mardi 5 juin 2018

Décidément, la macronie a des problèmes avec la solidarité !


Le projet de loi sur le logement dans son article 18 voté vendredi dernier prévoit de faire passer à 10 % (au lieu de 100 %) le nombre de logements neufs accessibles aux personnes en situation de handicap.

Pour se dédouaner de ce recul dans la prise en charge du handicap, le gouvernement affirme qu’en cas de besoin, les 90 % logements restants, par un tour de passe-passe digne de la magie, seront facilement rendus accessibles.

L’idée est de construire des logements adaptables, pour un coût modique, en enlevant une ou deux cloisons par exemple.

« Que fera un propriétaire quand il aura le choix entre deux locataires  : le premier, qui pourra entrer dans l’appartement sans rien changer et le second, en situation de handicap, qui lui demandera de faire des travaux d’aménagement... », s’inquiète Arnaud de Broca ( président de la Fédération Nationale des Accidentés du Travail et des Handicapés – Fnath ).

Comme pour le glyphosate et bien d'autres sujets, les lobbies, dans le cas présents ceux des promoteurs immobiliers, ont réussi à influencer le gouvernement face aux personnes en situation de handicap.

C'est une reculade par rapport à la loi du 11 février 2005 qui imposait de rendre accessibles tous les logements dans les constructions neuves. Ce qui n'était déjà pas une réalité car les ascenseurs ne sont obligatoires qu'à partir des immeubles de quatre étages, or sans ascenseur pas d’accessibilité.

Comme pour la politique de santé, pour celle des EHPAD et pour des raisons bassement économiques, le gouvernement tourne le dos au principe de solidarité nationale et ne veut pas regarder la réalité en face.

Du fait du vieillissement - plus de 300 000 personnes deviennent handicapées chaque année - les gouvernements seront rattrapés par les conséquences de l'allongement de la durée de vie qui touchent tous les citoyens.

Le réveil sera tragique et fort couteux.

Au lieu de discréditer les personnes en situation de handicap, le gouvernement devrait plutôt s'attaquer à la spéculation foncière, cela permettrait de construire moins cher et de meilleure qualité, mais cela ce n'est pas dans les gènes du libéralisme macronien.

Jean-Claude VITRAN

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux