mardi 9 juillet 2013

Le sarkozisme pourrait détruire la République !


Aujourd'hui 9 juillet, sur l'antenne de RTL, c'est Henri Guaino, qui, commentant la décision du Conseil Constitutionnel d'invalider les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, compare le verdict, qu'il qualifie "d'injuste" et "d'arbitraire", à celui du procès qui avait envoyé au bagne à l'ile du Diable le Capitaine Dreyfus. Il ose ajouter que c'est l'État de droit qui est aujourd'hui en péril : " L'État de droit commence quand on peut raisonnablement savoir ce qu'on peut attendre des autres. Quand je ne sais pas ce que je peux raisonnablement attendre – par exemple en matière de comptes de campagne – ni de la commission de campagne, ni du juge constitutionnel, alors je ne suis plus dans un Etat de droit."

C'est salir la mémoire du Capitaine Dreyfus que d'utiliser son drame et son nom pour satisfaire des intérêts politiques.


Jean-Luc Mélenchon, lui-même, venant au secours de l'ancien trader de la Société Générale, avait comparé Jérôme Kerviel (1) au capitaine Alfred Dreyfus : il avait eu tort.

Contrairement à ce qu'affirment Henri Guaino et Nicolas Sarkozy, les règles de plafonnement des dépenses de campagne étaient parfaitement claires et ce n'était pas un secret qu’il y avait eu quelques tricheries, d'ailleurs plusieurs barons de l'UMP avaient mis le parti en garde. Même si le coup est rude, il n'y a pas de complot, pas de manipulation, seulement l'application de la loi. 
 
Ces attitudes peu démocratiques qui viennent après de nombreuses tentatives de remises en cause de notre modèle social lors du précédent quinquennat commencent à devenir très inquiétantes :
  • Attaques contre la laïcité lors du discours du Latran en 2007,
  • Débat sur l'identité nationale et immigration avec le discours de Grenoble en 2010,
  • Détricotage du droit du travail,
  • Traitement populiste et libéral des questions de sécurité,
  • Manque de considération du travail du Parlement,
  • Manipulation des médias,
  • etc.
Si un parti d’opposition doit avoir le moyen de jouer un rôle démocratique de contre-pouvoir, il est scandaleux qu'il s'arroge, en permanence, le droit de mettre en cause les institutions de la République. Ce parti, plutôt ce clan, qui se trouve sur une ligne ultra droitière, parfois même antirépublicaine, considère que toutes les décisions des institutions de la République qui vont contre son gré sont illégitimes. Si comme le dit Henri Guaino, l'État de droit est en péril, c'est à cette droite sarko-buissonniste, aidé de François Copé que nous le devons.

Ils ne veulent pas débattre, ni respecter les instances existantes. Tout ceux qui ne pensent pas comme eux, sont contre eux.

Nous ne sommes plus dans le débat, mais dans l'amorce du totalitarisme. 
 
Un livre de Thomas Clay (2) vient de paraître dans lequel l'auteur écrit : « le sarkozysme constituerait l'aboutissement de l'entreprise de "destruction méthodique" du contenu du pacte républicain et du modèle social français construits sous la IIIème République et confortés pendant les Trente Glorieuses. » 
 
Nous partageons cet avis et nous ne pouvons pas laisser faire sans réagir, il est temps de prendre conscience de ces dérives, de ces tentatives de hold-up, qui amèneraient la République à se renier et à la France à ne plus être la France.


(1) Jérôme Kerviel, salarié de la Société générale, serait responsable des pertes de la Société générale s'élevant à 5 milliards d'euros découvertes en janvier 2008. 
(2) Les lois du sarkozysme - Thomas Clay - Editions Odile Jacob  ( Thomas Clay est professeur agrégé de droit privé, vice-Président de l'Université de Versailles et Ancien Doyen de la Faculté de droit et de science politique )

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux