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mardi 1 octobre 2024

Pour une démocratie pleine et entière, défendons l’Etat de droit !

Communiqué commun à l’initiative de la LDH


Dimanche 29 septembre 2024, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, se disait « habité par un sentiment de gravité » lorsqu’il a parlé de sujets relevant de la démocratie, de la lutte contre l’arbitraire… à la façon dont le font les régimes autoritaires, les démagogues penchants à l’extrême droite. Avec une légèreté effrayante, il a affirmé reléguer l’Etat de droit au nombre des scories encombrantes de la contrainte juridique. Selon lui, « l’Etat de droit n’est pas intangible » mais devrait évoluer en fonction des besoins définis par les politiques nationales.

Or, c’est bien l’inverse qui fonde l’Etat de droit. Pour protéger de l’arbitraire du pouvoir du moment, l’Etat de droit, ce sont des règles à respecter qui assurent la protection des citoyennes et citoyens comme des institutions. Ces règles s’appuient sur des outils juridiques, dont l’indépendance des juges, pour que ne s’impose pas la loi du plus fort. Loin de s’opposer au peuple, l’Etat de droit est, au contraire, la garantie de l’égalité de toutes les citoyennes et tous les citoyens qui le composent et de sa libre expression contre toutes les oppressions, individuelles ou collectives. L’Etat de droit est une condition de la démocratie.

L’Etat de droit reprend des éléments clefs de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 avec, par exemple, le principe de la séparation des pouvoirs, de la garantie des droits et de l’égalité de toutes et tous devant la loi.

C’est le propre de l’extrême droite, et dorénavant de plus en plus des droites extrêmes, de ne pas reconnaître l’universalité des droits, de nier l’égalité en droit de toutes et tous. Pour que certaines et certains ne puissent se revendiquer de droits, ni obtenir leur protection par un juge, il faut à ces courants politiques démanteler les garanties qu’apporte un Etat de droit.

Bruno Retailleau refuse l’Etat de droit, qui a en son centre l’égal traitement de chaque individu, affirmant qu’au-dessus il y aurait « la vox populi » qui imposerait sa loi en toute chose. La démocratie n’est pourtant pas la dictature de la majorité, elle ne saurait être une opération formelle, sans cadre de valeurs, de principes, se réduisant à un vote.

La séparation des pouvoirs doit être garantie lorsque le Parlement vote la loi. Le Parlement peut d’ailleurs modifier ou abroger un texte déjà voté. Il ne peut en revanche remettre en cause les droits et les libertés inscrites dans les textes à valeur constitutionnelle, qui sont de niveau supérieur aux lois ordinaires, comme par exemple la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 ou le Préambule de la Constitution de 1946 (cité dans celui de la Constitution de la Ve République) ou dans la Constitution au sens strict, pour prendre un exemple, « la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ».Il ne peut pas non plus déroger aux conventions ratifiées par la France (ce qui a nécessité un vote du Parlement), comme la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, ou la Convention des droits de l’enfant (Cide) ou celle d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes, etc., qui participent à la garantie des droits sans laquelle il n’y a pas d’espace démocratique.

Etat de droit et démocratie sont intimement liés. Ils progressent ensemble et régressent ensemble…

Face à la montée de la haine et de l’autoritarisme, et parce que nous sommes attachés aux principes fondamentaux de la démocratie, nous le disons solennellement : nous défendrons l’Etat de droit.

Un appel à l’initiative de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) et signé par La Cimade, Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Fédération syndicale unitaire (FSU), Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Syndicat de la Magistrature (SM).

Autres signataires :

Agir ensemble contre le chômage  (AC !), Alternatives Européennes (AE), APF France handicap, L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’Acort), Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (Asdhom), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Céméa France, Collectif des associations citoyennes (CAC), Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep), Commerce Equitable France (CEF), Confédération nationale du logement (CNL), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés academiques et pedagogiques (CAALAP), Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Culture XXI, Europe solidaire sans frontières (ESSF), Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), Fondation Lilian Thuram Education contre le racisme, pour l’égalité, Générations Futures (GF), Generation for Rights Over the World (Grow), Humanity Diaspo (HD), Jesuit Refugee Service France (JRS France), Les Libres Apprentis-Sages de la Vie, Le Lierre, Ligue de l’enseignement, Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie (LFID), La Maison des Pas Que, Migraction59, Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), Mouvement National Le CRI, Mouvement pour l’économie solidaire (MES), On est prêt, Patron.nes Solidaires, Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR), Réseau Education sans frontières (RESF), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), Une Autre Voix Juive (UAVJ), Union fédérale d’intervention des structures culturelles (UFISC), Utopia 56.


samedi 28 septembre 2024

LES SALTIMBANQUES ...



Il y a deux définitions au mot saltimbanque :

C'est un artiste de rue effectuant des représentations publiques, telles que des tours de magie, des acrobaties ou des monologues humoristiques.

Et cela peut-être aussi :

Un Individu se caractérisant par son manque de sérieux et sa propension à tenir des propos frivoles ou à adopter une conduite légère.

Deux définitions qui correspondent assez bien à la personnalité de nombreux membres de notre classe politique.

En effet, nombre d'entre-eux ou elles sont des artistes politiques continuellement en représentation s'ingéniant à faire des tours de passe-passe pour essayer de faire avaler les pires contrevérités et mensonges aux citoyens.

Deux exemples : 

Comment expliquer, sinon par la magie, que le déficit de notre pays annoncé par le ministre démissionnaire à 5 % du PIB se transforme en plus de 6 % une semaine plus tard dans la bouche du nouveau ministre du budget ? Qui est le manipulateur ?

Affirmer dans un programme électoral qu'il est possible d'augmenter le SMIC à 1600,00 € et d'abaisser l'âge de la retraite à 60 ans alors que l'ensemble des pays européens est à 67 ans. Ou bien les européens sont des crétins ou les candidats députés français des menteurs !!!!

On pourrait multiplier les exemples où les hommes et femmes politiques - des conseillers municipaux à la présidence - sont pris en flagrant délit de manipulation et de mensonges.

Ces personnalités immorales révoquent le contrat social, creusent un fossé avec l'électeur citoyen et détruisent la démocratie ouvrant des boulevards aux pires populismes qui dissimulent leur noir dessein en attendent patiemment leur heure.


Jean-Claude Vitran



vendredi 20 septembre 2024

SURDITE PRESIDENTIELLE

 Je pense qu'il est nécessaire que nous mettions en place une cagnotte pour acheter un appareil auditif au Président de la République.

En effet, sa surdité précoce l'empêche d'entendre les demandes des Français.

A moins qu'il ne soit atteint d'un syndrome intellectuel qui lui fasse comprendre le contraire de ce qu'il écoute entend !

Qu'en pensez-vous ?


Jean-Claude Vitran

mercredi 18 septembre 2024

PARLONS IMMIGRATION.



Source : IPSOS

Le tableau ci-dessus nous donne une vision des préoccupations des Français.

Sa lecture amène à une interrogation : qui de la classe politique ou de l'Institut de sondage prend les citoyens pour des imbéciles ?

En effet, à écouter les médias et les commentaires politiques, le pays est en révolution à cause de l'immigration. Pourtant, dans le tableau cette préoccupation est en 5ème position, ex aequo avec le changement climatique avec seulement 23% des sondés. Au passage, ce chiffre correspond sensiblement à l'étiage des électeurs du Rassemblement National.

Les Français, qui ont démontré leur humanité lors des derniers Jeux Paralympiques, ont compris qu'il n'y a pas d'automaticité entre l'immigration et le terrorisme et ils ne se laissent pas abuser par les politicards qui utilisent l'alibi de l'immigration pour cacher leurs dangereux objectifs.

En effet, la question de l'immigration est devenue, depuis de nombreuses années, l'idée fixe des partis politiques populistes aussi bien de gauche que de droite mais aussi le chiffon rouge agité au moment des élections par les partis de gouvernement quelque soit leur couleur politique.

On peux penser que toute la classe politique garde en réserve cette grave question pour la resservir aux périodes électorales.

Ces attitudes sont inadmissibles car il s'agit d'un problème majeur qui doit être traité en priorité.





Source : ONU Migration

Le bilan est vertigineux, en 10 ans, plus de 63.000 personnes ont payé de leur vie leur tentative de passage vers l’Europe, mais on a l'impression que tous les dirigeants s'en intéressent 48h quand ils voient le cadavre d'un petit enfant sur une plage mais au delà ils s'en moquent. 

L'Italie a été jusqu'à interdire à sa marine de les secourir en méditerranée en dépit de tous les accords internationaux d’assistance.

Il est lamentable de laisser mourir nos semblables de cette façon ignoble.

Comment peut on imaginer que ces personnes prennent des risques aussi insensés et quittent leur famille, leur histoire, simplement pour bénéficier des « soit disant » bienfaits de l'Europe. 

S'ils n'étaient pas dans la « merde » mais heureux chez eux, ils ne prendraient certainement pas le risque d'écourter leur existence.

De plus, le dérèglement climatique, dont l'occident est responsable, entrainera dans les prochaines années une augmentation irréversible de ces migrations.

Nous avons depuis le moyen âge, été content de trouver les ressources de leurs pays que nous avons exploitées sans arrière pensée, voire sans humanité. 

D'ailleurs, sous une autre façon, nous continuons à le faire.

Peut-être veulent ils, aujourd'hui, un retour, qui ne serait pas injuste, de notre part.

Assise sur son confort, l'Europe va t'elle continuer à regarder ailleurs ?

Oui !

Parce que l'Europe n'existe pas pour les êtres humains mais seulement pour la circulation des marchandises et des capitaux.

Et, pourtant, la solution à cette problématique ne peut être qu'européenne.

Il faut, comme pour beaucoup d'autres problèmes, que les européens réfléchissent afin de prendre les bonnes décisions qui permettraient d'apporter des solutions avant tout humaines et qui ne devraient pas être traitées à l'aune de l'économie, de la finance et surtout d'une idéologie politicienne égoïste et imbécile.

De plus, l'indice de fécondité européen est en chute constante depuis de nombreuses années - 1,46 en 20231 – générant un grave déficit de main d'oeuvre qui ne pourra être compensé que par l'immigration.


Jean-Claude Vitran


1Le taux de renouvellement est au dessus de 2

dimanche 15 septembre 2024

VOITURES ELECTRIQUES, CE DONT ON NE VOUS PARLE PAS !


Comme moi, vous êtes soucieux de l'environnement et vous voudriez laisser à vos enfants un cadre de vie sympathique comme vous l'avez connu (dans votre enfance) et vous pensez remplacer votre voiture thermique par une voiture électrique.

Vous faites le tour des modèles et vous choisissez celui qui correspond à vos moyens car une voiture électrique coûte en moyenne 40 % de plus que sa cousine thermique.

Allez, c'est pour la bonne cause !

Au moment de signer la commande, vous vous enquérez de la recharge de la batterie de votre auto.

Le dialogue suivant s'engage : 

  • « vous avez certainement une borne près de chez vous »

  • « Je préférerai la recharger chez moi » 

  • «  Dans ce cas là, il vous faut faire installer une borne de recharge agréée pour la garantie de la batterie »

  • « Ah oui, et cela coute combien ? »

  • « entre 1500 et 2000 € »

Là, vous avalez votre salive, vous lâchez le stylo qui devait signer la commande et vous dites au vendeur que vous allez réfléchir car ce surplus – important – n'était pas prévu dans votre projet.

Bien sûr, vous pouvez allez à la borne de recharge, qui située à 1 kilomètre de chez vous fera du bien à votre embonpoint et à votre chien. 

Zut, elle est déjà occupée, il faudra revenir !

Puis il y a le temps de charge qui est de 1h à plusieurs heures suivant le modèle de la voiture et de la borne.

Puis, il y a l'autonomie qui ne correspond pas souvent à votre type de conduite et aux encombrements de la circulation de votre lieu d'habitation.

Enfin, il y a d'autres inconvénients, mais je ne veux pas vous décourager !

Tout ceci étant dit, je ne comprend pas pourquoi les pouvoirs publics et les constructeurs s'interrogent sur l’effondrement actuel du marché de la voiture électrique.


Jean-Claude Vitran


samedi 7 septembre 2024

CA COMMENCE MAL !

 

Il parait qu'une partie de nos contemporains ne digère pas l'expression que l'on peut qualifier de méprisante du nouveau premier Ministre français.

« J’ai bien des exemples en tête de progrès, petits ou grands, qui ont été accomplis grâce à des idées, de bonnes idées, de bonnes solutions apportées par les gens d’en bas... qu’il faut respecter. »

Personnellement, je suis choqué par cette expression que je juge prétentieuse et méprisante.

Il est malheureux que tous ces hommes politiques n'éprouvent que du mépris pour une partie de notre société. 

Rappelez vous « les sans dents » de Hollande, « les gens qui ne sont rien » de Macron sans parler des odeurs dans les escaliers de Chirac.

Mais pour qui se prennent – ils donc ?

Les « gens d'en bas » n'existent pas M. le premier Ministre. Il n'y a que des femmes et des hommes plus ou moins instruits et cultivés peut-être mais égaux entre eux et vous et qui de plus, ne n'oubliez pas, par leur vote vous ont mis là où vous êtes.


Jean-Claude Vitran

dimanche 1 septembre 2024

HENRI LECLERC NOUS A QUITTE


Communiqué LDH


Henri Leclerc, « Henri » pour les ligueuses et les ligueurs, nous a quittés et la LDH (Ligue des droits de l’Homme) tout entière est en deuil, à la mesure de ce que fut l’homme, l’avocat, le défenseur acharné des droits et des libertés. A la mesure de ce que fut son investissement de citoyen, d’avocat, de militant, notre peine est immense. La LDH saura dans les jours qui viennent rendre l’hommage que méritent ses combats, la pugnacité avec laquelle il les a menés, l’apport intellectuel formidable qui fut le sien, au sein de la direction nationale de la Ligue des droits de l’Homme et à sa présidence. Président d’honneur de notre association, il avait, de façon constante et jusqu’au dernier moment, veillé à contribuer aux réflexions et aux engagements collectifs, à les enrichir de son souffle, obsédé qu’il était de transmettre les valeurs de ses combats. Il en avait évoqué l’essence lors de son discours de clôture à l’occasion des 100 ans de la LDH, en 1998 : « Ils sont toujours là, nos vieux adversaires. Nous les connaissons bien. Ils s’appellent l’arbitraire qui menace les libertés, l’intolérance qui détruit la fraternité, le racisme qui nie l’égalité, l’individualisme qui tue le citoyen. Elle est toujours présente, la misère, cette insulte à la dignité. Et devant nous, dressés, tous les pouvoirs dont on abuse. » Henri nous a quittés. Ses combats demeurent.


Nous adressons nos plus sincères condoléances à son épouse et ses  enfants, ainsi 

qu’à tous ses proches et amis.


Paris, le 31 août 2024