Vers
le scrutin présidentiel des 23 avril et 7 mai 2017
Le
point au 23 décembre 2016,
par
Jean-Pierre
Dacheux
Nous voulons, au cours des mois qui viennent, analyser l'évolution de la
situation politique au cours de la campagne électorale qui s'est
ouverte. Le présent texte, daté et modifiable, contredit sans doute, parfois, par les événements qui s'écoulent, servira d'outil pour
effectuer cette activité politique chronologique.
• Note complémentaire du 12 décembre : Ce qui change avec Vincent Peillon.
Le 11 décembre au soir,
sur France 2, Vincent Peillon s'est déclaré candidat à la
présidence de la République et, pour cela, il est entré dans la
compétition des primaires entre candidats socialos (beaucoup) et
écolos (un peu).
Ce nouveau venu peut
modifier le résultat final annoncé, un peu vite, par les médias.
Le duel Vals-Montebourg peut fort bien tourner court. On peut même
s'interroger sur les motivations profondes du candidat Vincent
Peillon qui cherche peut-être moins à devenir le successeur de
François Hollande qu'à être celui qui aura redonné un visage
avenant au parti socialiste actuellement si défait.
Cela va plus loin que le
« tous contre Vals ». Il est assez exact de parler d'un
Congrès PS improvisé, car c'est bien de la raison d'être de ce
parti et de la rénovation de son message politique dont il peut être
question au cours du débat préélectoral de ces primaires à double
objectif.
Vincent Peillon fut
ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Ayrault du 16
mai 2012 au 31 mars 2014. Agrégé et docteur en philosophie, Vincent
Peillon est sans conteste un intellectuel. Auteur d'une thèse sur
Maurice Merleau-Ponty, il a continué à écrire après son entrée
en politique, des ouvrages consacrés aux penseurs socialistes et
républicains comme Pierre Leroux et Jean Jaurès, ou au grand
combattant de l'école laïque et Prix Nobel de la paix :
Ferdinand Buisson. Voici donc un candidat équipé pour
affronter les débats politiques. Il ne sera pas ménagé car il est
craint et connaît les arcanes du pari socialiste. Il a déjà innové
en parlant de la possibilité de travailler avec Jean-Luc Mélenchon
ou même Emmanuel Macron. Il a d'ores et déjà le soutien de la
maire de Paris : Anne Hidalgo.
• Note
complémentaire du 13 décembre : Peut-on
écarter la candidature de Larrouturou ?
Ce
jour, à 17h, Pierre Larrouturou sera reçu pour évoquer sa
candidature à la primaire de la « Belle alliance
populaire ». Il en avait été écarté au cours de la semaine
passée. La « Haute Autorité des Primaires Citoyennes »
(?) en charge de veiller à la bonne tenue de la primaire, mais sans
pouvoir politique, « a recommandé
au comité national d’organisation des primaires de recevoir Pierre
Larrouturou lors de sa prochaine réunion, pour qu’il puisse
exposer les raisons qui justifieraient, selon lui, que le parti
Nouvelle Donne participe aux primaires citoyennes ».
C'est le
premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui avait
décidé de l'exclure, (ainsi que Bastien Faudot), d’une
participation à la primaire de la « Belle Alliance Populaire
(BAP) ». Il est improbable qu'il revienne sur sa décision. Il
ne veut pas qu'un candidat trop peu prévisible, puisse se faire
valoir et joue le trublion au cours de la campagne publique.
La
question n'est pas juridique mais politique : ou bien le Parti
Nouvelle Donne rend plus crédible l'ouverture de la primaire ou bien
il n'apporte rien et, pire, il amène des risques de perturbations.
Le PS ne peut se permettre laisser dévaluer sa primaire.
• Note
complémentaire du 15 décembre : Les
candidatures agréées par le PS.
Neuf candidats à la
« primaire de la gauche » avaient déposé leur dossier
auprès de la Haute autorité des « primaires citoyennes »,
ce jour, avant 18 heures, a annoncé le président du comité
national d'organisation de la primaire, Christophe Borgel, sur RTL.
Il s'agit, dit-il, de Manuel Valls (PS), Vincent Peillon (PS), Benoît
Hamon (PS), Sylvia Pinel (PRG), Arnaud Montebourg (PS), François de
Rugy (Ecologistes), Jean-Luc Bennahmias (Front des démocrates et
des écologistes), l'inattendu Fabien Verdier (PS)*
et Gérard Filoche (PS).
Pour voir
sa candidature validée, il faut, en outre, obtenir un certain
nombre de parrainages de l'un des quatre groupes suivants : 5%
émanant des membres du Conseil national du PS, 5% des parlementaires
socialistes, 5% des conseillers régionaux et départementaux
socialistes (représentant quatre régions et dix départements) ou
5% des maires socialistes de villes de plus de 10 000 habitants
(issus d'au moins quatre régions et dix départements). On saura,
dès ce prochain week-end qui a franchi tous les obstacles.
On
observera que trois candidats à la candidature ont été écartées :
Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Bastien Faudot (MRC) et
Sébastien Nadot (Mouvement des progressistes).
*http://www.lejdd.fr/Politique/Fabien-Verdier-le-candidat-surprise-de-la-primaire-de-la-gauche-832681
• Note
complémentaire du 16 décembre : vraies
et fausses candidatures écologistes.
Il
ne suffit pas de se proclamer écologiste pour l'être. Il est
toutefois difficile de s'affirmer anti écologiste, si ce n'est à
droite (et encore ... comme on l'a constaté avec Nathalie
Kosciusko-Morizet).
Il n'y a pas moins de cinq candidats à la présidence de la
République en piste et qui s'affirment écologistes qu'ils fassent
ou non partie d'une formation porteuse de ce qualificatif :
- Yannick
Jadot, a déjà dépassé le stade des primaires. Issu du parti EELV,
il est le vainqueur de la primaire écologiste. il lui reste à
obtenir les 500 parrainages nécessaires pour pouvoir devenir un
candidat officiel.
- François
de Rugy, député de Loire atlantique, transfuge
d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), est inscrit dans la primaire
socialiste, qu'il a peu de chances de remporter. Il sert de faire
valoir dans une compétition de « la Belle alliance
populaire », de fait dominée par le PS, mais qui est
qualifiée, tout à la fois, de « démocrate, radicale,
écologiste, socialiste et citoyenne ». Ce qui fait
beaucoup ...!
- Jean-Luc
Bennahamias, qui fut un temps secrétaire national des Verts (de 1997
à 2001), avant de passer au Modem, puis de fonder, en 2014, le
« Mouvement démocrate », ne peut davantage prétendre à
remporter la primaire. Son discours aux accents écologistes ne lui
amènera que très peu de voix d'électeurs, mais il compte bien,
comme par le passé, se placer là d'où il pourra briguer un nouveau
mandat électif.
De fait,
les seuls candidats non membres du parti des Verts qui proposent une
politique à orientation profondément et sincèrement écologiste,
sont, à présent, Jean-Luc Mélenchon et, depuis peu, Benoît Hamon
qui s'est exprimé très vigoureusement, à ce sujet, lors de son
premier et récent meeting de campagne. La question posée est
incontournable, simple en son exposé, difficile en sa mise en
œuvre : est-il possible de mener une politique sociale et
créatrice d'emplois qui ne se fonde pas sur un positionnement
écologique français, européen et planétaire ?
• Note
complémentaire du 17 décembre : G.
Filoche et F. Verdier exclus de la primaire.
La
"Haute Autorité" a décidé, ce jour, de ne pas retenir la
candidature de Gérard Filoche à la primaire de la gauche. Le
candidat mis hors jeu a décidé de se lancer dans un double recours
: "Après
consultation de mon avocat, je fais un double recours, au niveau des
parrainages, et sinon pour accéder directement à la primaire
[en
dehors du PS]
comme
Pinel, de Rugy ou Bennahmias.".
Fabien
Verdier, le jeune élu PS de Chateaudun n'aurait pas reçu assez
de parrainages !
Thomas
Clay, président de la Haute Autorité des primaires « citoyennes »
s'attend à des recours.
• Note
complémentaire du 18 décembre :
Une
primaire est close. L'autre s'ouvre.
Un
curieux parallélisme politique apparaît sous nos yeux.
La
primaire des droites a vu se confronter sept candidats : quatre
de la droite dure et trois de la droite dite « modérée ».
Six hommes et une femme.
Celle de
gauche et des écologistes, baptisée « citoyenne »,
verra s'affronter sept candidats : quatre socio-libéraux
(Peillon, Vals, Montebourg, Pinel) et trois écologistes socialo
compatibles, plus ou moins « modérés » (Bennahmias, de
Rugy, et même Hamon). Six hommes et une femme également.
Si la
primaire de droite était bien à droite, la primaire de gauche est
peu à gauche. Hormis dans les propos de Benoît Hamon, la
contestation du libéralisme, du productivisme et de la croissance ne
se fait guère entendre. Bref, on pourrait risquer de dire que les
deux primaires ont ceci en commun qu'elles ne soucient guère les
maîtres du système économico-politique. La contestation est
extérieure aux primaires et les soit-disant « anti-système »
s'y seront trouvés fort à l'aise. Gérard Filoche aurait pu tenir
un autre propos : on l'a mis hors d'état de parler aux
Français... Deux primaires politiquement correctes donc, sur deux
voies différentes, certes, mais parallèles. De quoi satisfaire le
Front national prêt à remplir le vide que l'ex gauche laisse béant
devant l'électorat populaire.
• Note complémentaire du 23 décembre : La fausse "trève des confiseurs"
Manuel Valls a été enfariné sur le marché de Noël de Strasbourg. Son agresseur lui reproche sa palinodie sur le 49-3. En cela, il n'a pas tort mais user de la farine pour ridiculiser celui qui se rétracte et contredit n'est pas efficace. Cela fait rire, or ce n'est pas drôle : ce retournement de l'ex premier ministre devenu candidat ne lui sera pas pardonné.
Comment séduire ceux qui font la majorité sans être de son camp ? François Fillon tempère ses déclarations péremptoires, notamment sur la Sécurité sociale. Dire une chose et faire son contraire (ou inversement) est un art mais cela n'encourage pas les électeurs à prendre au sérieux les candidats.
Mélenchon et Macron sont allés faire campagne aux Antilles. Soit. Nos compatriotes guadeloupéens, martiniquais, mais aussi réunionnais, calédoniens, guyanais...etc, valent bien qu'on les écoute, car ils sont nos égaux mais aucun candidat n'ose poser la question fondamentale : ces territoires "appartiennent"-ils à la France ou en font-ils partie ? Piège pour les "identitaires", piège pour les néo jacobins...
Alep est tombée entre les mains du tyran Assad avec l'aide de la Russie. Poutine profite de ce coup de force militaire pour annoncer le renforcement de son arsenal nucléaire ! Et nous, dirons-nous si la France a encore besoin de la dissuasion nucléaire comme le réaffirme le chef d'état-major de armées, Pierre de Villiers ? Le sujet est tabou : tout le mythe de la puissance est contenu dans ces armes de dissuasion massives que presque tous les candidats considèrent comme indispensables.
Entre deux bûches de Noël les questions politiques les plus graves continuent de se poser. Les candidats les évitent par peur de n'être pas suivis par l'opinion.
• Note complémentaire du 23 décembre : La fausse "trève des confiseurs"
Manuel Valls a été enfariné sur le marché de Noël de Strasbourg. Son agresseur lui reproche sa palinodie sur le 49-3. En cela, il n'a pas tort mais user de la farine pour ridiculiser celui qui se rétracte et contredit n'est pas efficace. Cela fait rire, or ce n'est pas drôle : ce retournement de l'ex premier ministre devenu candidat ne lui sera pas pardonné.
Comment séduire ceux qui font la majorité sans être de son camp ? François Fillon tempère ses déclarations péremptoires, notamment sur la Sécurité sociale. Dire une chose et faire son contraire (ou inversement) est un art mais cela n'encourage pas les électeurs à prendre au sérieux les candidats.
Mélenchon et Macron sont allés faire campagne aux Antilles. Soit. Nos compatriotes guadeloupéens, martiniquais, mais aussi réunionnais, calédoniens, guyanais...etc, valent bien qu'on les écoute, car ils sont nos égaux mais aucun candidat n'ose poser la question fondamentale : ces territoires "appartiennent"-ils à la France ou en font-ils partie ? Piège pour les "identitaires", piège pour les néo jacobins...
Alep est tombée entre les mains du tyran Assad avec l'aide de la Russie. Poutine profite de ce coup de force militaire pour annoncer le renforcement de son arsenal nucléaire ! Et nous, dirons-nous si la France a encore besoin de la dissuasion nucléaire comme le réaffirme le chef d'état-major de armées, Pierre de Villiers ? Le sujet est tabou : tout le mythe de la puissance est contenu dans ces armes de dissuasion massives que presque tous les candidats considèrent comme indispensables.
Entre deux bûches de Noël les questions politiques les plus graves continuent de se poser. Les candidats les évitent par peur de n'être pas suivis par l'opinion.
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