lundi 20 juillet 2009

Passé ou présent ?


Nous sommes certains que les conditions des travailleurs se sont améliorées depuis le début de la révolution industrielle. C'est indubitable.

Pourtant, à comparer certains écrits de l'époque avec la situation d’aujourd'hui, on peut en douter.

Le publiciste Saint-Marc de Girardin (1801-1873) illustre les inquiétudes bourgeoises lorsqu'il écrit, en 1831, que « Les barbares qui menacent la société ne sont pas du Caucase ni des steppes de la Tartarie, ils sont des faubourgs de nos villes manufacturières ».

Il ne s'agissait pas alors de Villiers-le-Bel ou de Vaulx-en-Velin !


Professeur de poésie française à la Sorbonne, député en 1834, 1848 et 1871, conseiller d’État et ministre de l’Instruction publique en 1848.

En même temps, toujours vers 1830, il s’écrit dans les gazettes que « Le libéralisme dominant, concept inventé vers 1776 par Adam Smith, répugne à toutes formes d'interventions en vue de protéger les travailleurs car ceux-ci doivent être tenus pour responsables de leur état ».

Ou encore :

« Vers 1860, alors que le salaire réel tend à augmenter, la majorité des ouvriers ne laissent rien à leur mort; pour les élites, c'est leur vice et leur imprévoyance qui est la cause de leur misère ».

Je ne sais pas pour vous, mais, pour moi, ces propos qui ont pourtant 150 ans me semblent d'une actualité criante ; je les entends, nuancés peut-être, dans la bouche de nos gouvernants.

Pauvre misérable, tu n'es pauvre que par ta faute, reste donc pauvre et misérable.

Jean-Claude Vitran.

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Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux