriale très rétive sur le sujet.

La première proposition de loi prévoit un renforcement de l’accès aux soins palliatifs et des moyens plus importants. Elle crée un droit opposable aux soins palliatifs et propose la création de « maisons d’accompagnement et de soins palliatifs » pour les malades en fin de vie, 

La seconde proposition de loi propose « une aide à mourir pour des malades condamnés par la maladie mais qui ne veulent pas être condamnés à l’agonie ». Elle reprend, en partie, les mesures du projet de loi présenté en mars 2024.

Cinq conditions cumulatives seront nécessaires pour pouvoir bénéficier de cette aide à mourir. 

- être majeur, de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France, 

- être atteint d’une pathologie grave et incurable engageant son pronostic vital,

- présenter « une souffrance physique ou psychologique constante »,

- formuler sa volonté de recourir à l’aide à mourir « de façon libre et éclairée », ce qui exclut les personnes dont le discernement est altéré.

Le texte offre la possibilité pour les médecins ou infirmiers d’invoquer une clause de conscience pour ne pas avoir à pratiquer l’aide à mourir. 

La droite sénatoriale, hostile à cette réforme, proposera, certainement, une version plus restrictive.

Attitude que je blâme avec force car ces élus sont, seulement, nos représentants et ils n'ont pas à voter selon leur propre conscience mais selon celles des électeurs qu'ils représentent, d'ailleurs l'ex premier ministre, F. Bayrou se trouvait dans la même situation. (voir le résultat des sondages ci-dessus)

En conclusion : je suis personnellement particulièrement attaché à la notion de dignité humaine, principe éthique fondamental qui impose le respect de chaque personne comme un être libre et unique quelque soit son statut social et ses capacités. 

Dans certains cas, les souffrances insupportables de l'agonie de la fin de vie entraînent des atteintes à la dignité des patients ne doivent pas être tolérées.

La notion de dignité ne peut pas être à géométrie variable surtout en ce qui concerne les échanges sur les soins médicaux et la fin de vie, comme certains voudraient nous le faire croire.

Si ce principe était normalement respecté, « vivre ensemble » serait beaucoup plus simple et agréable.

En conséquence, je suis d'accord pour le vote d'une loi autorisant le suicide assisté et l'euthanasie selon des critères précis afin d'empêcher les abus toujours possibles.


Jean-Claude Vitran

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THE RIGHT TO DIE 


This is a topic which I think cannot leave anyone indifferent and which I presume will give rise to personal reflections and collective discussions.

I've been thinking about this for a long time.3on the issue of end of life and the right to die with dignity.

In this regard, I would like to remind you of Article 1 of the Universal Declaration of Human Rights : “ All human beings are born free and equal indignityand in rights. ” I find that we place too much emphasis on rights while forgetting what, for me, is essential, DIGNITY.

It was the suicide of Alice and Ellen Kessler, twin sisters and famous German artists, that led me to write this post.

On November 17, 2025, they exercised their right to die with dignity and chose to resort to assisted suicide, a practice permitted in Germany under certain conditions.chose the date of their death and administered lethal drugs to themselves in the presence of a doctor and a lawyer, and then, as required by law in Germany, the police were informed to verify the circumstances of their death.

In France, assisted suicide is primarily used by people suffering from unbearable terminal illnesses, those who no longer have the will to live, and those who refuse aggressive medical treatment that would unnecessarily prolong their lives or to the euthanasia.

It is important to note that assisted suicide is different from euthanasia. In euthanasia, the person themselves takes their own life by administering a lethal substance.

The right to die is an ethical and legal concept that is the subject of much lively debate.

Proponents of the right to die argue that it is a human being's freedom to end their life, that death is a natural process, and that there should be no laws preventing a person from ending it. A person's body and life belong solely to them ; they should be able to dispose of them as they see fit. The right to life does not imply a duty or obligation to live.

Among the opponents, some philosophers approach this debate in antinatalist terms, arguing that because human beings do not have the power to act at their birth, no one should have authority over the decision to continue living or to die ; moreover, there are added questions about the sanctity of life and religious orientations which vary considerably, ranging from Hindu practices of non-violent suicide by fasting to the consideration of suicide as a grave sin, as in Catholicism. Some ethical positions assert that the right to life is inalienable, that it cannot be renounced, and that it would therefore be incompatible with the right to die. 

From December 2022 to April 2023, a Citizens' Convention, organised by the CESE 4 a group of 184 randomly selected participants met with the goal of " To consolidate the democratic process by informing the legislator in the event of a change in the framework for end-of-life care in France."

On this occasion, Ifop, for the Association for the Right to Die with Dignity (ADMD), conducted a study on the French public's views on end-of-life care, and the results are unequivocal : more than nine out of ten French people (92%), regardless of their political opinion, declare themselves in favor of euthanasia when the patient, suffering from an unbearable and incurable illness, expresses the wish for it demand and 89% of French people approve of the authorization of assisted suicide.

A bill was due to be voted on by the National Assembly in June 2024, but its legislative process was abruptly interrupted by the dissolution called by Emanuel Macron.

In January 2025, François Bayrou, the Prime Minister - who has never hidden his reservations about legalizing assisted dying - presented two separate bills, one on palliative care, the other on legalizing assisted dying replaces the bill presented in 2024, and on May 27, by 305 votes to 199, the National Assembly adopted a bill creating a right to assisted dying.

The different points of the law are:

  • The creation of a strict framework for access to assisted dying.

  • The definition of lethal substances authorized by the National Agency for the Safety of Medicines and Health Products (ANSM) and the High Authority for Health.

  • The possibility for patients to self-administer the lethal substance or to have it administered by a healthcare professional if they are unable to do so.

These proposed laws must now pass through the Senate, which is controlled by a right-wing senatorial faction that is very resistant to the issue.

The first bill proposes to strengthen access to palliative care and provide greater resources. It establishes an enforceable right to palliative care and proposes the creation of " palliative care and support centers " for terminally ill patients.

The second bill proposes" Aiding in dying for patients condemned by illness but who do not want to be condemned to agony " It partly incorporates the measuresof the bill presented in March 2024.

Five cumulative conditions will be necessary to be eligible for this assisted dying.

- be of legal age, of French nationality, or reside permanently and regularly in France,

- to be suffering from a serious and incurable illness that threatens one's life,

- to present"constant physical or psychological suffering",

- to express one's wish to use assisted dying" in a free and informed manner ", which excludes people whose judgment is impaired.

The text offers doctors or nurses the possibility of invoking a conscience clause to avoid having to practice assisted dying.

The right-wing senators, hostile to this reform, will certainly propose a more restrictive version.

An attitude that I strongly condemn because These elected officials are, merely, our representatives and they don't have to vote according to their own conscience, but according to the conscience of the voters they represent; moreover, former Prime Minister François Bayrou found himself in the same situation. (See the poll results above.)

In conclusion : I am personally very attached to the notion of human dignity, a fundamental ethical principle which requires respect for each person as a free and unique being regardless of their social status and abilities.

In some cases, the unbearable suffering of the agony of the end of life leads to violations of the dignity of patients and must not be tolerated.

The concept of dignity cannot be subject to variable geometry, especially when it comes to discussions about medical care and end of life, as some would have us believe.

If this principle were normally respected, " living together " would be much simpler and more pleasant.

Therefore, I agree with the vote on a law authorizing assisted suicide and euthanasia according to specific criteria in order to prevent abuses that are always possible.


Jean-Claude Vitran


1   Resistancesetchangements.blogspot.com - 12 juin 2024 - LOI SUR LA FIN DE VIE ET FAILLITE MACRONIENNE.

2   CESE : Conseil économique, social et environnemental

3   Resistancesetchangements.blogspot.com - June 12, 2024 - LAW ON END OF LIFE AND MACRONIAN BANKRUPTCY.

4.   EESC: Economic, Social and Environmental Council

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